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    Histoire du marxisme en France

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Messages : 9584
    Date d'inscription : 12/08/2013
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    Histoire du marxisme en France Empty Histoire du marxisme en France

    Message par Johnathan R. Razorback Mer 3 Fév - 11:12

    -Georges Sorel, D’Aristote à Marx (L’Ancienne et la nouvelle métaphysique), 1re éd. en articles, 1894 ; nouvelle édition : Paris, Marcel Rivière, 1935.

    -Karl Korsch, compte rendu de Ernst H. POSSE : Le Marxisme en France de 1871 à 1905. (Berlin, br. in-8, 82 p.), in La Critique Sociale, II, n°7, janvier 1933, p. 37. : http://raumgegenzement.blogsport.de/2011/03/11/karl-korsch-e-h-posse-le-marxisme-en-france-de-1871-a-1905-1933/

    -Georges Lefebvre, La Grande Peur de 1789, éd. Félix Alcan, 1932.

    -Ernest Labrousse, Esquisse du mouvement des prix et des revenus au XVIIIe siècle, 1933.

    « Il est évident qu’aujourd’hui, un historien tant soit peu cultivé […] est nécessairement pénétré de façons marxistes de penser, de concevoir les faits et les exemples. Même s’il n’a jamais lu une ligne de Marx, même s’il se dit furieusement « anti-marxiste » en d’autres domaines que le domaine scientifique : beaucoup des idées que Marx a exprimées avec une maîtrise évidente, sont depuis longtemps passées dans ce fonds commun qui constitue le trésor intellectuel d’une génération. » -Lucien Febvre, « Techniques, sciences et marxisme », in Annales d’Histoire économique et sociales, 1935, p.615-623, repris in Pour une Histoire à part entière, S. E. V. P. E. N., 1962, 859 pages, p.674.

    -Raymond Aron, Introduction à la philosophie de l'histoire. Essai sur les limites de l'objectivité historique, Gallimard, 1986 (1938 pour la première édition), 521 pages.

    -Henri Lefebvre, Le Matérialisme dialectique, Paris, Presses universitaires de France, 1940.

    -Ernest Labrousse, La crise de l’économie française à la fin de l'Ancien Régime et au début de la Révolution, PUF, 1944.

    -Alexandre Zévaès, De l'introduction du marxisme en France, Paris, M. Rivière et Cie, 1947, 216 pages: https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Z%C3%A9va%C3%A8s#%C5%92uvres

    -Charles Bettelheim, Problèmes théoriques et pratiques de la planification, PUF, 1946.

    -Jean Hyppolite, Genèse et structure de la « Phénoménologie de l'esprit » de Hegel, 1946.

    -Alexandre Kojève, Introduction à la lecture de Hegel. Leçons sur la Phénoménologie de l'esprit professées de 1933 à 1939 à l'École des Hautes Études, réunies et publiées par Raymond Queneau, Paris, Tel. Gallimard, 1947, 706 pages.

    -Jean Hyppolite, Introduction à la philosophie de l'histoire de Hegel, 1948.

    -Henri Lefebvre, Le Marxisme, Presses universitaires de France, collection Que sais-je ?, 1948.

    -Gérard Dion, compte rendu de BIGO, Pierre, « Marxisme et Humanisme » — Introduction à l'œuvre économique de Karl Marx, Presses universitaires de France, 108, boulevard St-Germain, Paris, 1953, 269 pages: https://www.erudit.org/en/journals/ri/1953-v8-n3-ri01199/1022952ar.pdf

    -Henri-Irénée Marrou, De la connaissance historique, Éditions du Seuil, coll. Points, 1954, 318 pages.

    -Jean Hyppolite, Études sur Marx et Hegel, 1955.

    -Maurice Merleau-Ponty, Les Aventures de la dialectique, Gallimard, 1955.

    -Lucien Goldmann, Le dieu caché ; étude sur la vision tragique dans les Pensées de Pascal et dans le théâtre de Racine, Paris, Gallimard, 1955.

    -Robert Escarpit, Sociologie de la littérature, Paris, Presses universitaires de France, 1958.

    -Henri Lefebvre, Problèmes actuels du marxisme, Paris, Presses universitaires de France, 1958.

    -Georges Friedmann, "Sociologie du travail et ethnologie", Sociologie du travail, Année 1961, 3-2, pp. 105-112.
    => 33 articles dans les Annales. Écrit avec Pierre Naville un Traité de sociologie du travail (1961-62). Naville, trotskyste, dirige de 64 à 72 la revue Épistémologie sociologique.

    -Mono Ozouf, L'École, l'Église et la République 1871–1914, Paris, Armand Colin, 1962.

    -Henri Lefebvre, Marx, Paris, Presses universitaires de France, 1964.

    -Lucien Goldmann, Pour une sociologie du roman, Paris, Gallimard, 1964.

    -Maurice Godelier, La notion de « mode de production asiatique » et les schémas marxistes d'évolution des sociétés, Paris, Centre d'études et de recherches marxistes, 1964.

    -Lucien Goldmann, Marxisme et structuralisme, Paris, Payot, 1964 ; 1967.

    -Annie Kriegel, Aux origines du communisme français, 1914-1920 : contribution à l'histoire du mouvement ouvrier français, vol. 1 et 2, Paris / La Haye, Mouton et Cie / Imprimerie nationale, coll. « École pratique des hautes études., 1964, 997 pages.

    -Louis Althusser et all, Lire le Capital, Maspero, coll. « Théorie », 2 volumes, 1965.

    -Julien Freund, L’Essence du politique, Dalloz, 2004 (1965 pour la première édition), 867 pages.

