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    Jean-Pierre Rioux, « Charles Péguy, patriote de 1914 »

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Jean-Pierre Rioux, « Charles Péguy, patriote de 1914 » Empty Jean-Pierre Rioux, « Charles Péguy, patriote de 1914 »

    Message par Johnathan R. Razorback le Dim 20 Sep - 10:36



    "Au matin du départ, son amie Geneviève Favre a noté : « Je l’ai vu s’éloigner soulevé d’enthousiasme et du bonheur d’être le soldat de la République de France. » Puis : « Péguy, d’une voix lente, mettant en chaque mot un accent solennel, me dit : “Grande amie, je pars soldat de la République, pour le désarmement général, pour la dernière des guerres”. »."

    "Deux autres figures quasi paternelles ont complété son éducation patriotique au faubourg Bourgogne. Louis Boitier d’abord, le forgeron autodidacte, libre-penseur et républicain à l’antique, le premier qui lui « ait mis Hugo entre les mains », qui s’était battu lui aussi et racontait à l’enfant la campagne de l’armée de Chanzy et l’entrée des Prussiens dans Orléans. Monsieur Naudy ensuite, le directeur de l’école normale des instituteurs du Loiret qui a accueilli Charles à sept ans et l’a poussé aux « études » via l’école primaire des « hussards noirs », qui a brossé pour ce bon élève la fresque de la patrie, l’a installé enfant dans un nationalisme « sincère » et « honnête », né de la Révolution mais « foncier » puisqu’il prolongeait celui de « l’ancienne France » et préparait à laver l’outrage et sauver une fois encore « l’âme » nationale. L’élève Péguy et ses petits camarades avaient dès lors vocation à servir militairement une patrie révolutionnaire et messianique, celle qui défend le sol natal, apporte la liberté aux opprimés et prolonge de bataille en bataille « la République de nos pères »."

    "Ce patriote d’héritage n’est pas dissociable de ses engagements de jeune révolutionnaire dès 1894 rue d’Ulm, l’année même où le capitaine Dreyfus est condamné. Dans un article intitulé « Service militaire » publié en 1899 dans La Revue blanche, Péguy a tenu à mettre en exergue à ses engagements un internationalisme de garantie des « âmes nationales ». « Oui, écrit-il, nous attaquons toute armée en ce qu’elle est un instrument de guerre offensive, c’est-à-dire un outil de violence collective injuste ; et nous attaquons particulièrement l’armée française en ce qu’elle est un instrument de guerre offensive en Algérie, en Tunisie, en Tonkin, en Soudan et en Madagascar […] justement parce que, étant internationalistes, nous sommes encore français, parce que dans l’Internationale nous sommes vraiment la nation française ; il n’y a même que nous qui soyons bien Français : les nationalistes le sont mal. »."

    "Conclusion, à la veille de 1914, d’un Péguy revenu sur l’entrefaite à la foi chrétienne et plein de l’évangélique : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais la guerre. » « Non seulement la justice mais la charité même est pleine de guerre. […] Tel est précisément le sort temporel. Tel est le sort de l’homme et du monde. […] Il y a dans la Déclaration des droits de l’homme […] de quoi faire la guerre à tout le monde pendant la durée de tout le monde. » Le fond de sa pensée ? « Avoir la paix, le grand mot de toutes les lâchetés civiques et intellectuelles. Tant que le présent est présent, tant que la vie est vivante, tant que la liberté est libre elle est bien embêtante, elle fait la guerre. »."
    -Jean-Pierre Rioux, « Charles Péguy, patriote de 1914 », Inflexions, 2014/2 (N° 26), p. 43-54. DOI : 10.3917/infle.026.0043. URL : https://www.cairn-int.info/revue-inflexions-2014-2-page-43.htm



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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