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    Pierre Brochand, Pour une véritable politique de l’immigration

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Date d'inscription : 12/08/2013
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    Pierre Brochand, Pour une véritable politique de l’immigration  Empty Pierre Brochand, Pour une véritable politique de l’immigration

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 23 Juin - 16:43

    "Sur le plan quantitatif, la cause me paraît entendue : tous les « seuils de tolérance », évoqués par François Mitterrand et Claude Lévi-Strauss au début des années 90 (ces deux-là ne voyaient pas d’objection à la notion) ont été pulvérisés depuis, sans contestation possible."

    "De tous les énormes défis que doit affronter notre pays, l’immigration, telle qu’on l’a laissée se développer depuis près de 50 ans, est le plus redoutable […] le seul, à mes yeux, susceptible de mettre directement en cause la paix civile, dans une société non seulement fragile mais volontairement aveugle à ce danger."

    "On constate que V 2 démarre précisément au moment (la deuxième moitié des années 70) où le Rebond asiatique R 1 (l’avènement de Deng Xiao Ping en 1978 ) et la Rente pétrolière R 2 (les deux « chocs » de 1973 et 1979) sèment, chez nous, les graines de ce qui va devenir un chômage de masse : les immigrés arrivent au moment où vont partir les emplois..."

    "Surtout, la deuxième vague, provenant de pays anciennement colonisés, porte en elle le ressentiment R 5, né d’un siècle ou plus d’humiliation ravalée. C’est là la dernière incohérence – mortelle celle-ci – d’une immigration, qui se met en branle vers l’ancienne métropole, à l’instant où la décolonisation vient d’établir un constat de divorce irréversible entre les deux parties."

    "Présentée comme une richesse, la diversité recouvre en fait l’idée que les particularités humaines ne sont que superficielles, décoratives et touristiques, et que, loin de créer de la distance entre les hommes, elles les rapprochent.

    Avec cette conséquence que, s’il persiste de l’incommensurable et de l’incompatible dans la société, ils ne peuvent résulter que de la malveillance humaine, en l’occurrence celle, résiduelle, des nostalgiques de l’État national, au besoin qualifiés de « racistes », et des discriminations qu’ils s’obstinent à vouloir perpétuer : il suffit de combattre inlassablement ces dernières ou, en d’autres termes, de pratiquer un « antiracisme » militant à très large spectre, pour que l’écart culturel s’efface de lui-même.

    4.1.2. Le problème de l’immigration V 2 est qu’elle apporte un démenti flagrant à cette vision enchanteresse, à proprement parler utopique, d’une humanité entièrement réconciliée avec elle-même, sous la bannière des droits individuels et du commerce
    ."

    "Les flux, même s’ils sont considérables (400 000 personnes en 2018 pour les seuls légaux et semi-légaux, mineurs non compris), ne provoquent pas de choc immédiat : pour reprendre un autre anglicisme, ils sont incrémentaux, c.-à-d. s’additionnent, au jour le jour et d’année en année, pour produire des effets de « stock » progressifs, auxquels les esprits ont le temps de s’habituer. Illusion d’optique bien naturelle, puisque les courants annuels ne représentent « que » 3 à 4 % du « stock »."

    "Ce mouvement de l’immigration par le droit, dans la mesure où il est auto-entretenu – l’effet devenant la cause qu’il renforce –, s’accélère spontanément sans crier gare, selon une loi mise en évidence par Paul Collier, éminent économiste d’Oxford. En vertu de ses recherches, 10 immigrés installés en font venir 7 autres par le jeu du droit (regroupement familial, mariages, études, naturalisations) et ces 17 en appellent 12 autres, et ainsi de suite à l’infini, comme dans une pyramide de Ponzi, dont il faut bien payer un jour la note."

    "Non seulement elles connaissent des excédents naturels plus élevés que la population autochtone ( fécondité supérieure, moyenne d’âge plus basse ), mais aussi, une fois atteinte une certaine masse critique, elles grossissent par « rétention » ou « osmose inverse ». Se suffisant de plus en plus à elles-mêmes, elles tendent à se regrouper physiquement, alimenter un marché matrimonial propre (sites de rencontres ethnicisés et islamisés sur les réseaux sociaux), pratiquer l’endogamie et transmettre plus aisément les mœurs d’origine aux deuxième et troisième générations, qui sont ainsi moins incitées à se laisser absorber par la société d’accueil.

    En grandissant, les diasporas tendent aussi à réduire la fréquence et la qualité des interactions avec les natifs, dans la mesure où il existe des limites physiques et psychologiques bien connues au nombre de relation approfondies qu’un individu peut nouer (150 est le nombre habituellement retenu).
    "

    "Comment ne pas voir, dans ces contre-sociétés en gestation continue, un symptôme de contre-colonisation.

