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    Bernard Bruneteau, « La mémoire de l'anti-européisme, des années 1950 à 2005 »

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Bernard Bruneteau, « La mémoire de l'anti-européisme, des années 1950 à 2005 » Empty Bernard Bruneteau, « La mémoire de l'anti-européisme, des années 1950 à 2005 »

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 2 Nov - 18:26

    « clivage fondateur mémorisé ».

    "Années 2000, le mensuel Bastille République Nation. Ce dernier, fondé par un ancien journaliste de L’Humanité, Pierre Lévy, critique à l’égard de la mutation européenne du PCF opérée sous Robert Hue, se veut « progressiste radicalement eurocritique » en faisant appel aux collaborations les plus diverses : gaullistes (les députés européens William Abitbold et Paul-Marie Coûteaux, le vice-président de l’Académie du gaullisme, François Lardeau), socialistes du Mouvement des citoyens, syndicalistes CGT, royalistes (Bertrand Renouvin, directeur politique de Royaliste, auteur du Krach de l’euro), représentants d’organisations eurocritiques (Comité Valmy pour une Europe des peuples et nations souveraines, Alliance pour la souveraineté de la France), membres de l’équipe du Monde diplomatique, universitaires sympathisants (Édouard Husson, Jean-Paul Bled, Yvonne Bollman, Michel Vovelle, Jacques Sapir)."

    "L’Année politique et économique, la revue eurocritique qui, sous la direction du professeur de droit Bernard Lavergne, a eu une dimension fédératrice de plusieurs sensibilités (gauche coopérativiste, gaullisme, démocratie-chrétienne) inclinant à une posture « national-républicaine ». À côté de Bernard Lavergne qui livre l’essentiel des articles « européens » (32 entre 1950 et 1957), on remarque ainsi les signatures de Michel Debré, Léo Hamon, René Capitant, Joseph Hours, Jacques Gascuel, Henri Laporte…

    Dans les années 1950, l’identification des transformations négatives que la France subirait avec l’Europe se fait à partir d’un triple refus :

    Le refus de la libéralisation des échanges
    17Du plan Schuman au projet de Marché commun, il s’agit de dénoncer « la concurrence la plus totale et la plus impitoyable », celle qui fait revenir « aux jours anciens où régnait le principe du laissez-faire laissez-passer » et « la très vieille idée du libre-échange ». Dans le Marché commun fondé sur la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes, l’État national est donc voué à n’être qu’une fiction. L’idéologie concurrentielle imposée par la Haute Autorité ou les Commissions de 1957 dépossède en effet l’État de ses pouvoirs d’intervention. Le choix d’une stratégie économique conduit à une unité factice car les intérêts économiques divisent au sein d’une Europe des Six où n’existe pas de sentiment européen apte à sublimer, comme peut le faire le sentiment national dans le cadre de l’État, les désagréments et les souffrances d’une mise en concurrence. [...]

    En bref, « le fédéralisme n’a fait que revêtir de ce mot magique le pangermanisme » et l’Europe unie n’est qu’un « nouveau Munich ». L’Europe se fait enfin au bénéfice de son modèle politique : le fédéralisme d’essence catholique inspiré de Goerres et Schlegel, l’Empire, la nation romantique. L’Europe de 1952 est un « avatar imprévu de ce que fut le Saint-Empire. Il s’agit aussi de briser les États-nations au profit de ces organismes intermédiaires : corporations, communes, collectivités locales en tous genres »."

    "L’Europe intégrée, c’est enfin la dépossession du pouvoir national de la décision politique et le blanc-seing donné à un homme (Monnet) et son équipe de technocrates, à tous les « compétents ».

    Une opposition structurante se constitue entre un État souverain investi par le suffrage populaire depuis 1789 et une Europe intégrée dont la supranationalité apparaît comme une rémanence de l’Ancien Régime."
    -Bernard Bruneteau, « La mémoire de l'anti-européisme, des années 1950 à 2005 », Les cahiers Irice, 2009/2 (n°4), p. 147-156. DOI : 10.3917/lci.004.0147. URL : https://www.cairn-int.info/revue-les-cahiers-irice-2009-2-page-147.htm




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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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