L'Académie nouvelle

Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
L'Académie nouvelle

Forum d'archivage politique et scientifique

Le Deal du moment : -36%
PLAYMOBIL 5167 – La Maison Transportable
Voir le deal
33.93 €

    Compromis gaullo-communiste

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
    Admin

    Messages : 7445
    Date d'inscription : 12/08/2013
    Localisation : France

    Compromis gaullo-communiste Empty Compromis gaullo-communiste

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 2 Nov - 16:30

    "compromis gaullo-communiste" => usage par le blogueur Descartes, 2011: http://descartes.over-blog.fr/article-melenchon-presidons-70485539.html

    36 références de "gaullo-communiste" sur Cairn au 2 novembre 2020, dont articles de Raymond Aron (Explication sommaire de l’absurde) de Marcel Gauchet et Régis Debray, Olivier Wieviorka, Michaël Fœssel,

    gaullo-communisme (16 résultat), dont Pierre Nora (Le Débat, 1990).

    https://data.bnf.fr/fr/15456732/georges_virebeau/

    http://www.chire.fr/A-169030-n-109-avril-1966-de-gaulle-et-le-communisme.aspx

    "« En France, un facteur idéologique fausse la question européenne», juge Cohn-Bendit, qui évoque la permanence d'une «République gaullo-communiste». « L'idée de l'Europe qui va ressembler à la France, cela ne marche pas, affirme-t-il. La souveraineté partagée veut dire qu'on emprunte aux autres ce qu'il y a de mieux et l'obligation d'avancer ensemble. »." -Daniel Cohn-Bendit, "« Une République gaullo-communiste. »" Entretien avec Hervé Nathan, 16 mai 2005: https://www.liberation.fr/france/2005/05/16/une-republique-gaullo-communiste_519870

    "Le “petit père des peuples” renonce à instaurer un régime communiste en France, mais en contrepartie le pouvoir gaulliste accepte que le PCF déploie son programme dans le pays tout juste libéré. L’année suivante, de Gaulle forme un gouvernement avec cinq ministres communistes parmi lesquels Maurice Thorez. Au passage, Léon Blum fait savoir au Général qu’en 1936, même le Front populaire n’était pas allé si loin…

    De Gaulle nationalise les compagnies minières privées du Nord et du Pas-de-Calais, la Banque de France et les quatre plus grandes banques françaises, le gaz et l’électricité ainsi que les onze plus importantes compagnies d’assurances. Sous l’impulsion de Maurice Thorez, qui sera vice-président du Conseil jusqu’en mai 1947, sont créés la Caisse d’allocations familiales, les comités d’entreprise, la médecine du travail ou encore la retraite par répartition (déjà mise en place sous le gouvernement de Vichy par l’ancien dirigeant de la CGT René Belin), dont la gestion nous coûte aujourd’hui environ 30 % de plus que celle d’un système par capitalisation. C’est également Maurice Thorez qui est à l’origine du premier statut de la fonction publique qui accorde aux fonctionnaires l’emploi à vie et un système de retraite ultra-avantageux…"
    -Eric Brunet, "Fillon doit dynamiter le programme du CNR…", Valeurs actuelles, 21 décembre 2016: https://www.valeursactuelles.com/politique/fillon-doit-dynamiter-le-programme-du-cnr-54407

    "Nous craignons de remettre en cause l'échafaudage gaullien. Nous refusons de réformer franchement notre pays, de peur de choquer les Français en touchant aux « acquis sociaux » qui fondent l'État providence : la retraite par répartition, la sécu, etc. Cette peur a un nom : la lâcheté politique. Car ces réformes, les Allemands, les Britanniques les ont faites. Et l'Histoire leur a donné raison."