    Car ce qui différencie l’immigré du colon est le fait que ce dernier emporte sa société dans ses bagages, avec l’intention bien arrêtée de l’implanter dans le territoire où il s’installe, alors que l’immigré se contente de rechercher une vie meilleure en quittant une société pour une autre, qu’il prend pour telle et à laquelle il cherche au minimum à s’adapter
    ."

    "Je constate, pour ma part, la renaissance des trois clivages non négociables, qui ont causé nos pires malheurs dans le passé : la discorde religieuse, l’antagonisme colonial, le prisme racial."

    "Ces derniers, convaincus – on le serait à moins – par le discours victimaire que leur tiennent les autorités du pays d’accueil, ne se font pas prier pour adopter cette thèse d’une continuité entre leur situation et celle de leurs ancêtres, ainsi que de la créance inépuisable qu’elle leur ouvre. […]

    "D’où, enfin, cette autre extraordinaire apparition dans notre paysage : celle du français francophobe."

    dans le cas de l’Algérie, ladite identité, inexistante auparavant, s’est forgée dans la lutte armée contre la France (l’hymne algérien est le seul, à ma connaissance, faisant une référence explicite, de surcroît négative, à un pays étranger, en l’espèce le nôtre).

    Ce qui – là aussi, il convient de le redire inlassablement – souligne la folie d’avoir laissé entrer dans notre pays des flux d’immigration en provenance d’ex-colonies, au moment même où l’indépendance consacrait l’incompatibilité du « vivre ensemble ».
    "

    "Ces conséquences se présentent comme un processus de divergence par enchaînement, en quatre phases :

    -la chute de la confiance sociale,

    -la séparation physique,

    -la rivalité pour le contrôle du sol,

    -la propension à la violence."

    "Comme l’a montré, de manière empirique, mais à mes yeux irréfutable compte tenu de mes propres expériences, le politologue/sociologue américain Robert Putnam, le niveau de confiance d’une société, quelle qu’elle soit, est en relation inverse de sa diversité ethnoculturelle."

    "L’impunité, de moins en moins relative, pour des délits tels qu’outrages ou rébellion, appelle l’escalade des provocations et, au final, la perte totale de ce mélange de prestige et de crainte, qui, au-delà de la loi, fonde le respect de l’autorité."

    "Ces différentes modalités de sécession violente font figure d’événements mineurs, au regard de la guerre ouverte que nous déclare le terrorisme jihadiste, dont les auteurs – il ne faut pas avoir honte de le dire – proviennent, jusqu’ici, à 100 % de l’immigration et se réclament à 100 % d’une sorte de suprématisme musulman, religion elle-même importée à 100 %."

    "On en vient ainsi à la notion de « coût » de l’immigration, qui a fait l’objet de nombreux calculs, tous plus catastrophiques les uns que les autres (entre 55 et 85 milliards d’euros par an !), variables selon que l’on considère les comptes publics ou l’économie dans son ensemble.

    Que ces calculs soient proches ou non de la réalité, ils ont l’avantage d’inclure un ensemble de dépenses que l’économie « officielle » préfère ignorer : coût des infrastructures supplémentaires nécessitées par l’afflux de population dans des métropoles congestionnées (écoles, hôpitaux, logements sociaux, transports, etc...), coûts résultant du différentiel entre la surconsommation en prestations sociales (de plus en plus liées à des conditions de ressources) et la sous-imposition fiscale (les deux s’expliquant par des revenus déclarés inférieurs à la moyenne), coûts dus à la discrimination positive (politique de la ville, éducation prioritaire, ZSP, etc...), coûts dérivés des effets négatifs de l’immigration (délinquance, sécurité, justice, économie parallèle), coûts des transferts de fonds vers le pays d’origine (14 milliards officiellement soustraits à la consommation et à l’investissement nationaux et sans doute plus du double en réalité), etc.
    "

    "L’assimilation, l’intégration, l’insertion, l’inclusion sont les outils conceptuels qui, désignant, à la fois, une action et une situation, permettent de rendre compte des degrés d’allégeance d’une population allochtone et de définir les objectifs d’une politique à son égard.

    L’interruption des flux et la remigration éventuelle sont, en revanche, les modalités d’une inversion radicale de ces différentes politiques, que l’on pourrait à des degrés divers qualifier de fatalistes – assimilation comprise –, dès lors qu’elles se refusent toutes à faire de l’immigration une variable d’ajustement.