    -Maurice Godelier, Rationalité et irrationalité en économie, Paris, Maspero, 1966 (réédité en 2 volumes en 1969).

    -Henri Lefebvre, Sociologie de Marx, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Le sociologue », 1966.

    -Emmanuel Le Roy Ladurie, Les Paysans de Languedoc (thèse), Paris, SEVPEN, 1966.

    -Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme (XVe et XVIIIe siècles), tome 1, Paris, Armand Colin, 1967.

    -Michelle Perrot, « Les guesdistes. Controverses sur l’introduction du marxisme en France », Annales. Économie, Société, Civilisation, mai-juin 1967. Il s'agit d'un compte-rendu de la thèse de Claude Willard, Le mouvement socialiste en France (1893-1905) : les guesdistes, Éditions sociales, 1965.

    -Raymond Aron, "Karl Marx", chapitre in Les étapes de la pensée sociologique, Gallimard, 2014 (1967 pour la première édition), 663 pages, pp.143-221.

    -Maurice Dommanget, L'introduction du marxisme en France, Éditions Rencontre (Lausanne, [Paris,]) ; 1969 ; In-12 (18 cm), 232 pages: https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Dommanget

    -Lucien Sève, Marxisme et théorie de la personnalité, Paris, Éditions sociales, 1969 (5e édition 1981, avec les postfaces à la 2e édition [1972] et à la 3e [1973]; traduit en vingt langues).

    -Emmanuel Terray, Le Marxisme devant les sociétés « primitives ». Deux études, Paris, Éditions Maspero, 1969.

    -Maurice Agulhon, Un mouvement populaire au temps de 1848. Histoire des populations du Var dans la première moitié du XIXe siècle, thèse, soutenue en Sorbonne en 1969.

    -Lucien Goldmann, Marxisme et sciences humaines, Paris, Gallimard, 1970.

    1970: Henri Lefebvre fonde la revue Espaces et sociétés.

    -Robert Escarpit (dir.), Le Littéraire et le social : éléments pour une sociologie de la littérature, Paris, Flammarion, 1970 [Nouvelle édition : Flammarion 1977].

    -Jacques Heers, Gênes au XVe siècle. Civilisation méditerranéenne, grand capitalisme et capitalisme populaire, Paris, Arthaud, 1971, 668 pages. Abrégé de la thèse publié en 1961 avec le sous-titre "Activité économique et problèmes sociaux".

    -Jean Baechler, Les Origines du capitalisme, Gallimard, 1971.

    -Pierre-Philippe Rey, Colonialisme, néo-colonialisme et transition au capitalisme. Exemple de la Comilog au Congo-Brazzaville, Paris, François Maspero, coll. Économie et socialisme, 1971, 527 pages.

    -Herbert Marcuse, "Marxisme et liberté", L'Homme et la société, Année 1971, 19, pp. 3-8 : https://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_1971_num_19_1_1374

    -Michel Clouscard, L'Etre et le Code. Le procès de production d'un ensemble précapitaliste, L'Harmattan, Logiques sociales, 2003 (1973 pour sa première édition), 595 pages.

    -Georges Labica, Le Marxisme d’aujourd'hui, textes choisis et présentés, Paris, Presses universitaires de France, « Dossiers Logos » 1973.

    1973: Guerriers et paysans de Georges Duby. Le compte-rendu de René Lacour (Bibliothèque de l'École des chartes, Année 1975, 133-1, pp. 174-176) ne mentionne nullement la dimension marxiste de l'œuvre.

    -Pierre Vilar, « Histoire marxiste, histoire en construction » (1973), in Jacques Le Goff et Pierre Nora (éd.), Faire de l’histoire, Paris, Folio-Gallimard, 1974: « Tout penser historiquement, voilà le marxisme. […] À tous les niveaux, l’histoire marxiste est à faire. Et c’est l’histoire tout court. »

    -Pierre Vilar, contribution à Sur le féodalisme, 1974.

    -Michel Aglietta, Régulation du mode de production capitaliste dans la longue période. Prenant exemple des États-Unis (1870-1970), thèse d'économie, 1974.

    -Jean Copans, Critiques et politiques de l'anthropologie, Paris, Éditions F. Maspero, « Dossiers africains », 1974 + (éd. et présentation), Anthropologie et impérialisme, Paris, F. Maspero, « Bibliothèque d'anthropologie », 1975.

    -Claude Journes, Le Marxisme contemporain en Grande-Bretagne, Thèse de doctorat Droit Public / Science Politique, Faculté des Sciences Juridiques de Lyon, 1975: http://theses.univ-lyon2.fr/documents/lyon2/1975/journes_c#p=0&a=top

    -Robert Brécy, « Le Drapeau rouge », Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, Année 1975, 22-2, pp. 262-268.

    -Guy Meublat, « Au sujet de la théorie marxiste de la population, un débat entre Rosa Luxemburg et Otto Bauer », Population, 1975/1 (Vol. 30), p. 197-219.

    -Guy Bois, Crise du féodalisme, Références (Presses de la Fondation nationale des sciences politiques), 1976 (réédité en 1981).

    -Georges Labica, Le Statut marxiste de la philosophie, Bruxelles, éd. Complexe ; Paris, Presses universitaires de France, « Dialectique », 1976.

    -Michel Aglietta, Régulation et crises du capitalisme, 1976.

    -Jean-Marie Vincent, La théorie critique de l'École de Francfort, Paris, Galilée, 1976.

    -Paul-Laurent Assoun, Marx et la répétition historique, PUF 1976, coll. « Quadrige », février 1999.

