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    Denis Woronoff, Histoire de l'industrie en France, du XVIe siècle à nos jours

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Denis Woronoff, Histoire de l'industrie en France, du XVIe siècle à nos jours Empty Denis Woronoff, Histoire de l'industrie en France, du XVIe siècle à nos jours

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 19 Oct - 17:53

    "La France n'aime pas son industrie, déplorait Georges Pompidou. Formule excessive, destinée à donner l'alarme. Il y eut plutôt, selon les époques et les groupes sociaux, fascination, détestation, ignorance. La civilisation agraire, qui a si longtemps fourni l'essentiel de l'emploi, façonné les paysages, déterminé les valeurs, a maintenu le travail manufacturier, au sens large, dans un rôle subordonné. Par ailleurs, la culture des élites n'a jamais été accueillante à l'industrie, même si elle la reconnaissait comme une activité nécessaire. Elle lui a refusé durablement une légitimité plénière, malgré une admiration épisodique pour ses réalisations. On dérogeait toujours un peu à se mêler de marchandise. Parallèlement, l'opinion s'est vite persuadée que les produits nationaux ne supportaient pas la comparaison, en quantité et en qualité, avec l'étranger. [...] Après la "fin des paysans", tardivement intervenue, voici que s'annoncerait déjà la "société postindustrielle", comme si la France sortait d'un monde sans y être vraiment entrée. [...] A mesure qu'elle se retire de régions entières, l'activité fabricante bascule dans la mémoire. Les friches industrielles s'installent, puis s'effacent au profit d'autres occupations." (p.7)

    "Que peut l'histoire ? Certainement pas donner des recettes ni des leçons, mais restituer des traces, rétablir des perspectives. Rappeler, par exemple, que la France a été, de longue date, l'une des principales puissances industrielles, et le demeure. Expliquer que l'industrie, avant d'être un secteur, a été une qualité, et l'est restée. "Dextérité, invention, adresse", lit-on dans le Dictionnaire de Trévoux (1743), et l'Encyclopédie de Diderot caractérise l'industrie à la fois par le "simple travail des mains" et par les "inventions de l'esprit en machines utiles aux arts et métiers". Il faut dire que l'esprit d'initiative et d'entreprise est associé à la notion même d'industrie, et qu'elle ne se conçoit que dans la dynamique." (pp.7-8 )

    "[En 1852] Cinq départements emploient 52% du total des machines à vapeur. Ce sont dans l'ordre le Nord, la Seine, la Seine-Inférieure, le Rhône, la Loire, qui sont suivis de quatre départements charbonniers. [...]
    Sous la Restauration, les machines viennent d'Angleterre ou de Belgique. Mais, à partir de 1841, les premiers constructeurs français résistent bien à la concurrence étrangère, en dépit de l'allègement des droits. Avec des firmes appelées à devenir célèbres -Derosnes et Cail, Farcot, Calla à Paris, Koechlin à Mulhouse-, un nouveau métier, la construction de machines, voit le jour [...] La sidérurgie lourde y trouve également un débouché pour ses tôles.
    " (p.211)
    -Denis Woronoff, Histoire de l'industrie en France, du XVIe siècle à nos jours, Seuil, 1998, 681 pages.



    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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