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    Maurice Agulhon, Esquisse pour une archéologie de la République. L'allégorie civique féminine + 1830 dans l'histoire du XIXème siècle français

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Maurice Agulhon, Esquisse pour une archéologie de la République. L'allégorie civique féminine + 1830 dans l'histoire du XIXème siècle français Empty Maurice Agulhon, Esquisse pour une archéologie de la République. L'allégorie civique féminine + 1830 dans l'histoire du XIXème siècle français

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 20 Oct - 14:02

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Agulhon

    https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1973_num_28_1_293328

    https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1980_num_10_28_5340

    "La Révolution de la Liberté a inauguré le régime qui eut le premier à subir l'assaut de la lutte populaire naissante ; de là vint que les forces de l'ordre ont beaucoup plus souvent tiré sur le peuple sous Louis-Philippe que sous Charles X. Le bourgeois vainqueur de 1830 s'est révélé égoïste, dur et avide, et le blâme que la sensibilité populiste contemporaine lui décerne rejaillit u peu sur le régime et la Révolution qui passent pour être les siens. [...]
    Cette vision des choses a enfin reçu le renfort de l'interprétation sociologique de David Pinkney, bien que les prémisses idéologiques de ce dernier fussent probablement différentes [de celles de Jean-Louis Bory]. De ce travail si remarquable, et si neuf en beaucoup de ses parties, le public retient surtout la comparaison finale entre les personnels dirigeants d'avant et après 1830 [...] d'où la conclusion-choc: une révolution de chasseurs de places.
    " (pp.16-17)

    "Le serment de fidélité dû par le Roi et ses successeurs à la Charte constitutionnelle ne sera plus prête "dans la solennité de leur sacre" (Charte de 1814, article 74) mais "en présence des chambres réunies" (Charte révisée, article 65). C'est la désacralisation au sens le plus précis du mot: une cérémonie toute humaine et sociale remplace la consécration par un Dieu et par un clergé que tous les citoyens ne reconnaissaient pas.

    L'histoire du Panthéon, que 1830 enlève une seconde fois (après 1790) au culte catholique pour l'affecter au culte civique des grands hommes, réunit de façon hautement significative ces deux premiers aspects de la liberté, l'hommage à 89 et la laïcisation de l'Etat.
    " (pp.18-19)

    "C'est une loi du 8 février 1831 qui fit bénéficier le culte israélite du budget des cultes, le mettant ainsi juridiquement à parité avec le catholique et le réformé.

    Pourquoi ce bilan libéral est-il si sous-estimé de nos jours ? La raison la plus évidente est que, sur deux points politiquement importants, il y eut bientôt retour en arrière, avec la loi de 1834 sur le contrôle des associations, et avec les lois de septembre 1835 sur la presse
    ." (p.20)

    "Mais lorsque tout change dans l'Etat, depuis les principes et les symboles jusqu'aux agents du gouvernement dans leur totalité (tous les préfets, par exemple), lorsque ceux qui étaient ministres vont en prison et que ceux qui étaient en prison, ou menacés d'y être mis, vont au gouvernement, comment rejeter le terme de révolution [...] ?" (p.22)

    "2000 grands propriétaires terrains électeurs pèseront moins dans un corps électoral de 200 000, sans double vote, qu'ils ne pesaient dans un corps de 100 000, avec double vote aux plus riches.

    [...] Le peuple dans sa masse ne peut voter parce que, très massivement pauvre, il serait trop facilement dépendant de qui peut acheter son suffrage, et parce que, très massivement ignorant, il serait trop facilement entraîné par les autorités dotées d'une influence séculaire, religieuses principalement. Le bourgeois de 1830 est en cela l'héritier direct des constituants de 1789 qui ont inventé le principe du "citoyen actif - citoyen passif". Exclure le pauvre du vote, c'est encore une façon indirecte d'en écarter le "féodal" et le prêtre, dont les pauvres subornés multiplieraient abusivement la puissance.
    " (p.23)

    "La Révolution de 1848 ne s'est pas tant faite contre l'idéologie de 1830 que contre la pratique du Guizot des années 40 [qui refusait l'abaissement du cens]. Cela nous aide peut-être à comprendre le prestige considérable [...] dont la Révolution de Juillet 1830 a joui au cours de la Révolution de 1848." (p.24)

    "Avant 1830, il existe des ouvriers, et même organisés, et même des grèves, mais ils ignorent le socialisme ; il y a aussi des penseurs que l'on peut déjà dire socialistes (les saint-simoniens, par exemple), mais ils sont tous bourgeois. C'est à partir de 1830 que s'opéreront les premières conjonctions et que l'on pourra rencontrer les premiers ouvriers socialistes." (p.26)
    -Maurice Agulhon, "1830 dans l'histoire du XIXème siècle français", Romantisme, Année 1980, 28-29, pp. 15-27.




    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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