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    François Huguenin, Histoire intellectuelles des droites. Le conservatisme impossible

    Johnathan R. Razorback
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    François Huguenin, Histoire intellectuelles des droites. Le conservatisme impossible Empty François Huguenin, Histoire intellectuelles des droites. Le conservatisme impossible

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 20 Avr - 15:42

    « La division historique de la droite en deux grands pôles intellectuels que sont le libéralisme et la réaction rend difficilement lisible ce que pourrait être un socle idéologique commun face à la gauche. » (p.9)
    « L’effondrement intellectuel et moral de la gauche a été finement analysé par Jean-Claude Michéa décrivant, dans Les Mystères de la gauche, la manière dont celle-ci s’est ralliée au libéralisme. » (p.10)
    « Si le libéralisme n’a pas connu l’histoire tumultueuse de la réaction, il est aujourd’hui tout aussi moribond. Certes, il n’est pas mis à l’index, car il n’a pas à son passif les errements du nationalisme réactionnaire. Mais, à l’inverse de ce dernier, en France, il n’a connu aucune heure de gloire durant le XXe siècle. Depuis l’âge d’or du premier XIXe siècle, il est resté marginal, malgré Jouvenel ou Aron. Aujourd’hui, alors qu’il a donné lieu à une école philosophique de premier ordre aux Etats-Unis (Hayek, puis Nozick ou Rothbard, à droite ; Rawls et ses épigones à gauche), influencé un mouvement politique (les conservateurs américains), inspiré les leaders politiques de plusieurs grands Etats (Reagan, Thatcher), le libéralisme, en France, est cantonné à une défense corporatiste des intérêts du patronat ou au poujadisme des associations expliquant aux citoyens comment payer moins d’impôt. […] Aucune voie libérale n’a été ouverte pour sortir d’un radical-socialisme de centre-droit à la française. » (p.14)
    « Cette histoire est celle des droites intellectuelles, nées en résistance à l’idéologie du progrès, mais finalement incapables de s’y opposer dans les faits avec efficacité. » (p.15)
    « La droite ne pourra exister face à une gauche définitivement convertie au libéralisme culturel et au relativisme moral, qu’en endossant des valeurs fortes sur l’homme (liberté, responsabilité, mais aussi sens d’une appartenance commune et souci de la protection du plus faible) qui nécessitent un vrai discours social échappant au tout économique et au diktat du matérialisme. » (p.16)
    « Tandis que les deux siècles précédents avaient volontiers échafaudé de superbes théories politiques, cherchant à peindre à grands traits majestueux l’histoire de l’homme afin d’en saisir la nature, la dernière décennie du siècle et le siècle suivant vont être marqués par le poids des faits. Ni Burke, ni Maistre, ni Tocqueville ne vont élaborer de grandes fresques spéculatives ; même Benjamin Constant, par endroits volontiers théoricien, ou Guizot, adepte d’une histoire philosophique, ne sauraient être comparés, sur ce plan-là, à Hobbes, à Locke, à Rousseau, ou même à Montesquieu. Quant au plus doctrinaire de tous les penseurs que nous croiserons, homme de système par excellence, le vicomte de Bonald, son œuvre conçue comme un anti-Contrat social ne saurait être mise sur le même plan que celle de son illustre modèle. Elle demeure marquée par les faits, et plus particulièrement par le traumatisme de la Révolution française. » (p.20-21)
    « Disreali, avant de devenir le restaurateur du parti conservateur, ne sera-t-il pas, à la fin du XIXe siècle, un radical, soucieux de justice sociale (posture que son passage chez les tories ne fera pas varier) ? » (p.22)
    « Conspirationnalisme de Barruel que Maurras reprendra à sa manière avec la dénonciation des « quatre Etats confédérés ». » (p.26)
    « Un libéral comme Jean-François Revel s’en réclame [de Taine]. » (p.31)
    « La Révolution peut n’être pas vue comme un mythe, sans pour autant faire de l’Ancien Régime un eldorado perdu. Une telle approche est, dès l’origine, partagée par les libéraux (Constant, Tocqueville, Guizot, entre autres) et par ceux des contre-révolutionnaires estampillés comme tels qui ne se résignent pas à la réaction (Burke, Ballanche). N’est-ce pas la synthèse que tentera, en 1978, le maître de l’histoire révolutionnaire François Furet, venu du communisme ? » (p.34)