    -Dominique Grisoni (dir.), Histoire du marxisme contemporain, Paris, UGE, 3 volumes, 1977.

    -Alain Besançon, Les Origines intellectuelles du léninisme, Calmann-Lévy, 1977.

    1978: "[L'influence du marxisme] s’étend bien au-delà des historiens dits « marxistes » ou se prétendant tels. Par de multiples voies, il a imprégné la production historique, spécialement en France." -Jacques Le Goff (dir.), La Nouvelle Histoire, Retz, 1978.

    -Pierre-Philippe Rey, Les concepts de l’anthropologie économique marxiste. Critique et mise à l’épreuve, Thèse, Paris V, 1978, sous la direction de Louis-Vincent Thomas.

    -Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe et XVIIIe siècles 1. Les Structures du quotidien - 2. Les Jeux de l'échange - 3. Le Temps du monde, Paris, Armand Colin, 1979.

    -Thierry Paquot, Nationalisation : propriété et pouvoir : éléments pour une histoire de l'idéologie économiste au sein du mouvement ouvrier français, thèse de doctorat en économie, Lille, 1979.

    -Thierry Paquot, Les faiseurs de nuage. Essai sur la génèse des marxismes français (1880-1914), Paris, Le Sycomore, 1980.

    -Jean-Marie Martin, compte-rendu de Georges Duby et Guy Lardreau, Dialogues, 1980, in Cahiers de Civilisation Médiévale, Année 1983, 26-103, pp. 256-257: "La position de G. Duby face au marxisme est claire: il ne connait et surtout ne pratique l'analyse marxiste qu'intellectuellement, s'en servant comme d'un outil pratique, en toute autonomie par rapport aux doctrines contraignantes. Il admet le concept de classe, la conscience de classe, la lutte de classes, mais rejette le "sens de l'histoire" ; il refuse d'opposer superstructures et infrastructures et rejette ainsi la primauté de l'économique: les diverses instances sont en corrélation non-hiérarchisée."

    -Hélène Bergues, compte-rendu de Claude Raffestin, Pour une géographie du pouvoir, in Population, Année 1981, 36-6, p. 1201.

    -Pierre Naville, Sociologie d'aujourd'hui, 1981.

    -Robert Brécy, "La chanson révolutionnaire (1789-1799)", Annales historiques de la Révolution française, Année 1981, 244, pp. 279-303.

    -Charles Bettelheim, L’industrialisation de l'URSS dans les années 1930, EHESS, 1982.

    -Georges Sorel, La Décomposition du marxisme et autres essais, anthologie établie par Th. Paquot, Paris, PUF, 1982.

    -Georges Labica & Gérard Bensussan (dir.), Dictionnaire critique du marxisme, Paris, Presses universitaires de France, 1982 ; 3e éd., 1999.

    -Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, Paris, Arthaud, 1985.

    -Étienne Balibar, Spinoza et la politique, PUF,, 1985, rééd. 2011.

    -Christian Barrère (Professeur d'économie à l'Université de Reims, directeur du Centre de recherche OMI), "Marx et Schumpeter : deux personnages en quête d'une fin (crises, limites et fin du capitalisme)", Cahiers d'Économie Politique, Année 1985, 10-11, pp. 323-345.

    1986: "Je suis venu à l’histoire par le marxisme. La génération qui a eu seize dix-sept ans à la libération, qui est passée tout à fait in extremis dans la Seconde Guerre mondiale, a rencontré le marxisme comme un phénomène naturel […]. Je ne le renie pas le moins du monde […]. Le marxisme est une des références principales de mon horizon historique." -François Furet, Le Magazine littéraire, mars 1986.

    -Georges Labica, Karl Marx ; Les « Thèses sur Feuerbach », Paris, Presses universitaires de France, 1987.

    -Yvon Quiniou, Problèmes du matérialisme, Méridiens-Klincksieck, 1987.

    -Paul-Laurent Assoun, L'École de Francfort, Paris, PUF, 1987, 1990.

    -Joceline Chabot, compte-rendu de Tony Judt, Le marxisme et la gauche française 1830-1981, Paris, Hachette, 1987, 353 p. (préface de François Furet): https://www.erudit.org/fr/revues/po/1988-n14-po2540/040611ar.pdf

    -Christian Barrère, « Les analyses marxistes de l'économie capitaliste », Actuel Marx, 1988/1 (n° 3), p. 24-41.

    -Christophe Prochasson, Sur la réception du marxisme en France : le cas Andler (1890–1920), Revue de Synthèse, Janvier 1989: https://paperity.org/p/51530813/sur-la-reception-du-marxisme-en-france-le-cas-andler-1890-1920

    -Tony Andréani, De la société à l’histoire, t. 1. Les concepts communs à toute société, Éditions Méridiens Klincksieck, 1989 ; t. 2. Les concepts transhistoriques. Les modes de production, Éditions Méridiens Klincksieck, 1989.

    -Henri Wallon, Écrits de 1926 à 1961 - Psychologie et dialectique, Messidor, 1990.

    -Jean Bourdarias, Les évêques de France et le marxisme : histoire d'une connivence, 1990.

    -Maurice Godelier (dir.), Transitions et subordinations au capitalisme, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 1991.

    1992: "L’enseignement de l’histoire ont-ils été colonisés en France en France par nombre d’historiens et de professeurs qui se recommandaient officiellement du marxisme et qui continuent encore aujourd’hui à donner de l’histoire une interprétation économiste et partisane, avec pour unique référence la lutte des classes, laquelle sous-estime les phénomènes identitaires et dénonce le rôle des nations au nom de l’internationalisme de classe." -Identité - n°15 – Janvier 1992: https://www.terreetpeuple.com/564-non-categorise/317-l-histoire-asservie-par-l-ideologie.html

    -André Tosel (dir.), Modernité de Gramsci ?, Actes du colloque franco-italien de Besançon, 23-25 novembre 1989, Paris, Annales Littéraires, diffusion Belles Lettres, 1992.

