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    Benoît Raoulx et Jean-Marc Fournier, « La géographie sociale, géographie des inégalités »

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback le Dim 5 Nov - 16:59

    "La raison de l’entrée du grand nombre de mots du registre social dans la géographie humaine est en partie liée au rôle de plus en plus impliqué des géographes dans l’intervention, l’expertise et la consultance." (p.26)

    "La notion d'injustice, qui renvoie plutôt à la notion de transformation des rapports sociaux, motive aussi la démarche du géographe social. Elle ne signifie pas l’absence de scientificité: le recours à une démarche scientifique permet d’éclairer ces phénomènes et de contribuer au débat." (p.27)

    "Toute ville, y compris de modeste importance, s’appuie [...] sur la stigmatisation d’un quartier et d’une population." (p.29)

    "La segmentation des rapports au temps et à l’espace construit des inégalités très marquées." (p.30)

    "Comme le capital social ou culturel, on peut proposer la notion de capital spatial c’est-à-dire la capacité à accumuler des expériences, à les valoriser, à s’affranchir des cadres de proximité; enfin à maîtriser l’information. Ce capital spatial dont l’élément central est la mobilité forme un système où s’articulent mouvement et stabilité. L’exemple de la Haute bourgeoisie l’illustre bien. L’enracinement symbolique et la maîtrise intergénérationelle de la Haute bourgeoisie se construit à partir des patrimoines de la terre, de la pierre aux portefeuilles d’actions, qui contrastent avec une aptitude à être très mobile pour la formation, les loisirs ou la sociabilité. Elle s’appuie aussi sur une fixité et des pratiques de l’espace au quotidien liées à l’entre-soi dans les « beaux quartiers » pour reprendre le titre de l’ouvrage de M. Pinçon–Charlot et M. Charlot (1989). La mobilité spatiale choisie des élites combinée à leur enracinement forment leur capital spatial. S’y opposent la mobilité subie des migrants, leur difficulté à s’établir durablement à un endroit, ou au contraire leur difficulté à en partir. À la différence des élites, les groupes défavorisés ne capitalisent pas leurs pratiques spatiales; leur connaissance de divers espaces ne forme pas une plus-value, un avantage ou un atout. On peut ainsi dire que les inégalités sont construites en fonction de l’accès au
    capital économique (biens financiers et patrimoine), au capital social (relations, réseaux d’influence), au capital culturel (diplômes, niveau linguistique, etc.) et au capital spatial défini par les pratiques de l’espace, les capacités à utiliser l’espace, les informations gagnées par les déplacements et les voyages, etc. et surtout à en tirer parti pour l’ascension sociale
    ." (p.31-32)
    -Benoît Raoulx et Jean-Marc Fournier, « La géographie sociale, géographie des inégalités », ESO Travaux et Documents, n°20, 2004, Rennes/Nantes, p.25-32.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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