    8.1.1. L’assimilation : 5 à 10 %.

    Ce très faible pourcentage ne fait que refléter l’anachronisme de cette voie d’acculturation.

    Je l’ai déjà suffisamment souligné. Pour moi, l’assimilation (« rendre semblable à ») n’est concevable qu’en rapport avec un État national, en pleine possession de ses moyens, « sûr de lui et dominateur », assumant pleinement son histoire et la culture qui l’a et qu’il a produit.

    Puisqu’il s’agit de rien moins, pour l’assimilé en puissance, que d’abandonner tout ce qui le rattache à sa culture d’origine, pour en adopter entièrement une autre, une rupture aussi asymétrique ne peut s’envisager qu’au profit d’une structure, déjà inscrite dans la durée, assurée d’elle-même et disposant d’une forte capacité d’attraction et de perpétuation
    ."

    "Dans la France d’aujourd’hui, l’intégration est le processus d’acculturation par lequel des immigrés et descendants d’immigrés extra-européens nouent une relation apaisée avec la Société des individus, conçue au fond comme une Grande Entreprise, dont ils respectent les règles et à laquelle ils s’incorporent, d’abord, par le canal de l’emploi.

    Il s’agit là d’un contrat d’ambition bien plus limitée que l’assimilation, puisqu’il n’implique nul renoncement au quant-à-soi, c.-à-d. aux liens avec la culture de départ, à la pratique de la religion d’origine ou au choix endogamique du conjoint (et des prénoms des enfants qui vont avec), tous supposés relever des droits individuels et donc de la sphère privée. En quelque sorte, l’intégration n’abolit pas les clivages, mais les transcende par le droit et l’économie.

    Une autre différence majeure avec l’assimilation est que l’intégration va de pair avec une société d’accueil, qui accepte d’évoluer pour la faciliter : il s’agit donc d’un mouvement interactif et se voulant plus ou moins symétrique (« un processus dynamique à double sens d’acceptation mutuelle », nous dit l’Union Européenne), où le système se recompose et se transforme pour prendre en compte les apports extérieurs. Un excellent exemple de cette réciprocité théorique est fourni par les modifications des programmes scolaires d’histoire, ajustés afin de ne pas choquer les arrivants et leurs enfants, auxquels il n’est plus demandé d’endosser un récit national, dont il est admis une fois pour toutes qu’il n’est pas le leur et ne doit pas le devenir.

    Une évaluation, toujours arbitraire, mais qui n’ignore pas les statistiques, sondages et enquêtes disponibles, permet d’estimer à 30/35 % le pourcentage de ces intégrés, accueillis chez nous comme individus souverains et qui, en retour, se montrent respectueux des règles du jeu qui en découlent.

    Les femmes, les adultes d’âge mûr, les exfiltrés des « quartiers », les asiatiques y sont surreprésentés.
    "

    "Au sein de cette grosse moitié de non-assimilés et non-intégrés, 20 à 25 % sont entre deux rives : ni inclus, ni exclus, respectant plus ou moins la loi, mais sans vraiment partager les valeurs qui la fonde, un pied dedans, un pied dehors, ils sont de ce fait un enjeu flottant.

    Restent 30 à 35 % très problématiques, car dans une posture négative, parfois agressive, et même haineuse, vis-à-vis de la France. Ils englobent bien sûr les délinquants, mais ils sont aussi surreprésentés chez les jeunes (et même les mineurs...), les hommes, les chômeurs « volontaires » (il y en a), les bénéficiaires directs ou indirects des trafics, les musulmans endoctrinés, ainsi que, bien évidemment, dans les enclaves, à l’intérieur desquelles leur détermination vaut à certaines de ces catégories de jouer un rôle supérieur à leur nombre
    ."

    "Les différentes relances de la « politique de la ville », qui, quoique non-stop, procède par saccades, ont toujours été consécutives à des flambées d’émeutes, voire d’attentats, qu’elles ont en quelque sorte légitimés en y répondant positivement. Comme si, en vertu d’une doctrine que l’on pourrait appeler le « borlooisme », l’argent était la seule réponse que nous sachions apporter à ces violences...

