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    Vincent Duclert, Jaurès et de Gaulle : de l'étude à l'action

    Johnathan R. Razorback
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    Vincent Duclert, Jaurès et de Gaulle : de l'étude à l'action Empty Vincent Duclert, Jaurès et de Gaulle : de l'étude à l'action

    Message par Johnathan R. Razorback le Lun 7 Déc - 14:55

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Duclert

    https://www.cairn.info/revue-cahiers-jaures-2013-1-page-115.htm

    "De Gaulle reconnut en Jaurès un précurseur de la pensée critique en matière militaire. Peu importe au demeurant que leurs thèses fussent opposées. Comme lui, Jaurès était un intellectuel aux prises avec les orthodoxies de son temps et décidé à les affronter. Cette reconnaissance des qualités de Jaurès par de Gaulle supposait que le second ait lu L’Armée nouvelle, apprécié et compris le parcours difficile de son auteur au milieu des périls de l’avant-guerre, quand la France basculait dans le militarisme et le nationalisme sans se donner pour autant les moyens de vaincre l’Allemagne, égarée qu’elle était par la chimère d’une victoire facile.

    7L’Armée nouvelle est au cœur de l’orthodoxie de la gauche en matière militaire. Lors du débat parlementaire du 15 mars 1935 déclenché par les socialistes qui interpellent le gouvernement à propos d’un éventuel rétablissement du service militaire à deux ans, Léon Blum fait sienne la logique défensive d’une « ligne organisée, continue et infranchissable de barrages de mitrailleuses », contre celle de la cavalerie blindée qui relancerait « un duel analogue à celui auquel nous avons assisté entre la cuirasse et le canon d’artillerie ». Il en appelle à la puissance de l’armée populaire, à « une levée en masse, ce que notre vieux maître Vaillant appelait l’armement général du peuple », tandis que Maurice Thorez est plus explicite encore et cite Jaurès : « Contre l’invasion massive, préparer la résistance massive [5]
    [5]
    Journal officiel, Débats parlementaires, Chambre des députés,… ». « Élevées au niveau d’un dogme, les théories de L’Armée nouvelle n’ont-elles pas conduit au dogmatisme ? [6]
    [6]
    A. Levy, art. cité, p. 165. », s’interroge Alain Levy. Toujours est-il que l’œuvre de Jaurès et son héritage moral sont brandis contre ceux qui, hors de la gauche ou dans les partis qui la composent, aspirent à repenser la doctrine défensive. Ils sont peu nombreux à mener un combat perdu d’avance, à refuser un enfermement qu’ils perçoivent comme dangereux pour la Défense nationale. Trois « députés de gauche » auxquels le général de Gaulle a rendu hommage dans ses Mémoires de guerre « acceptèrent d’entrer en ligne [7]
    [7]
    Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Paris, Plon, 1954, rééd.… » : Philippe Serre, député de la deuxième circonscription de Briey (Meurthe-et-Moselle) ; Marcel Déat, député de la Marne, dont le mémorialiste s’empresse d’ajouter qu’il fut, « après son échec de 1936, attiré dans une voie opposée » ; Léo Lagrange, député socialiste d’Avesnes (Nord). De Gaulle ajoute à cette courte liste « des hommes aussi considérables que M. Paul-Boncour à la Chambre et le président Millerand au Sénat [8]
    [8]
    Ibidem. ». « Très attachés au souvenir de Jaurès [9]
    [9]
    A. Levy, art. cité, p. 173. », tous rejettent la caricature à laquelle s’est réduite L’Armée nouvelle. Élu en 1909 à la Chambre, député du Tarn en 1924, ancien avocat de la partie civile au procès de Raoul Villain, Paul-Boncour quitte en 1931 les rangs de la SFIO à la suite précisément d’un désaccord sur le vote des crédits militaires. Léo Lagrange, en revanche, est « tenu au silence par la discipline du Parti [10]
    [10]
    D’après A. Levy, ibid., p. 174. », tandis que Philippe Serre, qui revendique son indépendance tout en étant soutenu par la SFIO, prend publiquement position en faveur de l’armée de métier : non seulement il l’estime compatible avec l’armée nationale, mais il voit en elle un moyen de la développer.

