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    Syndrome d’Hubris

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Syndrome d’Hubris Empty Syndrome d’Hubris

    Message par Johnathan R. Razorback le Sam 21 Nov - 13:46

    https://www.researchgate.net/publication/277712081_Le_syndrome_d'hubris_la_maladie_du_pouvoir/link/5570da9e08aef8e8dc632b2a/download

    https://aphadolie.com/2020/10/21/syndrome-dhubris-exces-de-pouvoir-et-corruption-morale/

    Perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir… Ce seraient quelque uns des symptômes d’une maladie mentale liée à l’exercice du pouvoir, le syndrome d’hubris.

    Le syndrome d’Hubris a été décrit par l’ex-politique David Owen et le psychiatre Jonathan Davidson comme une image dérivée de l’excès de pouvoir de certains politiciens. Voyons ensemble de quoi il s’agit.

    Le syndrome d’Hubris fait référence aux personnes qui connaissent un changement de personnalité lorsqu’elles occupent des postes de direction. Il peut se produire dans le monde des affaires, de la politique ou dans tout autre domaine.

    Ce syndrome décrit comment les personnes au pouvoir font preuve d’une fierté extrême, d’une confiance excessive et d’un mépris total pour les autres. Ces traits de caractère conduisent à un comportement impulsif et souvent destructeur.

    D’un point de vue neuroscientifique, rien ne prouve qu’il puisse y avoir un changement physiologique chez ces personnes. Cependant, la psychiatrie et la psychologie s’occupent toutes deux de cette question.



    Il ne doit pas être considéré comme un trouble en soi ou comme un sous-type de trouble de la personnalité narcissique. C’est une condition ou un syndrome qui dérive d’un pouvoir excessif. Et qui n’a pas le même développement qu’un trouble de la personnalité.





    Le syndrome d’hubris : l’excès de pouvoir

    Le terme hubris ou hybris (ὕβρις, hýbris) est un concept grec qui signifie “disproportion”. C’est le contraire de la sobriété, de la modération. La personnalité hubristique était un homme d’une fierté excessive, qui traitait les autres avec insolence et mépris. L’individu semblait tirer du plaisir à utiliser son pouvoir de cette manière. Un tel comportement déshonorant était fortement condamné dans la Grèce antique.



    La recherche sur ce phénomène a été rendue plus sérieuse et plus académique par David Owen. Il était ministre dans le gouvernement britannique travailliste de James Callaghan et du psychiatre Jonathan Davidson.



    Pour Owen, le syndrome d’hubris est souvent considéré comme une extension naturelle, ou du moins pas inattendue, de la confiance et de l’ambition requises de quiconque cherche à obtenir le pouvoir. Si beaucoup peuvent considérer l’arrogance comme un aspect malheureux du leadership, ils pensent également qu’un certain degré d’arrogance est le prix à payer pour un grand leadership.



    Le pouvoir est une drogue intoxicante, que tous les dirigeants n’auraient pas le caractère invétéré nécessaire pour contrecarrer. Pour ce faire, il faut une combinaison de bon sens, d’humour, de décence, de scepticisme et même de cynisme qui traite le pouvoir pour ce qu’il est : une occasion privilégiée d’influencer et parfois de déterminer la tournure des événements.



    Owen décrit spécifiquement le syndrome d’Hubris comme un trouble de la personnalité unique et acquis qui ne se développe qu’après qu’un dirigeant ait occupé le pouvoir pendant un certain temps. En outre, elle n’est applicable que s’il n’y a pas d’antécédents de maladie psychiatrique.





    Symptômes du syndrome d’hubris

    Voici les 14 symptômes du syndrome d’hubris identifiés par David Owen :



    1 – Inclination narcissique à voir le monde comme une arène où exercer son pouvoir et rechercher la gloire.



    2 – Prédisposition à engager des actions susceptibles de présenter l’individu sous un jour favorable, c’est-à-dire pour embellir son image.



    3 – Attrait démesuré pour l’image et l’apparence.



    4 – Façon messianique d’évoquer les affaires courantes et tendance à l’exaltation.



    5 – Identification avec la nation ou l’organisation, au point que l’individu pense que son point de vue et ses intérêts sont identiques à ceux de la nation ou de l’organisation.



    6 – Tendance à parler de soi à la troisième personne ou à utiliser le « nous » royal.



    7 – Confiance excessive en son propre jugement et mépris pour les critiques et les conseils d’autrui.



    8 – Impression d’omnipotence sur ce que l’individu est personnellement capable d’accomplir.



    9 – Croyance, qu’au lieu d’être responsable devant ses collègues ou l’opinion publique, le seul tribunal auquel il devra répondre sera celui de l’histoire.



    10 – Croyance inébranlable que le jugement de ce tribunal lui sera favorable.



    11 – Perte de contact avec la réalité, souvent associée à un isolement progressif.



    12 – Agitation, imprudence et impulsivité.



    13 – Tendance à accorder de l’importance à leur« vision », à leur choix, ce qui leur évite de prendre en considération les aspects pratiques ou d’évaluer les coûts et les conséquences.



    14 – Incompétence « hubristique », lorsque les choses tournent mal parce qu’une confiance en soi excessive a conduit le leader à négliger les rouages habituels de la politique et du droit.





    En étudiant ces symptômes, Owen et Davidson ont constaté le chevauchement avec d’autres troubles de la personnalité. Ce syndrome se chevauchait surtout avec le trouble de la personnalité narcissique.



    Sept des 14 symptômes sont également des symptômes du trouble de la personnalité narcissique et 2 symptômes sont le trouble de la personnalité antisociale et le trouble de la personnalité histrionique.





    Profils de dirigeants célèbres

    Owen et Davidson ont étudié les profils psychologiques des premiers ministres britanniques et des présidents américains au pouvoir au cours des 100 dernières années. Le but était de trouver des exemples de traits d’hubrisme.

    Ils ont trouvé sept présidents américains qui affichaient des traits d’arrogance caractéristiques : les deux Roosevelt, Woodrow Wilson, John Kennedy, Lyndon Johnson, Richard Nixon et George W. Bush. Cependant, le seul de ces présidents qu’ils ont identifié avait le syndrome d’hubris plus clairement dans son esprit était Bush.

    Parmi les premiers ministres du Royaume-Uni ont été analysés : Herbert Asquith, David Lloyd George, Neville Chamberlain, Winston Churchill, Anthony Eden, Margaret Thatcher et Tony Blair. Tous ont montré des signes de fierté excessive. Or, seuls Lloyd George, Chamberlain, Thatcher et Blair ont manifesté le syndrome d’hubris complet.

    Les politiciens ne sont pas les seuls

    Les premiers ministres et les présidents sont des sources d’étude pratiques en raison des nombreuses informations biographiques disponibles. Cependant, le syndrome d’hubris est lié au pouvoir. Toute personne en position de pouvoir, comme les PDG d’entreprise, peut donc souffrir de ce syndrome.

    Le grand Bertrand Russell a déjà saisi le phénomène selon lequel quelque chose arrivait à la stabilité mentale d’une personne lorsqu’elle était au pouvoir. Il a décrit le lien de cause à effet entre le pouvoir et les comportements aberrants comme « l’ivresse du pouvoir ».

    Cela nous amène donc à penser qu’il y a des gens au comportement honnête qui, face à l’accumulation du pouvoir au fil des ans, deviennent corrompus. C’est pourquoi, dans toute société développée, tout signe de despotisme doit être contrôlé par un système social et politique qui délimite le pouvoir qui revient à une seule personne.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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