    De même, le volontarisme éducatif, autre volet de la politique d’intégration, cher aux nostalgiques des « hussards noirs », ne fonctionne guère que pour les élèves motivés, mais se heurte rapidement au mur de l’hétérogénéité culturelle pour les autres. Mur auquel, il faut le reconnaître, s’attaque courageusement le dédoublement des classes de CP, en attendant mieux, lequel constitue sans doute la mesure la plus intelligente prise dans ce registre de la discrimination budgétaire.
    "

    "Il y a tous les renoncements à nos mœurs, qui sont, si j’ose dire, entrés dans les mœurs, et qui apparaissent comme autant de concessions à une sorte de « statut personnel » des immigrés : l’abattage halal, qui, malgré sa cruauté, ne suscite guère la réprobation, y compris des anti-spécistes, et qui, pourtant, affecte désormais au moins la moitié de notre consommation de viande ; les abattoirs privés de l’Aïd ; la polygamie cachée des familles subsahariennes ; l’excision pratiquée sur les petites filles pendant les vacances au pays ; les autolimitations à la liberté d’expression depuis que les journalistes de Charlie Hebdo l’ont payée de leur vie et, notamment, l’acquiescement quasi général à l’idée selon laquelle une religion serait l’équivalent d’une race et que toute critique à son égard tomberait sous le coup de la législation pertinente ; dans la foulée, l’intériorisation de l’interdiction du blasphème et, de manière plus générale, la retraite précipitée de la critique voltairienne vis-à-vis de l’islam, etc."

    "La parole officielle nous invite, dans le même souffle, à constater que l’immigration de masse est un « fantasme », mais qu’en fait, « elle a toujours existé ». Et que de toutes façons, peu importe, car elle est une « chance », une « richesse » pour notre pays."

    "Parmi les plus fréquents trouvailles : la substitution de la notion de solde migratoire à celle de flux d’arrivée (sans la moindre interrogation sur la composition de ce solde : Français qui s’en vont, étrangers qui arrivent) ; la suggestion que le grand nombre de mariages « mixtes » illustre la soif de métissage de la société française (alors qu’elle se borne à dénombrer les unions entre « Français » et « étrangers », dont la grande majorité se révèle en fait intra-communautaires) ; le raisonnement à la moyenne (soit pour écrêter, au niveau national, des statistiques explosives au niveau local, soit pour normaliser ce qui pourrait choquer, comme le différentiel de fécondité entre « autochtones » et « allochtones ») ; la référence au nombre d’étrangers (« qui n’augmente pas... »), plutôt qu’à celui des immigrés (qui augmente...) ; la référence aux seuls « immigrés », en oubliant les difficultés que cause le comportement divergent de leurs descendants, etc.

    Faits enterrés enfin, lorsqu’ils deviennent vraiment trop dérangeants. Deux exemples.

    Le premier est relatif aux tests de la drépanocytose, pratiqués sur certains nouveau-nés à risque : maniées avec précaution (elles incluent les Antillais), ces statistiques permettaient de se faire une idée de la proportion des naissances issues de familles d’immigration extra-européenne (39 % en 2016, 75 % en Île-de-France). Il a, tout simplement, été décidé de mettre fin à ce dénombrement, en fermant les portes de l’agence qui en était chargée, pour d’obscures raisons administratives.

    Un autre thermomètre qu’on a préféré casser est celui de l’Indicateur national des violences urbaines (donc centré sur les « quartiers sensibles »), qui, après en avoir dénombré 11 000 en 2005, a vu sa publication aussitôt interrompue. Comme si un chirurgien avait précipitamment recousu l’abdomen de son patient après avoir découvert ce qu’il contenait... Grâce aux compagnies d’assurance, on peut néanmoins se rabattre sur la plus innocente des « incivilités », à savoir le nombre de voitures brûlées chaque année (45 000), en grande majorité dans les mêmes « quartiers populaires »
    ."

    "Après 50 ans de renoncements ou de bricolages, nous en sommes venus à vivre, dans une société multiculturelle, multinationale et tacitement multi-ethnique, où, pour la première fois en mille ans d’histoire de France, le « multi » se réfère à une composante non européenne, comportant en outre une forte minorité, motivée par le primat de la religion sur tout autre considération."

    "On pourrait commencer par ne plus régulariser les illégaux « à l’usure » (3), comme l’habitude en a été prise au bout de 5 ans de présence, soit 20 à 40 000 légalisations annuelles effectuées en catimini.

    D’une manière générale, il n’y a d’ailleurs aucune raison de « récompenser » l’illégalité par l’octroi d’un quelconque avantage ou prestation, Aide Médicale d’État comprise (sauf urgences, bien entendu) (4) : il en va d’ailleurs au moins autant de la cohérence de la politique d’immigration que du respect général de la loi sur le territoire, lequel ne se divise pas.
    "

    "Dans le but de réduire les flux, on peut mettre des conditions à leur composante la plus importante – le regroupement familial –, en testant des procédures de plafonnement par listes d’attente étalées dans le temps (5) et par l’allongement du délai à partir duquel cette faveur peut être accordée (10 ans ?) (6). Car il s’agit bien d’une faveur, dès lors que, en supposant acquis son principe, il n’y a aucune raison pour qu’il ne puisse s’effectuer qu’en France."