    1991: "J’affirme […] ne pas croire […] que l’on puisse distinguer "en dernière instance" le plus déterminant des facteurs dont procède l’évolution des sociétés humaines." ; "L'architecture de Guerriers et paysans [1973] repose presque entièrement sur les concepts de classe et de rapport de production. J'y use, par exemple, d'un modèle, celui de la lutte de classes, que Marx a forgé en observant la société de son temps. Sautant par-dessus les siècles, j'osai le projeter sur un système social tout à fait différent de celui du 19e siècle. Et cette projection abstraite se révéla très efficace, mais justement, parce que ce transfert révélait des discordances et l'inadéquation du modèle, il me suffit de percevoir plus clairement les caractères originaux et les mécanismes de la seigneurie." (pp.106-107) -Georges Duby, L’histoire continue, Paris, Odile Jacob, 1991.

    -Michael Löwy & Robert Sayre, Révolte et mélancolie. Le romantisme à contre-courant de la modernité, Éditions Payot, 1992, 303 pages.

    -Étienne Balibar, La philosophie de Marx, La Découverte, 1993 ; nouvelle édition revue et augmentée, La Découverte, 2014.

    -Yvon Quiniou, Nietzsche ou l'impossible immoralisme (thèse de philosophie), Kimé, 1993.

    -Jacqueline Cahen, « La réception de l’œuvre de Karl Marx par les économistes français (1871-1883) », Mil neuf cent, revue d’histoire intellectuelle, n° 12, 1994, pp. 19-50.

    -André Tosel, Du matérialisme de Spinoza, Kimé, 1994, 215 pages.

    -Henri Maler, Congédier l'utopie ? L'utopie selon Karl Marx, L'Harmattan, 1994. Issu d'une thèse de Science Politique sous la direction de Jean-Marie Vincent.

    -Jacques Bidet, John Rawls et la théorie de la justice, avec la collaboration d'Annie Bidet-Mordrel, Paris, PUF, « Actuel Marx confrontation », 1995, 140 pages.

    -Robert Castel, Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Folio-Gallimard, Paris, 2000 (1995 pour la première édition), 813 pages.

    -Georges Labica (dir.), Friedrich Engels, savant et révolutionnaire, actes du colloque international de Nanterre, 17-21 octobre 1995, organisé par le Centre de philosophie politique, économique et sociale du CNRS, publié par Mireille Delbraccio, Paris, PUF, « Actuel Marx confrontation », 1997.

    -Lucien Sève, « Althusser et la dialectique », dans Althusser philosophe, sous la direction de Pierre Raymond, Paris, Actuel Marx/PUF, 1997, p. 105-136.

    -Jacques Bidet, Théorie générale : théorie du droit, de l'économie et de la politique, Paris, Presses Universitaires de France, « Actuel Marx confrontation », 1999, 504 pages.

    -Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel esprit du capitalisme, Paris Gallimard, coll. Tel, 2011 (1999 pour la première édition), 971 pages.

    -Laurent Fédi, "La réception philosophique du marxisme en France : le cas du néo-criticisme", Raison présente, Année 2000, 135, pp. 57-75: https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_2000_num_135_1_3625

    -Jacques Bidet, Dictionnaire Marx contemporain, avec Eustache Kouvélakis, Paris, Presses universitaires de France, « Actuel Marx confrontation », 2001, 600 pages.

    -Thierry Pouch, Les Économistes français et le Marxisme. Apogée et déclin d’un discours critique (1950-2000), Presses Universitaires de Rennes, coll. « Des Sociétés », 2001.

    -Yvon Quiniou, Etudes matérialistes sur la morale, Kimé, 2002.

    "Un colloque soulevait à Poitiers la question du rôle de la pensée de Marx dans un contexte intellectuel durablement marqué au XXe siècle par le scientisme.

    À l'initiative d'un groupe de jeunes philosophes, fondateurs de la dynamique Société chauvinoise de philosophie, une rencontre a eu lieu à la mi-novembre à la Maison des sciences de l'homme et de la société, à Poitiers, entre deux générations de lecteurs assidus de Marx. Stimulante confrontation dans un cercle certes restreint, mais aux ambitions élevées. Le point de départ commun est qu'en France, Marx a été découvert avant Hegel. Marx s'est pourtant lui- même réclamé, dans l'Idéologie allemande et le Capital, de la dialectique de Hegel " qui en a le premier exposé le mouvement d'ensemble ", mais chez qui " elle marche sur la tête ; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable ". Ce renversement chronologique est moins mécanique qu'il n'y paraît. Marx n'a jamais pris le temps de rédiger la douzaine de " placards d'imprimerie " qu'il désirait écrire sur la dialectique matérialiste, d'où une mise en rapport difficile. La succession des deux dialectiques, celle d'Hegel l'idéaliste et celle de Marx le matérialiste, a longtemps été inversée en France, jusqu'à une période récente, par la plupart de ceux qui ont été attirés par ce mode de pensée. Il n'est donc pas surprenant que le marxisme ait été diversement imprégné par d'autres courants de pensée que celui de Hegel. En France, on a cheminé d'un Marx cartésianisé à un Hegel marxisé.