    « La modernité politique est donc fondée sur un double mouvement : celui, tout d’abord, du primat de l’individu sur la société, laquelle, ne pouvant être un fait de nature, est un artifice, une construction. Ensuite, comme l’a défini admirablement Pierre Manent, le fait que l’homme ne se reconnaisse aucune autre foi que celle qu’il s’est donnée lui-même. Il n’y a plus de critère objectif du Bien. Il n’y a plus d’extériorité de la norme. Il y a donc plus de tension vers un bien qui dépasse l’homme et l’oblige à se perfectionner. Comme a pu le dire Leo Strauss en évoquant Machiavel, la modernité dégrade la politique, lui fait descendre l’escalier qu’elle avait gradi avec la pensée grecque et chrétienne. » (p.39-40)
    « Les contre-révolutionnaires les plus radicaux […] ne sont pas les héritiers de la pensée traditionnelle. » (p.46-47)
    « [Tocqueville] n’est pas non plus un continuateur de la pensée classique. Il sait même à l’occasion prendre ses distances avec certaines notions traditionnelles ; ainsi du gouvernement mixte, cher à Thomas d’Aquin, et qu’il trouve sans consistance réelle. » (p.49-50)
    « On serait en peine de trouver dans leurs positions [aux libéraux] de grandes affirmations de principe de la légitimité démocratique. » (p.53)
    « Guizot reconnaît que le droit de résistance est « irrécusable », quoique seulement en présence de « faits terribles ». » (p.57)
    « La notion de souveraineté est un concept moderne, ignoré de la philosophie politique traditionnelle. Bodin l’invente avec la conception d’un pouvoir unifié et indivisible attribué à un être impersonnel, l’Etat. Le souverain est au-dessus des lois civiles, sa puissance est indivisible et le pouvoir est unique, qu’il s’agisse d’un prince ou d’une assemblée. La souveraineté est donc compatible avec tous les modes de gouvernement et la notion sera intégrée aussi bien par Bossuet et Hobbes que par Rousseau. Le libéralisme tendra à se dégager de cette notion absolutiste du pouvoir, notamment en envisageant, avec Locke et Montesquieu, de diviser le pouvoir. Mais en divisant la souveraineté, il en ruinera la théorie. » (p.59)
    « La grande force de Constant est de ne pas considérer la souveraineté populaire comme légitime par origine, mais plutôt par destination. Ce n’est pas tant qu’émanant du peuple qu’elle est bonne, mais en ce qu’elle permet d’éviter que le pouvoir soit détourné à des fins personnelles et que, ce faisant, il amoindrisse les libertés. » (p.73)
    « Au nom du choix du mode de vie, la liberté se résume de plus en plus à celle de choisir les biens matériels utiles à la jouissance. La liberté absolue fantasmée, l’émancipation forcée à coups d’injonctions médiatiques sont-elles, dans des conditions, de nature à proposer autre chose qu’un esclavage supportable et consenti ? Ne constituent-elles pas le véritable « opium du peuple » ? Où est passé l’exercice de la liberté politique au sein de la démocratie postmoderne de l’abstention et de l’indufférence ? » (p.81)
    « En évoquant les « actions nuisibles par leur nature », Constant introduit un élément d’objectivité relatif au Bien et qui ouvre une série de questions propres à dynamiter l’édifice libéral : qui dira la morale naturelle ? Comment gérer la contradiction de cette loi avec la volonté individuelle ? » (p.87)
    « Sa position [à Burke] est d’abord la résultante d’un débat qui l’oppose à Price, au sein du parti whig anglais. Richard Price, ecclésiastique unitarien (confession protestante non rattachée à l’Église anglicane), avait prononcé le 4 novembre 1789 un sermon devant la London Revolution Society, lors du banquet annuel de l’association commémorant la glorieuse révolution de 1688. Price avait développé l’idée que le soutien à la révolution française n’était pas en contradiction avec le patriotisme anglais ; qu’il fallait défendre les libertés publiques en Angleterre, non parce qu’elles étaient anglaises mais parce qu’elles correspondaient au principe universel des droits de l’homme. » (p.88)