    "Le fait que l’immigration illégale arrive moins par la mer et les montagnes qu’elle ne s’installe par extension indue de séjours légaux –, il conviendrait de restreindre les visas touristiques accordés aux ressortissants de pays à risque (Cool (dont aucun ne figure parmi les dix plus gros générateurs de recettes touristiques)."

    "Pour inciter à quitter le territoire ceux qui n’ont pas vocation à y rester, il serait loisible de ne pas renouveler systématiquement à expiration les 4 millions de titres de séjour en cours de validité, par une décision souveraine d’une simplicité biblique, que personne n’évoque jamais (12). L’application de ce type de mesure serait sans doute facilitée par le retard à l’allumage imposé au regroupement familial, que je viens d’évoquer.

    Au premier rang de ces refus de prolongations figureraient ceux des étrangers ayant eu maille à partir avec la justice et même l’administration en général (13), les plus graves de ces infractions étant sanctionnées d’une expulsion, soit le retour de la fameuse « double peine », que la novlangue a transformé en pratique honteuse, alors qu’elle me paraît – comme à 84 % des Français (IFOP, 2015) – chose la plus naturelle (14).

    Un goulot d’étranglement à l’application de ces réformes tient évidemment aux réticences des pays de départ à récupérer leurs nationaux immigrés illégaux, en leur délivrant des laissez-passer : je pense qu’un des leviers pour les y inciter plus fortement serait de pratiquer un rationnement des visas à l’égard de ces pays, mais plus particulièrement vis-à-vis des élites et de leur progéniture, afin qu’elles mesurent mieux le prix que nous attachons à cet enjeu, avant de rejoindre leurs appartements parisiens
    ."

    "Au nom d’une « laïcité » active et d’une vision large de l’ordre public, on peut se fixer des objectifs très divers : ne plus autoriser le foulard à l’université, tout en l’interdisant aux mineurs (17), prohiber le financement étranger des lieux de culte et les prêches en langues autres que le français."

    "Tout comme il est urgent de mettre un terme définitif à l’absurdité scandaleuse des ELCO (enseignement des langues et cultures d’origine), même transformés en section internationales (au niveau du CE1 !), qui consiste, pour des descendants d’immigrés, entre autres Maghrébins, à apprendre la langue et les cultures de leurs parents, alors même qu’ils ne maîtrisent pas le français et ignorent tout de la culture française. Il serait cohérent de cesser les subventions publiques aux associations qui enseignent les langues d’origine."

    "Il n’y a aucune raison valable pour faire du droit du sol un marqueur de la République, encore moins de la tradition française (car si on invoque celle-ci dans un domaine, pourquoi pas dans d’autres ? ) : en fait, si je comprends bien, ledit droit du sol a été introduit au XIXème siècle pour piéger les descendants d’étrangers résidents qui fuyaient la conscription. Il n’y a donc aucune justification métaphysique à le conserver en tant que tel (23). 56 % des Français partagent ce sentiment (IFOP, 2017)."

    "L’acquisition de la nationalité française par une personne étrangère n’est ni un droit, ni un dû. Elle doit, en toute hypothèse, être le résultat d’un acte volontaire d’adhésion, en forme de serment d’allégeance (24), condition nécessaire, éventuellement suivie d’une période probatoire, assortie de conditions suffisantes, tel un niveau de connaissance élevé de la langue et au moins élémentaire de l’Histoire de France (25). 82 % des Français souhaitent ce renforcement des critères d’obtention de la nationalité. Fort de cette approbation, on pourrait faire passer le nombre de nouveaux Français de 100 000 à 20 000 par an.

    Dans le même esprit, il n’y aurait aucun inconvénient à retarder jusqu’à 10 ans la possibilité de devenir Français par mariage (26). Et, si l’on n’a vraiment plus peur de rien, on peut aller jusqu’à envisager la suppression de la double nationalité hors UE et, ce faisant, amener ceux qui la possèdent à faire un choix
    ."
    -Pierre Brochand, "Pour une véritable politique de l’immigration",  Intervention de l'ambassadeur de France, ancien directeur général de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) de 2002 à 2008, lors du séminaire "Immigration et intégration - Table ronde autour de Pierre Brochand" du mardi 2 juillet 2019: https://www.fondation-res-publica.org/Pour-une-veritable-politique-de-l-immigration_a1227.html



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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