    "Ce principe de repli sur la tradition a dominé la pensée des dirigeants politiques et militaires durant l’entre-deux-guerres. L’armée française et le haut état-major, auréolés de leur victoire dans la Grande Guerre, ne devaient faire l’objet d’aucune discussion politique ni intellectuelle. Le commandant de Gaulle est témoin de ce déni lorsqu’il est nommé en 1925 au secrétariat général du Conseil supérieur de la Défense nationale : il assiste à l’échec du projet de loi déposé en 1923 par Paul Painlevé et Paul-Boncour, remanié en 1925, et qui propose une « organisation générale de la Nation en temps de guerre ». Par la suite, ses ouvrages et ses prises de position lui font subir personnellement les effets de ces blocages. La publication de L’Armée de métier lui vaut une riposte de Léon Blum qui, dans six articles du Populaire de novembre et décembre 1934, s’oppose à la formation d’un corps professionnel susceptible selon lui d’être utilisé contre des ouvriers grévistes [12]
    [12]
    De Gaulle en cite trois dans ses Mémoires de guerre, op. cit.,…. Il reprend les mêmes arguments à la Chambre dans son interpellation du gouvernement qui provoque le célèbre débat du 15 mars 1935 [13]
    [13]
    Désormais consultable en ligne :…. Ainsi de Gaulle est-il présenté par la gauche comme le détracteur des thèses de Jaurès. Il s’agit de dresser un mur étanche entre « l’armée nouvelle » et « l’armée de métier ». De Gaulle refuse pourtant le rôle qu’on veut lui faire tenir. Dans une lettre à son jeune ami Jean Auburtin, il reconnaît et déplore « la force des choses [14]
    [14]
    « La force des choses nous contraint à réaliser deux divisions… » qui contraint selon lui la France à la médiocrité et à l’inaction. Dans ce contexte, Jaurès constitue pour lui une référence positive voire un modèle. À Paul Reynaud qui a défendu ses thèses lors du débat du 15 mars 1935, et qui lui renouvelle son soutien à la Chambre le 26 janvier 1937, de Gaulle adresse le 14 mai une lettre flatteuse qui invoque l’exemple de Jaurès :

    11

    « L’on connaîtra aussi que vous êtes en notre temps le seul homme d’État de premier plan qui ait le courage, l’intelligence et le sens national assez grands pour prendre à bras le corps le problème militaire dont le destin de la France dépend. Il faudrait remonter à Jaurès pour trouver un autre exemple. Encore Jaurès ne jouait-il, d’un archet superbe, que d’une seule corde »."

    Il est vrai que le heurt est frontal au cours de ce second débat consacré aux questions militaires, qui s’étend du 26 janvier au 2 février 1937. Paul Reynaud, s’illustre dans la bataille en défendant les idées du colonel De Gaulle. Il soutient la création de divisions blindées, le « Corps spécialisé », l’outil adéquat selon lui pour venir en aide aux États liés à la France par les multiples pactes d’assistance [16]
    [16]
    « Les divisions blindées constituaient donc, par excellence,…. Paul Reynaud est soutenu par Philippe Serre, que la SFIO a soutenu dans sa conquête de la circonscription de Wendel en Meurthe-et-Moselle. Le 26 janvier 1937, ce dernier propose que l’armée de métier devienne le « dénominateur commun entre la force allemande et la force française […]. Pourquoi la France ne ferait-elle pas de cette armée l’armée-standard de l’Europe ? ». Philippe Serre s’adresse au gouvernement du Front populaire afin qu’il s’engage dans une véritable politique militaire. Mais Édouard Daladier, à qui Léon Blum a confié tout pouvoir dans l’organisation de la Défense nationale, rejette une réforme qui aboutirait à « couper en deux l’armée nationale ». Le ministre de la Guerre épouse à cet égard la position du haut commandement et ne revendique par un principe d’autorité du pouvoir civil sur le pouvoir militaire [17]
    [17]
    Comme le mentionne dans son témoignage Jean Auburtin, le….

