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    Razmig Keucheyan, Un réalisme intransigeant – à l’occasion du cinquantenaire de la New Left Review + La lutte des classes dans la nature Classe, race et environnement en perspective historique + La nature est un champ de bataille. Essai d'écologie politiq

    Johnathan R. Razorback
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    Essai - Razmig Keucheyan, Un réalisme intransigeant – à l’occasion du cinquantenaire de la New Left Review + La lutte des classes dans la nature Classe, race et environnement en perspective historique + La nature est un champ de bataille. Essai d'écologie politiq Empty Razmig Keucheyan, Un réalisme intransigeant – à l’occasion du cinquantenaire de la New Left Review + La lutte des classes dans la nature Classe, race et environnement en perspective historique + La nature est un champ de bataille. Essai d'écologie politiq

    Message par Johnathan R. Razorback Mer 9 Déc - 11:28

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Razmig_Keucheyan

    https://mouvements.info/un-realisme-intransigeant-a-loccasion-du-cinquantenaire-de-la-new-left-review/

    https://journals.openedition.org/chrhc/4978

    "Au cours du « long » XIXe siècle, l’intersection de la classe, de la race et de l’environnement doit principalement être conçue en lien avec deux processus. D’abord, la consolidation de la propriété privée, et la généralisation de ce que Crawford B. Macpherson a appelé un « individualisme possessif ». Cet individualisme a pour condition l’appropriation par les classes dominantes de portions croissantes de nature, et par-là même l’exclusion des classes subalternes de la jouissance « coutumière » (droit d’usage) de cette dernière (cette jouissance coutumière n’était elle-même pas exempte de luttes et de rapports de force, mais c’est un autre problème). La lutte des classes prend place dans la nature, elle a notamment pour enjeu les ressources que celle-ci renferme. L’environnement joue donc un rôle important dans la construction historique des classes sociales et de leur antagonisme."

    "L’exploitation du charbon rend plus facile la constitution d’une identité de classe chez les mineurs, car elle s’effectue sous terre, hors du contrôle de l’encadrement, et parce que les modalités de transport de cette ressource rendent les grèves efficaces. Avec le pétrole, ces deux facteurs de mobilisation disparaissent, ce qui implique l’invention par les groupes subalternes de nouveaux « répertoires d’action ». En somme, comme l’avait déjà vu Marx, la lutte des classes a des conditions matérielles de possibilités, et l’évolution de ces conditions fait évoluer également les paramètres qui influent sur la construction des groupes sociaux."

    "La race est susceptible de produire de la différenciation à l’intérieur d’une position de classe, et inversement la classe de produire de la différenciation à l’intérieur d’une même appartenance ethnoraciale25. Il est intéressant de constater à cet égard que les ouvriers blancs ont depuis longtemps quitté les quartiers en question, à savoir le barrio latino et le ghetto noir, pour s’installer dans des endroits moins exposés aux risques industriels. Ceci montre que la classe sociale n’explique pas à elle seule les inégalités environnementales."
    -Razmig Keucheyan, « La lutte des classes dans la nature », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique [En ligne], 130 | 2016, mis en ligne le 01 janvier 2016, consulté le 09 décembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/chrhc/4978 ; DOI : https://doi.org/10.4000/chrhc.4978


    "La nature n’échappe pas aux rapports de force sociaux : elle est la plus politique des entités.
    Cette approche de la crise écologique prend le contre-pied d’une opinion dominante aujourd’hui. Un consensus bien installé soutient qu’afin de régler le problème du changement environnemental, l’humanité doit « dépasser ses divisions ». Ce consensus est impulsé par les partis écologistes, dont beaucoup – pas tous – sont nés dans les années 1970 de l’idée que l’opposition entre la gauche et la droite est caduque ou secondaire. Il est également promu, en France, par des personnalités de la « société civile » comme Yann Arthus-Bertrand ou Nicolas Hulot, dont il existe des équivalents dans la plupart des pays. Le « pacte écologique » proposé par Nicolas Hulot, signé par un grand nombre de candidats à l’élection présidentielle de 2007, ainsi que par des milliers de citoyens, est typique de cette conception de l’écologie.
    "

    "Tout comme il existe des inégalités économiques ou culturelles, on en trouve dans le rapport des individus ou groupes d’individus à la nature, aux ressources qu’elle offre aussi bien qu’à l’exposition aux effets néfastes du développement : pollution, catastrophes naturelles ou industrielles, qualité de l’eau, accès à l’énergie… Dans certains cas, les inégalités environnementales résultent de l’action de l’État, dont les politiques sont loin d’être neutres en la matière, comme on le constate dans le comté de Warren. Dans d’autres, elles sont le fruit de la logique du marché livrée à elle-même."
    -Razmig Keucheyan, La nature est un champ de bataille. Essai d'écologie politique, La Découverte, 2018 (2014 pour la première édition).





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    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).

    « Rien de grand ne s’est jamais accompli dans le monde sans passion. »
    -Hegel, La Raison dans l'Histoire.


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