    "Depuis bientôt 75 ans, le compromis gaullo-communiste est intouchable. Il n'a jamais été attaqué. Tout juste relifté. La droite gaulliste le protège comme un totem. La gauche aussi. C'est l'alibi idéal pour éviter de réformer le pays. [...] En 2016, le gaullo-communisme, c'est la surpuissance des syndicats, le paritarisme et les milliards engloutis dans la formation, l'énarchie, l'interventionnisme public, l'État providence, les 22 % de fonctionnaires (la moyenne européenne se situe vers 15 %)."
    -Eric Brunet, "Éric Brunet déboulonne la statue du général de Gaulle", Le Point, 10/11/2016: https://www.lepoint.fr/debats/eric-brunet-deboulonne-la-statue-du-general-de-gaulle-10-11-2016-2082129_2.php?google_editors_picks=true

    "Le 2 mai [2005], dans le cadre de la même campagne, le journal L’Humanité publiait l’appel à voter « non » de 33 résistants et déportés qui estimaient que le traité allait à l’encontre des valeurs du Conseil national de la Résistance. Il faisait étrangement écho à un autre appel prononcé en 1954, dans les mêmes termes et dans le même journal, par la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (fondée par le PCF) s’insurgeant contre la CED. Dans Le Figaro du 4 décembre 1991 enfin, le gaulliste Léo Hamon opposait « vraies nations et fausse Europe », reprenant dans sa diatribe contre le projet d’Union européenne négocié à Maastricht, les termes qu’il utilisait contre celui de Communauté politique européenne (CPE) 38 ans auparavant."
    -Bernard Bruneteau, « La mémoire de l'anti-européisme, des années 1950 à 2005 », Les cahiers Irice, 2009/2 (n°4), p. 147-156. DOI : 10.3917/lci.004.0147. URL : https://www.cairn-int.info/revue-les-cahiers-irice-2009-2-page-147.htm

    "Le gaullo-communisme est de retour, et il n’est pas content. C’est probablement ainsi que certains membres des élites du pouvoir les plus idéologisés vivent la crise des ronds-points.

    Le courant politique, dont on devra un jour dire une bonne fois pour toutes s'il fut fantasmé ou réel, revient effectivement frapper à la porte de celles et de ceux qui pensaient l’avoir enterré définitivement, avec la liquidation du gaullisme politique et l’effondrement du communisme."

    "[Brunet] conclut son article [à la Revue des Deux Mondes] –évidemment plus qu’hostile– par cette sentence: « En ne dynamitant pas le logiciel gaullo-communiste, en n’imposant pas à la France le logiciel naturel de toutes les droites européennes, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont laissé la gauche transformer le pays en une grande nurserie administrée"."

    "On retrouve au bout de sa logique une véritable croisade contre le gaullo-communisme ou l’héritage du Conseil national de la Résistance engagée par quelques personnalités de la droite classique française, au premier rang desquelles figure Édouard Balladur, tête pensante du RPR des années 1980 et Premier ministre de 1993 à 1995.

    Dans Le pouvoir ne se partage pas, ce dernier écrit que l’enjeu est de combattre «les effets ravageurs d’un catéchisme appliqué durant un demi-siècle, composé d’alluvions divers: Front populaire, économie de guerre, idéologie du Conseil national de la Résistance, domination intellectuelle de la gauche »."

    "Charles Pasqua, jeune gaulliste, futur droitier réputé du RPR, adhère à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance, qui se proclame « socialiste »."

    "Cette alliance gaullo-communiste semble lier PCF et Rassemblement du peuple français / Républicains sociaux / Union pour la nouvelle République (etc.) par une forme de pacte tacite, dont les conversations entre le jeune secrétaire d’État Chirac et le déjà rodé responsable de la CGT Henri Krasucki en mai 1968 seront le point d’orgue."
    -Gaël Brustier, "« Gilets jaunes »: le gaullo-communisme contre-attaque ?", Slate, 23 janvier 2019: http://www.slate.fr/story/172323/politique-histoire-gaullo-communisme-gilets-jaunes-ideologie




    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


      La date/heure actuelle est Mer 25 Nov - 6:08