    « Le nationalisme maurassien est une véritable nouveauté dans la pensée réactionnaire. […] Celui de Barrès [est] marqué par un déterminisme naturaliste. » (p.94)
    « Comment définir les Lumières ? Une recherche sur la nature humaine qui, au nom de la raison, met en œuvre une critique globale de la société ; qui, par rationalisme, oublie les raisons de la raison. Politiquement, il s’agit pour les Lumières de montrer que l’homme, maître de sa vie, n’est pas lié à des communautés, à des traditions, de manière naturelle. L’homme des Lumières est seul. C’est sa part d’ombre. Le contrat social est, dès lors, le signe de l’autonomie de l’individu qui n’entre en société que par ce qu’il le veut bien. » (p.109)
    « La conformité à la loi naturelle, n’implique pas, pour chaque action pratique, une réponse univoque. » (p.116)
    « Dans la démocratie moderne, il s’agit certes, comme dans la démocratie ancienne, de faire choisir les gouvernants par le peuple, de supposer que ce dernier a une meilleure conscience de l’intérêt commun que ne sauraient l’avoir un seul ou quelques-uns. De ce point de vue, la démarche est la même. Mais, à la différence entre la démocratie ancienne et la démocratie moderne être le meilleur régime parce que son mode de désignation des gouvernants garantit un meilleur choix en fonction de tous ; en revanche, la démocratie moderne proclame non seulement que ce mode de désignation est le meilleur, mais qu’il est le seul légitime, qu’il est l’unique source de légitimité. Il ne s’agit pas pour elle de juger la manière dont ce pouvoir peut mieux agir en fonction du bien commun, mais de sacraliser ce mode de désignation à l’exclusion de tout autre. Pourquoi ? Parce que lui seul respecte l’individualisme méthodologique qui est à la base de la conception moderne de la politique et qui pose qu’il n’y a d’autre bien que celui de chaque individu ; parce que la société est une construction artificielle, parce que le pacte social est une convention, tandis que seul l’individu est un fait de nature. Là est la spécificité de la démocratie moderne, et non pas la place qu’elle donne au suffrage. » (p.141)
    « Sur le plan l’efficacité, Tocqueville reconnaît la supériorité du gouvernement aristocratique : la démocratie se trompe en effet souvent. Mais elle a un avantage supérieur : ses gouvernants n’ont pas d’intérêts contraires à la masse des gouvernés. Il y a, dans la démocratie, quelque chose que Tocqueville ne qualifie pas en tant que tel est que l’on peut tenter de définir : la démocratie est moins conflictuelle, car elle ne laisse pas la possibilité d’un fossé béant entre gouvernants et gouvernés. En d’autres termes, Tocqueville met à son crédit la pacification de la vie politique. » (p.150-151)
    « Un pouvoir dont l’origine n’est pas populaire est de facto illégitime. Mais, dans le même temps, Constant affirme que cela ne suffit : il faut aussi que le pouvoir n’agisse pas hors de son domaine de compétence. […] Croyant absolument à la volonté générale comme rempart contre la tyrannie, il croit autant à la limitation du pouvoir issu de cette volonté générale, et pour la même raison. Ce qui manque au libéralisme est une vision positive du pouvoir. » (p.188-190)
    « Pour Tocqueville, il est impossible d’être libre sans être vertueux. « Il récuse donc l’idée, qui apparaît pour la première fois chez Montesquieu et se déploie dans Le Fédéraliste- qu’il serait possible d’être libre sans être vertueux », note Spitz. » (p.198)
    « [Le libéral] ignore que la liberté, sans borne, est menacée d’inconsistance. Sa vision du progrès l’empêche d’accéder à la réalité des choses. Elle lui voile l’essence des choses et des êtres. » (p.220)
    « Toute la difficulté est de réintroduire au sein des sociétés démocratiques cet élément de poursuite du bien commun qui fera du consentement non pas l’acceptation d’un pacte de non-aggression mais la reconnaissance d’une vraie légitimité.
