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    Antonin Guyader, La revue Idées (1941-1944). Des non-conformistes en Révolution nationale

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Antonin Guyader, La revue Idées (1941-1944). Des non-conformistes en Révolution nationale Empty Antonin Guyader, La revue Idées (1941-1944). Des non-conformistes en Révolution nationale

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 11 Fév - 11:31

    « L’intérêt des historiens qui se sont penchés sur la société intellectuelle française des « Années noires » s’est, jusqu’à présent, à peu près exclusivement porté sur les extrêmes ; d’un côté les familles politiques sorties vainqueurs de la confrontation (communistes, spiritualistes et « nouvelle gauche »), de l’autre les collaborationnistes les plus avérés. On sait maintenant beaucoup sur les amis de Sartre, de Mounier ou ceux de Brasillach. Il était temps qu’on se préoccupât de ceux qui pourtant, quatre années durant, avaient tenu le haut du pavé : les intellectuels vichystes. » (p.15)

    « Organe si évidemment « d’Etat » que son animateur, émargeant au Secrétariat général de l’Information et à la Propagande, se trouve être simultanément et jusqu’au dernier jour de la dictature, le directeur d’une revue d’intellectuels -et celui des services de la Censure… » (p.16)
    -Pascal Ory, préface à

    « Idées, revue mensuelle [de doixante-douze pages] dont le premier numéro paraît en novembre 1941.

    Depuis quelque mois, la Révolution nationale paraît rencontrer quelques difficultés dont la première et non la moindre est une réticence populaire de plus en plus grande devant la politique de Pétain. Celui-ci s’en est ému en août […] Redonner une impulsion vigoureuse à la Révolution nationale, réaffirmer sa néccesité, établir des principes solides capables d’accomplir une tâche de régénération nationale, combattre les ennemis du nouveau régime : les objectifs des proches du pouvoir pétainiste doivent trouver des relais efficaces, dans l’action et la propagande. » (p.22)

    « Parutions des années trente et quarante ou souvenirs, mémoires et témoignages sont incontournables pour approcher le fonctionnement des micro-sociétés non-conformistes. » (p.24)

    « « L’esprit nouveau des années 1930 » paraît être « un âge d’or des revues de droite ». » (p.24)

    « Les proches d’une Jeune Droite largement ralliée au pétainisme, majoritaires à Idées durant toute la durée de la publication, vont côtoyer d’anciens proches des milieux non-conformistes « de gauche » ralliés au nouveau régime. » (p.25)

    « Maulnier ne contribue pas une seule fois à Idées. » (p.26)

    « Les articles changent peu d’orientation entre les premières livraisons de la revue et le premier semestre de 1944. » (p.26)

    « Cette philosophie chrétienne se double chez certains, les mêmes parfois, d’un relent nietzschéen peu dissimulée. Pierre Leforestier continue son raisonnement en insistant sur la vertu de l’orgueil qui peut sortir l’homme de sa peur et le pousser à se transcender : « L’homme, disait Nietzsche, est une corde tendue entre la Bête et le Surhomme -une corde au-dessus d’un abîme ». De cette tension favorable au surpassement naîtrait la grandeur. L’homme pourrait ainsi véritablement retrouver sa vie intérieure, abandonnée avec la société moderne pour une quête de superficiel. Cette philosophie s’accompagne […] de l’exaltation de l’amour de la lutte et de l’effort personnel, trop oubliés par la société contemporaine : « Nous avons oublié la joie. Nous n’avons plus connu que le plaisir. Et comme tout plaisir s’achète, nous n’avons plus vécu que pour l’argent » [Pierre Leforestier, « Ploutos », Idées, n°12, octobre 1942, p.25]. Le plaisir n’est pas à bannir, mais il doit n’être que la conséquence d’une action dont il n’est pas le but. Les références ne manquent pas pour promouvoir la lutte désintéressée qui a fait la grandeur d’une humanité très chrétienne… Leforestier cite le Christ, Jeanne d’Arc, les saints, l’édification des cathédrales, etc… Fabrègues, assez réservé sur les conceptions de Nietzsche, aboutit pourtant au même constat, déjà établi en 1936 et réitéré en 1942 : « l’homme petit annoncé par Nietzsche est venu ». » (p.176)

    « Le chef de file de la Jeune Droite catholique y voit de bons catalyseurs d’énergie populaire mais précise aussitôt la nécessité de s’attacher avant tout à former les esprits. L’importance de l’irrationnel, dont Fabrègues trouve les sources non seulement chez Nietzsche mais également chez Marx. » (p.282, cf Fabrègues, « Les Idées », Idées, n°3, janvier 1942, p.23]

    « Le jeune admirateur de Nietzsche [Jacques Laurent, qui signe Jacques Bostan]. » (p.283)

    « Jacques Laurent-Cély naît en 1919. Fils d’un avocat et d’une aristorate de la famille Deloncle (Jacques Laurent est donc parent d’Eugène Deloncle, le fondateur de « la Cagoule »). Jacques Laurent abandonne vite le catholicisme familial. Après une scolarité durant laquelle il passe par le lycée Condorcet, il rejoint la Sorbonne où il entreprend une licence de philosophie qui sera interrompue par la mobilisation de 1939. En parallèle, il collabore à Choc, à L’Etudiant français et devient un fidèle de la Jeune Droite en publiant dans Combat, l’Insurgé et dans Civilisation. Mobilisé en 1939, il ne combat pas en 1940. Il est incorporé dans l’armée d’armistice et stationne près de Vichy. Démobilisé, il rejoint René Vincent qui l’engage au Bureau d’Etudes du Secrétariat général à l’Information et à la Propagande. Jusqu’en août 1944, il publie des articles notamment pour France revue de l’Etat nouveau, L’Echo des étudiants et Idées, dont il est la plume la plus fidèle après René Vincent. » (p.330)

    « Armand Petitjean. Né en 1913 à Mons (Belgique). Après une hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand, il obtient un diplôme de sciences politiques et une Licence de Lettres. En 1935, il rencontre Jean Paulhan […] Il collabore de 1936 à 1939 à la NRF […] Il collabore jusqu’à la fin 1942 à la NRF de Drieu, à Idées, à Patrie et à Révolution nationale. » (p.332)
    -Antonin Guyader, La revue Idées (1941-1944). Des non-conformistes en Révolution nationale, Paris, L’Harmattan, 2006, 357 pages.



    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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