    13Les discours de Paul Reynaud et de Philippe Serre sont jugés par de Gaulle, le premier « magnifique », le second « du point de vue de la gauche […] excellent [18]
    [18]
    C. de Gaulle, lettre à Paul Reynaud, 30 janvier 1937, op. cit.,… ». La reprise du débat parlementaire le 2 février 1937 voit s’opposer le président de la commission de l’armée, Guy La Chambre, soutien du ministre de la Guerre, détracteur du corps de choc prôné par Reynaud, à ce dernier, qui invoque les thèses du colonel de Gaulle sur l’articulation étroite entre les unités spécialisées et l’armée nationale. Philippe Serre intervient à son tour, défendant la nécessité d’un « double bouclier à la patrie : la ligne rigide du béton, puis la ligne souple de l’acier », et concluant sur la « perspective d’unir dans une seule force de défense, l’armée de Louvois et l’armée de Jaurès [19]
    [19]
    Journal officiel, Débats parlementaires, Chambre des députés,… ».

    "Le recours à l’histoire pour ordonner une réalité qui se dérobe à tout entendement humain et fonder des objets de connaissance préalables à l’exercice du devoir associent également les deux œuvres. Jaurès est historien comme de Gaulle l’est aussi. Tous deux pratiquent le récit et l’analyse historiques. Jaurès a consacré de très longs passages aux guerres de la Révolution dans son Histoire socialiste, il est l’auteur d’une histoire de La guerre franco-allemande, L’Armée nouvelle et ses discours d’accompagnement intègrent de nombreux développements historiques. Pour de Gaulle, on rappellera son premier ouvrage, La discorde chez l’ennemi, fruit de très nombreuses lectures de sources allemandes [23]
    [23]
    Voir Jean-Paul Bled, « La discorde chez l’ennemi, un premier…, comme son dernier, destiné une fois encore à tenter de convaincre l’opinion publique et les dirigeants politiques de la nécessité de créer le « Corps spécialisé » : La France et son armée, publié en 1938 par un ami de Jean Auburtin [24]
    [24]
    Il s’agit de Daniel-Rops qui publie l’ouvrage dans la…, se présente lui aussi sous la forme d’une large étude historique qui fait référence à L’Armée nouvelle. Plus encore, de Gaulle fait sienne la conviction jaurésienne que les questions militaires relèvent du domaine politique le plus élevé et exigent la pensée critique la plus ferme, capable de surmonter les dogmes nationaux et les logiques d’institution.

    17Alain Levy a retrouvé le discours par lequel le général de Gaulle a rendu hommage à Jaurès le 25 février 1960 à Carmaux :

    18

    « Quand je parle du passé, je n’aurai garde de manquer d’évoquer le souvenir de Jean Jaurès, l’un des vôtres, le plus illustre peut-être, dont la pensée a marqué si profondément l’esprit français au moment où il le fallait, toujours dans le sens de la générosité, toujours dans le sens de l’élévation, toujours dans le sens de la France. Je le salue, je salue sa mémoire. »
    19Pour Alain Levy, « l’hommage public éclatant rendu à l’élu de Carmaux dépasse les appréciations portées en 1937 dans la lettre adressée à Paul Reynaud. Ce n’est plus le courage, l’intelligence, le sens national de l’auteur de la proposition de loi sur l’organisation de l’armée que de Gaulle salue mais la générosité [25]
    [25]
    A. Levy, art. cité, p. 180. » – dont Malraux avait dit, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, s’adressant « à des compagnons de la Résistance » :

