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    Marc Silberstein (dir.), Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 10 Avr - 15:53

    https://books.google.fr/books?id=9LBTDwAAQBAJ&pg=PR3-IA93&lpg=PR3-IA93&dq=ontologie+mat%C3%A9rialiste&source=bl&ots=N096o62IPS&sig=kZUZsxi9-NHEUQjwWKj7gnQoZrg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiI8__5hrDaAhXISBQKHc_-AJs4KBDoAQgnMAA#v=onepage&q=ontologie%20mat%C3%A9rialiste&f=false

    "La culture est un trait spécifiquement humain -et nulle approche darwinienne intelligente ne peut négliger ce fait. Mais cette singularité ne rend nullement caduques les explications évolutionnistes."
    -Édouard Machery,

    "Dans le cas de la France, les sciences sociales furent orientées conjointement, aussi bien par leurs origines historiques que par leurs fondements théoriques, vers une ontologie dualiste et vers des modes d'explication intrinsèquement culturalistes des faits sociaux. [...] Les dérives racio-craniologiques du matérialisme naturaliste de l'école de Broca, et la méfiance antinaturaliste qu'elles ont réactivement et légitimement suscitée chez les chercheurs expliquent en grande partie que le seul matérialisme ayant été notablement développé dans les sciences sociales du XXe siècle soit un matérialisme non naturaliste."

    "Supposons en effet qu'un historien établisse que, dans une telle société W, tel changement x dans les techniques de production agricole (par exemple, la diffusion d'un instrument tel que la charrue) a entraîné plus ou moins directement telle mutation y dans le régime de la propriété foncière (par exemple, la généralisation de la propriété privée des terres): on n'est nullement tenu de considérer x comme une cause première. Il faut bien plutôt se demander ce qui a fait arriver x. Or les causes de x peuvent elles-mêmes être d'ordre infrastructurel ou superstructurel ; toutefois, à ces causes elles aussi on assignera des causes, pouvant elles-mêmes relever ou bien des conditions techniques et matérielles, ou bien des conditions idéologiques, et ainsi de suite. Et l'on ne voit pas du tout, dans une série causale où s'enchevêtrent ainsi les infrastructures et les superstructures, ce qui nous indiquerait que nous devons tenir tel moment de la série pour la cause première, ou plus première (si cela a un sens) que les autres.

    Puisque la régression à l'infini est impossible et qu'il faut s'arrêter, on aura tendance à signaler ce coup d'arrêt dans la chaîne des causes et des effets par un énoncé du type "x a causé y", qui signifie donc en substance "arrêtons-nous là". Qu'on s'arrête à des causes matérielles ou à des causes idéologiques, l'assignation de la cause "en dernière instance" (pour reprendre l'expression marxiste usuelle) relève plus d'une décision que d'une connaissance
    ."
    -François Athané, "Le nez de Cléopâtre et le démon de Laplace. Matérialismes et déterminismes en sciences sociales", chapitre 19 in Marc Silberstein (dir.), Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain, volume 2, Éditions Matériologiques, Paris, 2016.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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