    Georges Labica est intervenu plus particulièrement sur l'imprégnation scientiste de la pensée marxiste française. Pour lui, ce qui domine dans la première période est la subordination de la théorie à la politique et, dans la seconde période, une certaine monopolisation de cette histoire par le Parti communiste français. C'est ainsi que cette pensée, féconde entre toutes, a connu, aux dires mêmes de dirigeants communistes comme Roland Leroy, une " certaine stérilisation ", si l'on excepte les oeuvres majeures d'Henri Lefebvre et de Louis Althusser. Beaucoup d'intellectuels se sont engagés dans le PCF au cours de la première phase, sur la base d'un sentiment davantage éthique que philosophique et théorique. Au cours de la deuxième phase, le lien avec le PCF a été déterminant ainsi que l'influence de la conception ouvriériste qu'avaient les guesdistes du marxisme. Seuls Jean Jaurès et Georges Sorel ont mis l'accent sur le rôle des idées. Jaurès sur le rôle de la morale, aussi important pour lui que les idées économiques de Marx, et Sorel qui met en valeur l'apport des marxistes italiens (Antonio Labriola et Benedetto Croce). Le Parti communiste français hérite donc d'un scientisme marxisé dont les séquelles sont encore visibles aujourd'hui. Paul Lafargue, gendre de Marx, est en quelque sorte le père fondateur de l'opposition absolue entre science et utopie. La création d'écoles de cadres du PCF est le signe de la primauté affirmée du politique. Les savants ont même été invités par le philosophe Georges Cogniot à montrer que leurs découvertes étaient conformes aux lois de la dialectique. Auparavant, Paul Nizan avait mis de côté sa connaissance critique d'Heidegger et Georges Politzer, celle de Freud. À la suite de l'adoption par le PCF des conférences dites " philosophiques " de Staline sur le léninisme et la stigmatisation d'intellectuels comme Georges Bataille ou Raymond Queneau regroupés autour de Souvarine et de sa revue la Critique sociale, le marxisme officiel intériorise un vocabulaire positiviste et méfiant envers les intellectuels d'origine bourgeoise, qui a laissé des traces jusqu'à nos jours.

    C'est ensuite le jeune philosophe Éric Puisais qui a traité des fortunes parallèles d'Hegel et de Marx en France. Il a mis l'accent sur les antécédents de l'hégélianisme en France, en exhumant les travaux d'un certain Émile Beaussire, philosophe poitevin pour qui on pouvait déduire de Léger Marie Deschamps, l'oublié de la philosophie française du XVIIIe siècle, la dialectique de Hegel. Ce Beaussire a longuement mis en garde contre les conséquences radicales de l'hégélianisme de gauche : " Hegel est dangereux parce qu'il ne dit pas son dernier mot. Le dernier mot a été prononcé par Deschamps et les Français n'ont pas saisi que la Révolution n'est pas incompatible avec l'idéalisme. " Comme Benoît Malon, il a critiqué de façon pré-dialectique la forme primitive du communisme. Après ces deux exposés, le philosophe Michel Vadée, auteur de Marx penseur du possible, s'est interrogé sur l'insuffisance de l'étiquette " scientiste ", dans la mesure où il s'agit d'une " annexe du positivisme " et d'une pérennisation du matérialisme mécaniste. Cela aboutit à une certaine catéchisation de la philosophie pour les besoins de la politique. Il témoigne de la difficulté qu'a le philosophe au PCF à militer et à faire en même temps son travail intellectuel. Le jeune philosophe Emmanuel Chubilleau est longuement intervenu sur les phénomènes de rejets essuyés par le marxisme au cours de son introduction en France. Il a d'abord évoqué l'expérience de Georges Sorel avec la revue l'Ère nouvelle, puis une première période de marasme idéologique liée à l'affaire Dreyfus, à l'issue de laquelle l'institution universitaire s'est penchée sur le marxisme qu'elle ne connaissait pas, l'a jugé et l'a rejeté. Le marxisme apportait des " théories étrangères " et le socialisme n'était rien d'autre qu'une " religion du ventre ". Emmanuel Chubilleau a fait état des travaux de Gustave Rouanet, député socialiste proche du communard Benoît Malon qui a assimilé le mouvement politique porteur des idées du communisme aux conceptions fantasmées de Marx, son fondateur tutélaire. Pour lui, le marxisme ne serait que l'aboutissement de l'histoire de l'outillage technique et de sa possession. Par la suite, le spiritualisme universitaire dominant a fait l'impasse sur ce que Marx dit des problèmes moraux. Le philosophe italien Antonio Labriola a seul refusé de réduire le marxisme à sa base économique. C'est en commençant par ce problème que l'historien Guy Lemarchand a présenté un vaste panorama des différents courants d'historiens qui, de Michelet à François Furet en passant par l'école des Annales, ont introduit en histoire un marxisme critique des conceptions positivistes et souligné le rôle du peuple dans toute révolution. Plutôt que de " retour à Marx ", c'est d'" avancée " qu'il faudrait parler à propos de cette journée d'étude sur " les Destinées françaises du marxisme "."
    -Arnaud Spire, Le marxisme et la France, 24 novembre 2003: https://www.humanite.fr/node/295521

    -Jacques Bidet, Explication et reconstruction du « Capital », Paris, Presses Universitaires de France, « Actuel Marx Confrontation, » Série Philosophie », 2004, 320 pages.

    -Christian Barrère, « Le dualisme des ordres de la modernité », Géographie, économie, société, 2004/3 (Vol. 6), p. 243-263.