    Ce qui manque à Ferrero, c’est la notion de philia, d’amour, d’amitié, qui éclaire ce souci du bien commun et qui donne au consentement une norme qui le tire vers le haut. Cette limite s’explique par le fait que Ferrero met au cœur de sa démarche la peur. Pour lui, la politique est dominée par la peur qu’éprouvent les gouvernants que leur pouvoir de commandement, si extraordinaire, ne soit récusé par les gouvernés. Ce souci est assurément machiavélien et hobbien, mais, si ce n’est qu’un constat, il est raisonnable. La question, en effet, est de savoir si la philia peut l’emporter sur la peur, si, à ce mécanisme défensif peut se substituer autre chose, qui serait la conscience du gouvernant et des gouvernés que le pouvoir s’exerce en vue de l’harmonie de la société. Ceci revient à se demander si la politique est naturelle, ou, pour préciser la question, de quelle nature il faut parler. S’agit-il de la nature d’un homme qui cherche à survivre, à échapper à la peur ? Ou de celle d’un homme qui veut mener une vie belle et bonne, ce qui est la clef de la pensée traditionnelle ? » (p.347)
    « Les libertés humaines, pourrait-on répondre à Constant, n’épuisent pas la notion de bien commun. Celui-ci les englobe assurément et sans elles il n’existe pas, mais il ne saurait se réduire à elles, d’une certaine manière très difficile à rationaliser, il les dépasse. Une des grandes leçons de la politique classique, d’Aristote à Maritain, est que le bien commun ne saurait être réduit à la somme des intérêts particuliers. » (p.354-355)
    « Discerner où se situe le bien commun est la chose difficile de l’art politique. » (p.356)
    « On peut aussi souligner qu’il est plus facile au consentement de reconnaître la légitimité d’un pouvoir garantissant le respect des libertés que celle d’un pouvoir garantissant le bien commun dans son ensemble, car celui-ci est plus délicat à appréhender que celui-là. Mais la légitimité est moins complète dans le premier cas, car elle se situe sur le plan de l’action négative (le pouvoir ne fait pas ceci ou cela qui est contraire aux libertés) et non sur celui de l’action positive (le pouvoir prend telle ou telle mesure qui est bonne pour la communauté). Or la politique se mesure aussi à l’action positive des gouvernements et pas seulement à son abstention de nuire. » (p.356)
    « Un bien imposé [par la force] […] ne saurait […] constituer un bien. » (p.361)
    « Demeure chez Rousseau l’illusion que le désir pourrait être pur, à l’abri de la rivalité mimétique. » (p.366)
    « Lucien Jaume a fortement montré combien le libéralisme politique de Montalembert se conjugue avec une hostilité farouche envers la démocratie. » (p.375)
    « Ce que dit la pensée classique c’est que l’homme est fait pour la vertu. Le but ultime de la vie n’est pas le plaisir, car le plaisir est engendré par la vertu. […] Le but que l’homme poursuit est le bonheur et le moyen de l’atteindre est la vertu, car il peut accéder ainsi à la vie « belle et bonne » qui lui est promise, réaliser la perfection de son être, et donc être heureux. C’est ce qui distingue fondamentalement la philosophie classique de la philosophie moderne. » (p.401)
    « Pour les classiques, il peut y avoir plusieurs bons choix rationnels et plusieurs régimes politiques légitimes. » (p.405)
    « La pensée du théologien catholique américain William Cavanaugh, très influencée par MacIntyre, est aussi de nature à porter la contradiction à la doxa libérale dans un registre non marxiste. » (p.434)
    « C’est le moment pour la droite de regarder en face les limites de son discours et de développer une ligne cohérente de dépassement d’un libéralisme qui est aujourd’hui l’idéologie dominante philosophique, économique et sociale. » (p.436)
    « Fonder la liberté sur un modèle vertueux, sur une réflexion ontologique à propos de la liberté humaine […] dépasser la liberté en même temps qu’on la décrète. » (p.440)
    « Légalisation plus ou moins violente du suicide assisté ou de l’euthanasie. » (p.441)
    « Pour des raisons de mondialisation de l’économie, le progrès social est devenu une chimère. […] La financiarisation de l’économie, l’accroissement des inégalités. » (p.441)
    « La pensée libérale doit rompre avec un libéralisme économique immodéré et avec un relativisme moral et culturel. » (p.442)
    -François Huguenin, Histoire intellectuelles des droites. Le conservatisme impossible, Perrin, coll. Tempus, 2013 (2006 pour la première édition), 496 pages.