    20

    « Parmi les moments où la générosité pour le monde avait la figure de la France il y en eut un où cette générosité s’appela Jaurès  ».
    Un autre gaulliste et résistant, Léo Hamon, a reconnu le pouvoir de L’Armée nouvelle de demeurer « un modèle pour aujourd’hui ». Dans ses conclusions du colloque de 1991, il voyait dans la dernière œuvre de Jaurès trois acquis majeurs :

    « Le premier est une responsabilité nouvelle que doit assumer le mouvement socialiste du fait même de sa puissance et dans cette responsabilité nouvelle entre incontestablement pour moi la prise en charge de la sécurité, de l’indépendance du destin de la patrie. Le second acquis est le lien qui doit exister entre la force militaire, l’armée – et la nation dans ses idéaux, dans sa force intellectuelle, dans ses croyances morales – ses valeurs et ses structures en somme. Et le troisième acquis – jamais achevé et toujours exemplaire – est précisément l’aptitude à penser une situation nouvelle, l’attention donnée au monde qui bouge, et qui commande une pensée qui ne soit pas immobile. L’oublier et tenir pour intangible une formulation donnée, ce serait, selon l’image même de Jaurès, entretenir la cendre et délaisser la flamme. C’est la flamme de L’Armée nouvelle qui doit, pour nous, 80 ans après, demeurer toujours exemplaire. »"

    "De la même manière que Jaurès s’était entouré, pour concevoir et écrire L’Armée nouvelle, d’une équipe d’officiers républicains et d’intellectuels démocratiques. De Gaulle réunit autour de lui des spécialistes des questions militaires et politiques. Le lieutenant-colonel en retraite Émile Mayer a fait partie des deux équipes, comme son ami Lucien Nachin. Plus connu sous le nom de « colonel Mayer », il entraîne l’officier écrivain vers la pensée de Jaurès dont il a été l’un des interlocuteurs principaux. Il est aussi celui qui convainc De Gaulle, à la fin des années 1930, de ne renoncer ni la République ni à la démocratie.

    Né à Nancy le 8 janvier 1851 dans une famille juive assimilée, d’un père polytechnicien, inspecteur des manufactures de l’État et ancien directeur de la poudrerie d’Angoulême, il suit les cours du lycée Charlemagne à Paris (où il rencontre Joseph Joffre) puis entre lui aussi à Polytechnique (où il rencontre Ferdinand Foch) en 1871. Capitaine à 28 ans, artilleur réputé, il se passionne pour la stratégie et le commandement militaires qu’il analyse dans de nombreux articles. En 1890, il défend la thèse que la guerre moderne deviendra défensive et dépendra des progrès décisifs de l’armement. Cette réflexion sur l’outil militaire déplaît en haut lieu. Sa carrière stagne. Arrive l’affaire Dreyfus. Mayer appartient à cette petite minorité d’officiers modernistes, soucieux de promouvoir une armée à la hauteur de l’enjeu démocratique et qui reconnaissent le capitaine Dreyfus comme l’un des leurs. Dénoncé par la presse nationaliste pour ses articles de la Revue militaire suisse, il est, le 16 mai 1899, au centre d’un vif débat parlementaire à l’issue duquel il est placé en non-activité par retrait d’emploi.

    À la réhabilitation du capitaine Dreyfus en juillet 1906, justice lui est en partie rendue : il est nommé lieutenant-colonel et réintégré dans la réserve. Conservant d’étroites relations amicales avec nombre d’officiers généraux, il obtient la rubrique militaire du quotidien L’Opinion mais échoue, devant les oppositions, à prendre la direction du Centre des hautes études militaires que lui avait promise le futur maréchal Foch. Il participe à l’aventure dreyfusiste en lançant une revue d’avant-garde sur les questions militaires et politiques, L’Armée et la nation. À cette époque, en 1908 précisément, il rencontre le lieutenant Lucien Nachin, enfant de troupe sorti premier de l’école des sous-officiers de Saint-Maixent. Leur amitié devient rapidement des plus étroites. L’année suivante, Mayer intègre l’équipe des officiers républicains qui entoure Jaurès dans la conception et la rédaction de L’Armée nouvelle. Lucien Nachin y participe indirectement."