    -Christophe Prochasson,  « L'invention du marxisme français », dans : Jean-Jacques Becker éd., Histoire des gauches en France. Volume 1. Paris, La Découverte, « Poche/Sciences humaines et sociales », 2005, p. 426-443. URL : https://www.cairn.info/histoire-des-gauches-en-france--9782707147363-page-426.htm

    -Monday, November 22, 2010 by Marie Pellen. Ce séminaire est consacré à la question des usages du marxisme en anthropologie et dans les sciences sociales en France.
    Le séminaire est consacré cette année à la question des usages du marxisme en anthropologie et dans les sciences sociales en France, principalement, mais non exclusivement, après la Deuxième Guerre mondiale. L'usure des grands paradigmes et le reflux des études marxistes depuis une trentaine d'années ont tendu à faire oublier la vigueur des propositions marxistes et les débats qu'elles ont suscités. Aujourd'hui, il est possible d'examiner en historien et en sociologue un moment complexe de la vie intellectuelle en France. On s'attachera particulièrement à la question des modes de production, aux rapports entre l'homme et la nature et au statut des sciences sociales dans la pensée marxiste.

    Séance : 1er, 3e et 5e vendredis du mois de 11 h à 13 h
    (salle 2, 105 bd Raspail 75006 Paris)
    Détail des séances. 17 décembre: Le marxisme et la question du rationalisme moderne dans l'entre-deux guerres (séance Jean Louis Fabiani)

    7 janvier: Marxisme et linguistique (Jean François Bert)

    21 janvier: Marxisme et anthropologie politique. I Claude Lefort (Noël Barbe)

    4 février: Le statut de la psychologie et ses évolutions au cours du temps (Jean Louis Fabiani)

    18 février: Retour sur un important débat : l'étude des sociétés primitives à la lumière de L'origine de la famille (Jean François Bert)

    4 mars: Marxisme et anthropologie politique. II Pierre Clastres (Noël Barbe)

    18 mars: Althusser formateur de marxistes et d'antimarxistes (Jean Louis Fabiani)

    1 avril: Pierre Vilar, l'histoire, et les modes de production (Jean François Bert)

    29 avril: Sebag, anthropologie, le marxisme, le structuralisme. Retour sur des modes de présence. (Noël Barbe)

    -Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza, Paris, La Fabrique, 2010, 213 pages.

    -Yvon Quiniou, L'homme selon Marx. Pour une anthropologie matérialiste, Kimé, 2011.

    -Jacqueline Cahen, « Les premiers éditeurs de Marx et Engels en France (1880-1901) », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 114 | 2011, 20-37. Avait entamé une thèse sur « la réception du marxisme en France par les économistes et libraires éditeurs dans la seconde moitié du 19eme siècle » sous la direction de J. Julliard et et C. Prochasson.

    -Vincent Chambarlhac, L’orthodoxie marxiste de la SFIO : à propos d’une fausse évidence (1905-1914), 2011: https://journals.openedition.org/chrhc/2215

    -Isabelle Gouarné, Marxisme et durkheimisme dans l’entre-deux-guerres en France, Durkheimian Studies , Volume 17 (1) – Dec 1, 2011: https://www.deepdyve.com/lp/berghahn-books/marxisme-et-durkheimisme-dans-l-entre-deux-guerres-en-france-3A8ecO1hic

    -Jacques Heers, La Naissance du capitalisme au Moyen Âge. Changeurs, usuriers et grands financiers, Paris, Perrin, 2012.

    -Frédéric Lordon, La Société des affects. Pour un structuralisme des passions, Éditions du Seuil, coll. L'ordre philosophique, 2013, 284 pages.

    -Isabelle Gouarné, L’Introduction du marxisme en France. Philosoviétisme et sciences humaines (1929-1939), 2013: https://books.openedition.org/pur/112469

    -Mathieu Hauchecorne, compte-rendu de Gouarné: https://journals.openedition.org/sdt/328

    -Guy Lemarchand, Marxisme et histoire en France depuis la Deuxième Guerre mondiale (Partie I), 2013: https://journals.openedition.org/chrhc/3104

    -Fabien Tarrit, Le marxisme analytique, Éditions Syllepse, 2014, 142 pages.

    -Romain Roszak, « Michel Clouscard, critique de Lévi-Strauss », Cités, 2016/2 (N° 66), p. 151-168. DOI : 10.3917/cite.066.0151. URL : https://www.cairn.info/revue-cites-2016-2-page-151.htm

    -Étienne Balibar, Spinoza politique. Le transindividuel, PUF, 2018.

    -Lucien Sève, « Où est Marx dans l’œuvre et la pensée de Vygotski », intervention au Séminaire international Vygotski, 2018.

    -Antony BURLAUD, Jean-Numa DUCANGE, Marx, une passion française: https://www.editionsladecouverte.fr/marx_une_passion_francaise-9782707198938

    "Il faut reconnaître que cette histoire intellectuelle du marxisme se révèle assez peu marxiste. L’histoire des intellectuels évoque peu les conditions matérielles et les positions sociales de ceux qui produisent de la théorie. Cet aspect peut se révéler éclairant, notamment pour comprendre l’essor et le déclin du marxisme. Des universitaires sont devenus marxistes à cause des réseaux proches du Parti communiste qui jouent comme des accélérateurs de carrière. Inversement, les intellectuels se rangent derrière le libéralisme lorsque cette idéologie leur permet de mieux défendre leurs intérêts de classe.

