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    James S. Allen, Y a-t-il eu en France une « génération romantique de 1830 » ?

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    James S. Allen, Y a-t-il eu en France une « génération romantique de 1830 » ? Empty James S. Allen, Y a-t-il eu en France une « génération romantique de 1830 » ?

    Message par Johnathan R. Razorback le Mer 6 Mai - 21:36

    https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1980_num_10_28_5345

    "Les conceptions romantiques attirent largement l'attention en 1820 avec les Méditations poétiques de Lamartine, triomphent en 1830 avec le succès de Hugo au théâtre français, et sont elles-mêmes attaquées en 1843 par une nouvelle génération d'écrivains. Ainsi les grandes dates traditionnelles de la première phase du romantisme français (1820/1830/1843) coïncident approximativement avec les grands tournants de l'évolution biologique du groupe né en 1800 (1815/1830/1845). En dépit de légères différences, les évolutions littéraires et biologiques sont parallèles et donnent du poids à l'hypothèse de l'existence d'une génération romantique française de 1830." (pp.106-107)

    "Gautier croyait que la nouvelle littérature ne pouvait être l'œuvre que d'hommes et de femmes jeunes." (p.108)

    "La littérature, comme la politique et la société, était souvent perçue en termes de conflit de générations." (p.109)

    "Il faut comparer les 6 volumes de Quérard ne couvrant que 22 ans de publications en France (1827-1849) avec ses 10 volumes couvrant plus de 250 ans (du XVIe siècle à 1826) pour avoir une idée de l'expansion du marché du livre dans la période." (p.111)

    "Entre 1817 et 1836, il y eut une augmentation de 41% du nombre des habitants de la capitale, âgés de 30 à 39 ans, alors que de 1836 à 1851, cette même tranche d'âge perdit 8%. Apparemment on a un rajeunissement de la population parisienne, entretenu par l'exode rural, et ce, au moment où apparaît une vague de jeunes auteurs."

    "Scinder le mouvement en deux blocs, nés quinze ans avant et après 1800, mène à inclure Béranger, Nisard et Ponsard, férocement hostiles au romantisme, et à exclure Delécluze, Lamennais et Nodier, liés à ce qui constitue le cœur de la sensibilité du mouvement." (p.113)

    "Pourquoi le romantisme français s'effaça-t-il en 1845 au moment même où ses auteurs arrivaient dans la période où ils auraient dû le maintenir comme courant littéraire dominant jusqu'en 1860." (p.114)

    "Les auteurs romantiques avaient probablement plus de choses en commun lorsque le néo-classicisme se présentait nettement comme l'ennemi. Une camaraderie littéraire aussi étrange que celle du jeune Hugo, de Musset, Nerval, Vigny et Mérimée était fondée au moins sur un objectif initial: explorer un nouveau champ de sentiments et de mythes, en opposition avec la stérilité émotionnelle et esthétique du néo-classicisme. Charles Baudelaire avait probablement raison quand, en 1846, il remarquait que le Romantisme ne réside ni dans le choix du sujet ni dans la peinture de la réalité, mais dans la façon de sentir, une façon de percevoir le monde très différente de l'objectivité, l'universalisme et la rationalité chers aux "lumières" du XVIIIème siècle. Mais cet objectif ne pouvait suffire à soutenir un mouvement, mouvement qui n'a assurément pas survécu à sa victoire, la reconnaissance officielle de 1830, avec l'entrée de Lamartine à l'Académie." (p.115)
    -James S. Allen, "Y a-t-il eu en France une « génération romantique de 1830 » ?", Romantisme, Année 1980, 28-29, pp. 103-118.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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