    "
    26Au début de la Première Guerre mondiale, Mayer reprend du service au commandement de l’artillerie de la zone ouest de Paris. Le Temps republie en 1915 son article prémonitoire de 1902 sur les conflits modernes, « De quelques idées françaises sur la guerre de l’avenir ». Ses vues prophétiques contrastent avec le conformisme du haut commandement. Il est finalement exclu une nouvelle fois de l’armée en raison de la saisie d’une lettre du 3 février 1916 adressée à Lucien Nachin où il faisait part de son analyse du conflit, véritable « guerre civile européenne », et où il soulignait le haut intérêt de la doctrine militaire allemande. Au lendemain du conflit, Mayer est pressenti pour concevoir une force armée de la Société des Nations chargée d’assurer le respect de ses arrêts. À nouveau écarté des instances officielles, il se reporte alors sur la critique militaire pour L’Œuvre et La Lumière de Georges Boris. Il se lance dans la fiction et dialogue avec Roger Martin du Gard. Il reçoit beaucoup dans le salon de sa fille Cécile, grande amie de Léon Blum, et de son gendre, Paul Grunebaum-Ballin, proche collaborateur de Briand.

    27En 1932, le lieutenant-colonel de Gaulle fait son apparition dans ce cénacle de gauche. Les dimanches matins il se rend fréquemment boulevard Beauséjour. Le fait paraît surprenant – Mayer est l’une des bêtes noires de l’Action française dont de Gaulle est réputé proche [30]
    [30]
    Au printemps 1934, Charles de Gaulle prononce une conférence à… – si l’on méconnaît le profil non-conformiste de l’un et de l’autre. Il est « assuré qu’entre le vieux lieutenant-colonel – il a 81 ans en 1932 – et le jeune commandant – il a 42 ans – se nouent d’étroits contacts intellectuels et une véritable affection déférente de la part du jeune officier. Les nombreuses lettres adressées par de Gaulle à Mayer en témoignent. Jean-Jacques Becker relève aussi comment Charles de Gaulle, « qui n’avait que peu de relations, longtemps enchaîné dans la “maison” Pétain, trouve dans le salon du colonel Mayer une série de contacts précieux, en particulier dans les milieux politiques, pour faire avancer ses idées ». C’est là qu’il fait notamment la rencontre de Jean Auburtin. C’est ce jeune avocat qui présente de Gaulle, quelques mois plus tard, à Paul Reynaud, à la demande du premier qui cherchait un relais politique de poids à ses idées. Jean Auburtin connaît également Léon Blum. Lorsque ce dernier accède à la présidence du Conseil, il favorise un rapprochement avec de Gaulle. Mais c’est surtout Cécile Grunebaum-Ballin qui l’introduit auprès de Léon Blum – lequel lui accorde l’entrevue d’octobre 1936."

    "La proximité intellectuelle et affective de Mayer et De Gaulle se renforce encore durant les années 1930. De Gaulle se considère comme le disciple de Mayer, alors même que sa pensée militaire est déjà affirmée. Cependant, Mayer lui apporte une conscience politique et la conception d’une armée simultanément professionnelle et démocratique. Il confronte de Gaulle aux enseignements qui avaient été ceux de Jaurès et le maintient dans une continuité républicaine que les thèses du Fil de l’épée auraient pu interrompre. Mayer soutient de Gaulle sur l’utilisation de l’arme blindée, définit avec lui la menace directe que représente le nazisme, l’encourage à solliciter les dirigeants politiques pour faire prévaloir ses vues."
    -Vincent Duclert, « Jaurès et de Gaulle : de l'étude à l'action », Cahiers Jaurès, 2013/1-2 (N° 207-208), p. 115-130. DOI : 10.3917/cj.207.0115. URL : https://www.cairn.info/revue-cahiers-jaures-2013-1-page-115.htm



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    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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