    Ensuite, ce livre collectif propose une juxtaposition de contributions sans lecture d’ensemble. On peut pourtant observer un clivage au sein du marxisme. C’est clairement le rapport à l’Etat qui distingue les diverses formes de marxisme. Les partis socialistes et communistes défendent évidemment un marxisme d’Etat. Les partis reprennent d’ailleurs la forme hiérarchisée des institutions étatiques. Les intellectuels et universitaires marxistes placent également leur horizon théorique dans une meilleure gestion de l’Etat. Les partis et les intellectuels défendent une vision scientiste du marxisme. L’horizon utopique et communiste de Marx est abandonné. La subjectivité des luttes est également liquidé au profit d’une conception mécanique et déterministe de l’Histoire.

    Inversement, Maximilien Rubel propose une lecture libertaire de Marx. Il insiste sur la critique de l’Etat. Il est possible de reprocher au traducteur de tordre le bâton dans l’autre sens. Maximilien Rubel estime que tous les écrits de Marx vont dans le sens d’une critique de l’Etat. Néanmoins, Marx a rédigé de nombreux textes. Il a même écrit tout et son contraire, sous diverses formes, des livres théoriques aux textes d’intervention politique. Il est difficile de faire de Marx un penseur uniquement anarchiste et critique de l’Etat. Néanmoins, Maximilien Rubel permet de faire revivre la dimension libertaire ensevelie sous la propagande stalinienne.

    Jean-Numa Ducange, coordinateur de l’ouvrage, ne se mouille pas. Mais il semble attaché à une lecture autoritaire et réformiste de Marx. Il ne cesse de dénoncer la traduction de Maximilien Rubel. Il préfère la tradition guesdiste et jacobine plutôt que la lecture libertaire de Marx. Maximilien Rubel dérange évidemment jusqu’aux universitaires actuels. Il propose pourtant la lecture de Marx la plus pertinente."
    -"Zones Subversives", Le marxisme en France, 28 Septembre 2018 : http://www.zones-subversives.com/2018/09/le-marxisme-en-france.html#:~:text=La%20pens%C3%A9e%20de%20Marx%20semble%20indissociable%20de%20son,des%20utilisations%20%C3%A0%20la%20fois%20th%C3%A9oriques%20et%20militantes.

    -Marxisme(s), psychologie(s) et orientation en France au XXe siècle. Journée d’études du 20 novembre 2020 à l’INETOP 41 rue Gay-Lussac 75005 PARIS organisée par le Groupe de recherches sur l’évolution de l’orientation : Alors que l'influence du communisme au XXe siècle au sein des milieux intellectuels a été l'objet de nombreux travaux, les chercheurs ont assez peu abordé les relations entre le marxisme, la psychologie et l’orientation professionnelle et scolaire. Pourtant, que ce soit aux travers de grandes figures scientifiques (J.-M. Lahy, Henri Wallon, René Zazzo, Philippe Malrieu), de milieux socioprofessionnels (psychologues, conseillers d'orientation, psychologues scolaires, psychologues du travail) ou de polémiques théoriques et politiques (aptitudes, dons, tests), ces engagements ont contribué à structurer le champ de la psychologie.
    Le questionnement au sujet de ces relations doit, tout à la fois et nécessairement entrecroiser de multiples dimensions, scientifique, politique, idéologique, mais aussi sociale et culturelle ou mettre en évidence les acteurs, scientifiques, intellectuels ou professionnels, responsables politiques, militants, simples adhérents ou sympathisants qui tous s'insèrent dans des milieux et des périodes particulières. Ce faisant, s’imposera la prise en considération des logiques scientifiques, académiques et éditoriales propres à la production intellectuelle et scientifique, ainsi que les questions suivantes.
    Comment articuler théoriquement psychologie et marxisme et délimiter la part du marxisme dans la production scientifique ? Peut-on surmonter les oppositions entre rationalisme et marxisme, dogmatisme et critique ? La place de la personne dans la logique de l’histoire en relation avec la division du travail et la lutte des classes dans les discours et pratiques d’inspiration marxiste et/ou communiste ? Avec ses identités multiples, peut-on délimiter l’implantation communiste parmi les psychologues, scientifiques et praticiens et mesurer ses conséquences sur le fonctionnement, l’identité professionnelle et le statut de ces milieux ?

    Président de séance : Serge Blanchard
    9H45-10H15- Marxisme et psychologie dans l’entre-deux-guerres, Isabelle Gouarné, chargée de recherches au CNRS, Centre universitaire de recherches sur l’action publique et la politique, épistémologie et sciences sociales, Université d’Amiens. Auteur de L’Introduction du marxisme en France. Philosoviétisme et sciences humaines 1920-1939, PU Rennes 2013.
    10H15-10H45- Henri Wallon (1879-1962), psychologue marxiste et communiste, Serge Netchine, Professeur honoraire de psychologie de l’enfant et de l’éducation Université Paris VIII, dernier ouvrage paru avec Gaby Netchine-Grynberg, Henri Wallon (1879-1962) : action pensée, pensée de l’action, Ed. Peter Lang, 2017.

    11H-11H30 - Psychopédagogie et marxisme dans l’œuvre d’Antoine Léon (1921-1998), Pierre Roche, docteur en sciences de l’éducation, président du Groupe de recherches sur l’évolution de l’orientation, dernier ouvrage paru : Antoine Léon et la psychopédagogie des adultes, in, P.Carré et P.Mayen (dir.) Psychologies pour la formation, Dunod, 2019.
    11H30-12H- Jacques Romian (1928-1987) : conseiller, psychologue et syndicaliste, Catherine Remermier, Psychologue de l’Education nationale (éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle).