    « Nous chérissons nos préjugés parce que ce sont des préjugés. C’est que nous craignons d’exposer l’homme à vivre et à commercer avec ses semblables en ne disposant que de son propre fonds de raison, et cela parce que nous soupçonnons qu’en chacun ce fonds est petit, et que les hommes feraient mieux d’avoir recours, pour les guider, à la banque générale et au capital constitué des nations et des siècles. » (p.310)

    « Qu’est-ce d’ailleurs que la liberté sans la sagesse et sans la vertu ? C’est de tous le pire : car c’est le dérèglement, et le vice, et la démence. » (p.313)
    -Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1791, rééd. « Pluriel », 1989.

    « Le despotisme, pour telle est nation, est aussi naturelle, aussi légitime que la démocratie pour telle autre. » -Joseph de Maistre, De la souveraineté du peuple. Un anti-contrat social, 1794, rééd. PUF, 1992, p.109.

    « Le prince ne doit rendre compte à personne de ce qu’il ordonne. » -Bossuet, La Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte, Livre IV, article 1er, 1709, Dalloz, 2003.

    « La nation occupe le sommet de la hiérarchie des idées politiques. »
    -Charles Maurras, L’Idée de la décentralisation, p.31.
    Au-dessus de tout éloge,

    « Le bien public et l’ordre général de la loi sont des parties essentielles du bien commun du corps politique, mais ce bien commun a des implications beaucoup plus vastes et plus riches et plus concrètement humaines, car c’est par nature la bonne vie humaine de la multitude, et il est commun à la fois au tout et aux parties, c’est-à-dire aux personnes à qui il se redistribue et qui doivent bénéficier de lui. Le bien commun n’est pas seulement la somme des avantages et des services publics que l’organisation de la vie publique présuppose, tels qu’un sain régime fiscal, une force militaire suffisamment puissante, l’ensemble des justes lois, des bonnes coutumes et des sages institutions qui donnent sa structure à la société politique, l’héritage de ses grands souvenirs historiques, de ses symboles et de ses gloires, de ses traditions vivantes et de ses trésors de culture. Le bien commun implique aussi l’intégration sociologique de tout ce qu’il y a de conscience civique, de vertus politiques et de sens de la loi et de la liberté, d’activité, de prospérité matérielle et de richesses spirituelles, de sagesse héréditaire inconsciemment à l’œuvre, de rectitude morale, de justice, d’amitié, de bonheur, de vertu et d’héroïsme dans la vie individuelle des membres du corps politique, dans la mesure où toutes ces choses sont, d’une certaine façon, communicables et font retour à chaque membre, l’aidant à perfectionner sa vie et sa liberté de personne, et où elles constituent dans leur ensemble la bonne vie de la multitude. » -Jacques Maritain, L’Homme et l’Etat, 1953, in O.C, IX, pp.493-494.

    « Les hommes bons sont ceux qui sont disposés et capables de préférer l’intérêt commun à leur intérêt privé et aux objets de leurs passions, ou ceux qui, capables de discerner dans chaque situation quelle est l’action juste ou noble, accomplissent cette action parce qu’elle est noble et juste et pour aucune raison. » -Leo Strauss, Qu’est-ce que la philosophie ?, p.86.




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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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