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    Oeuvres complètes de Sénèque le Philosophe

    Johnathan R. Razorback
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    Oeuvres complètes de Sénèque le Philosophe Empty Oeuvres complètes de Sénèque le Philosophe

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 3 Mar - 17:37

    http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=FR&q=Oeuvres+compl%C3%A8tes+de+S%C3%A9n%C3%A8que

    "Vivre heureux [...] qui ne le désire !" (p.15)

    "Personne ne tombe dans l'erreur en ne se nuisant qu'à soi-même. On est la cause, on est responsable des errements d'autrui."

    "Toutes ces choses que l'on contemple, devant lesquelles on s'arrête, qu'on se montre les uns aux autres avec admiration sont brillantes à l'extérieur mais, à l'intérieur, misérable.

    "Je ne m'enchaîne pas à l'un des quelconque des maîtres stoïciens: j'ai moi aussi le droit d'émettre un avis."

    "Conformément à ce qui rassemble tous les stoïciens, je me règle sur la nature ; ne pas s'éloigner d'elle, se plier à sa loi et à son exemple, voilà la sagesse. La vie heureuse, c'est donc celle qui est en accord avec sa propre nature."

    "L'homme heureux est celui pour qui il n'est rien de bon ou de mauvais hormis une âme bonne ou mauvaise: l'homme qui cultive les valeurs d'honnêteté, qui trouve son contentement dans la vertu, que les caprices de la fortune n'exaltent ni n'abattent, qui ne connaît de plus grand bien que celui qu'il se peut donner à soi-même, pour qui le plaisir véritable est le mépris des plaisirs [...] alors l'homme met sa joie dans ce qu'il possède et ne désire rien de plus que ce qu'il a en soi."

    "Le jour où l'on devient esclave de la volupté, on l'est aussi de la douleur ; tu vois à quelle triste et désastreuse sujétion sera soumis celui que possèderont tour à tour les plaisirs et les douleurs -les plus imprévisibles et les plus despotiques de tous les maîtres: il faut donc trouver une issue vers la liberté. Or rien ne la procure excepté l’indifférence aux caprices de la fortune."

    "On peut appeler heureux celui qui est exempt de désirs et de craintes grâce aux bienfaits de la raison. […] Nul ne peut être déclaré heureux s’il est en dehors de la vérité."

    "Si volupté et vertu étaient confondues, nous ne discernerions pas ce qui est agréable sans être honnête de ce qui au contraire est honnête mais pénible et demande à être recherché au milieu des douleurs."

    "Dirai-je que la volupté existe aussi bien chez les bons que chez les mauvais et que les âmes indignes ne trouvent pas moins de plaisir à leur dégradation que les âmes honnêtes à leur conduite élevée ? C'est pour cette raison que les anciens ont recommandé de choisir la vie la meilleure, et non la plus agréable, afin qu'à une volonté bonne et droite la volupté serve de compagne, non de guide."

    "Que l'homme ne se laisse ni corrompre, ni dominer par les choses extérieures et ne place son admiration qu'en lui-même ; qu'il se fie à son courage et, préparé à toutes les éventualités, soit l'artisan de sa vie."

    "Le plaisir n'est ni le prix ni la cause de la vertu, mais quelque chose qui vient en surplus. On ne la pratique pas pour s'en délecter, mais en la pratiquant, on s'en délecte aussi."

    "Ils ne considèrent pas [les débauchés] ce que la volupté selon Épicure a (du moins à mon sentiment) de sobre et de sec, mais son nom seul les fait voler à la recherche d'un défenseur de leurs débordements, et d'un voile qu'ils puissent jeter sur eux."

    "Je suis pour ma part d'avis (je l'avoue en dépit de ceux qui partagent par ailleurs ma philosophie) que les enseignements d'Épicure sont vénérables et justes, et, si l'on y regarde de plus près, austères ; car la volupté y est réduite à un rôle minime et insignifiant."

    "On ne sera même pas un bon défenseur de la patrie ni un garant de sa liberté, pas davantage un bon soutien pour ses amis, si l'on penche du côté de la volupté."

    "Quand je blâme les vices, ce sont les miens que je blâme en premier."

    "Il n'y a pas de raison de mépriser les propos vertueux et les cœurs pleins de bonnes intentions. Les méditations salutaires, fussent-elles sans résultat immédiat, sont une occupation louable. Quoi d'étonnant si l'on ne parvient pas au sommet lorsqu'on s'engage sur des pentes escarpées ? L'homme véritable se doit d'admirer, même lorsqu'ils chutent, ceux qui entreprennent de grands efforts. La noblesse, c'est de se mesurer non aux forces qu'on sent en soi, mais à celles que comporte sa nature, d'essayer de monter au plus haut et de viser à des accomplissements impossibles même aux âmes les plus grandes."

    "Je ne ferai rien pour l'opinion, tout selon ma conscience."

    "Gémissez, exercez votre triste langue à insulter les hommes de bien ! Montrez les crocs, mordez: vous vous briserez les dents bien avant de laisser une empreinte."

    "Le sage ne se sent pas indigne des dons du sort. Il n'est pas épris des richesses, mais il préfère en avoir. Il ne les accueille pas dans son âme, mais dans sa maison. Il ne rejette pas celle qu'il possède, mais en est le maître et veut qu'elles procurent à sa vertu une plus grande manière de s'exercer.
    Car peut-on douter que le sage n'ait plus d'occasions de déployer les qualités de son âme dans la richesse que dans la pauvreté ? Dans celle-ci, il n'y a qu'un genre de vertu à pratiquer: ne pas fléchir ni tomber dans l'accablement ; parmi les richesses, la tempérance, la générosité, le discernement, l'économie, la libéralité ont le champ libre pour s'exercer
    ."

    "Si de chez moi les richesses disparaissent, elles n'emporteront qu'elles-mêmes ; si toi, tu perdais tes richesses, tu resterais stupéfait et il te semblerait que tu t'es perdu toi-même. Chez moi, les richesses occupent une certaine place ; chez toi, la plus haute. En un mot, mes richesses m'appartiennent, toi, tu appartiens à tes richesses.
    Cesse donc d'interdire aux philosophes d'avoir de l'argent: personne n'a condamné la sagesse à la pauvreté. Le philosophe pourra posséder une fortune considérable ; mais elle n'aura été enlevée à personne ni souillée du sang d'autrui ; elle sera acquise sans qu'aucune injustice ait été commise envers quiconque et sans profits sordides. Elle sera léguée aussi honorablement qu'elle aura été gagnée et personne ne se plaindra qu'elle existe, hormis les malveillants. Tu peux l'accroître autant que tu voudras: elle est parfaitement honorable.
    "
    -Sénèque, De Vita Beata (La Vie heureuse), traduction François Rosso, Arléa, 1995, 193 pages.

    "Si des richesses immenses, royales, échoient à un mauvais maître, elles seront dilapidées en un moment ; en revanche, même si elles sont modestes, lorsqu'un bon dépositaire les reçoit, elles s'accroissent à l'usage. De même, pour celui qui sait l'employer, la vie couvre une longue distance."

    "Combien ces gloires qui resplendissent par toute la terre coûtent de sueur, combien elles cachent de tourments ignorés."

    "Et Cicéron, balloté entre les Catilina, les Clodius, les Pompée, les Crassus, les uns ennemis déclarés, les autres amis douteux, pris dans la tempête de la République qu'il retient au bord du précipice pour la suivre finalement dans sa chute, inquiet dans la prospérité et incapable de supporter l'adversité, combien de fois n'a-t-il pas déclaré son aversion pour ce consulat qu'il exerçait, qu'il louait pourtant, non pas sans raison mais sans objectif !"

    "Tout ce qui est censé arriver relève de l'incertain: vis tout de suite."

    "Quand viendra le dernier jour, le sage n'hésitera pas à marcher vers la mort d'un pas assuré."

    "Nous reconnaîtrons que les illustres fondateurs des saintes doctrines sont nés pour nous, qu'ils ont préparé notre vie. Progresser vers les vérités suprêmes tirées des ténèbres, vers la lumière, c'est être guidé par le labeur d'un autre. Aucun siècle ne nous est interdit: ils nous sont tous ouverts, et si par la grandeur de nos aspirations nous tendons au-delà des petitesses humaines, un grand espace de temps est à notre disposition."

    "La raison ne peut rien face à un peuple qui a faim."
    -Sénèque, De Brevitate vitae (La Brièveté de la vie).

    http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/sen_luciliusI/lecture/default.htm

    "La lecture d’une foule d’auteurs et d’ouvrages de tout genre pourrait tenir du caprice et de l’inconstance. Fais un choix d’écrivains pour t’y arrêter et te nourrir de leur génie, si tu veux y puiser des souvenirs qui te soient fidèles. C’est n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un ami. Même chose arrive nécessairement à qui néglige de lier commerce avec un auteur favori pour jeter en courant un coup d’œil rapide sur tous à la fois."
    -Sénèque, Lettres à Lucilius, II.


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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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