    14H-14H30- Ecole, psychologie et orientation (1977), Jean-Claude Foutrier, Psychologue de l’Education nationale (éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle), Denis Lemercier, Docteur en psychologie HDR, enseignant-chercheur retraité. Tous deux sont coauteurs du livre présenté.
    14H30- 15H- La psychologie dans la correspondance entre Lucien Sève et Louis Althusser (1949-1987), Claude Morilhat, philosophe, membre du Groupe d’études du matérialisme rationnel, collaborateur de La Pensée, dernier ouvrage paru : Marx : la formation du concept de force du travail, PU Franche-Comté.

    15H15-15H45 - Education nouvelle, psychologie et marxisme, le GFEN (1980-2000), Jacques Le Moigne, Psychologue de l’Education nationale (éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle). Coauteur de G.F.E.N. L’orientation scolaire en question, Editions ESF,1986.
    15H45-16H 15- La Boussole, publication des étudiants communistes de l’INETOP (1949-1954), Annick Domé, Conseillère d’orientation-psychologue retraitée, membre du GREO.
    16H15-16H45- Orientation et psychologie dans L'École et la Nation (1951- 1981), Paul Lehner, docteur en sciences politique, enseignant-chercheur contractuel en sciences de l’éducation à l’Université de Cergy-Pontoise, dernier ouvrage paru : Les conseillers d’orientation. Un métier impossible, PUF, 2020. Conclusions et perspectives : Francis Danvers
    Journée organisée par le Groupe de recherches sur l’évolution de l’orientation avec le soutien de l’INETOP (CRTD) CNAM et l’APPSYEN.

    -Pierre-François Moreau, Matteo Vincenzo d’Alfonso (dir.), Phénoménologie et marxisme. Perspectives historiques et legs théoriques, Lyon, ENS Éditions, coll. « La croisée des chemins », 2021, 264 pages. Dont le chapitre d'Alexandre Fréron: https://www.academia.edu/37531023/Marxisme_et_ph%C3%A9nom%C3%A9nologie_en_France

    Deux colloques auront lieu au mois de décembre sur l’histoire du socialisme et du marxisme. Jean-Numa Ducange, de la Société d’études jaurésiennes, a participé à l’organisation de ces deux événements.

    Le 1er colloque, qui a lieu les vendredi 12 et samedi 13 décembre, a pour sujet :
    Maurice Lachâtre (1814-1900). Le bicentenaire d’un inconnu
    Cet éditeur et lexicographe socialiste a entre autres participé à l’édition du texte de Karl Marx «  Le Capital » en français.
     → Le programme du colloque sur Maurice Lachâtre
    Le 2d colloque, qui doit se dérouler le lundi 15 décembre, a pour thème :
    Histoire croisée du marxisme France-Chine (1880-1949).Nouvelles recherches et nouveaux supports.
    L’introduction des idées de Marx en France fera l’objet, entre autres de plusieurs communications.
    → Le programme du colloque Histoire croisée du marxisme France-Chine
    La Société d’études jaurésiennes vous invite à venir nombreux à ces deux manifestations scientifiques importantes.

    Revues historiques, théoriques ou politico-culturelles contemporaines: Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique ; Actuel Marx, La Pensée, Recherches Internationales, Issues, L’homme et la société, Utopie critique, Critique communiste, Contretemps ; d’autres un rapport plus distant: Mouvements, Multitudes, Les Cahiers d’histoire.



    Dernière édition par Johnathan R. Razorback le Ven 12 Fév - 15:40, édité 77 fois


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    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).

    « Rien de grand ne s’est jamais accompli dans le monde sans passion. »
    -Hegel, La Raison dans l'Histoire.

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    Histoire du marxisme en France Empty Re: Histoire du marxisme en France

    Message par Johnathan R. Razorback Mer 3 Fév - 11:29

    Vous m’avez demandé de vous parler des études marxistes en France, ce qui m’a bien embarrassé, car elles sont loin d’être florissantes. Aussi vais-je élargir un peu le sujet en vous disant aussi quelques mots sur les rapports au marxisme des partis politiques de gauche. J’aurais aimé évoquer aussi la place du marxisme dans l’opinion publique, mais nous ne disposons pas d’études sérieuses sur la question.

    Par ailleurs je dois vous dire que je ne suis certainement pas le mieux informé sur la question. Aussi ma petite présentation aura malheureusement un caractère subjectif, reflétant davantage mes lectures et mes relations que la réalité.

    Je vais donc commencer par un bref tableau de l’état du marxisme en France, puis je chercherai quelques raisons de cette situation.



    I. Un état des lieux



    Le marxisme a connu une période faste dans le courant des années 60 et 70 du siècle dernier. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, un très grand nombre d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes avaient rallié le parti communiste, qui était auréolé de son rôle dans la Résistance à l’occupant nazi, et qui tirait son prestige des succès de l’Union soviétique et surtout de sa forte implantation dans la classe ouvrière. D’autres comme Sartre et Simone de Beauvoir étaient des « compagnons de route », pendant que plusieurs intellectuels gardaient leurs distances (par exemple Albert Camus et Maurice Merleau-Ponty). Les libéraux ne dédaignaient pas de discuter ses thèses. Ainsi Raymond Aron, qui a consacré plusieurs livres à la critique du marxisme, qu’il connaissait bien (sa polémique avec Sartre, son ancien condisciple, a été un temps fort de la vie intellectuelle).

    Mais les rapports des intellectuels avec le parti communiste se sont rapidement détériorés, notamment à la suite de l’intervention soviétique en Hongrie. Beaucoup l’ont quitté, et sont devenus par la suite de virulents anti-communistes. Par ailleurs la direction du parti communiste, dont la plupart des membres étaient issus du monde ouvrier et syndical, se méfiait des intellectuels, qu’elle cherchait plutôt à instrumentaliser. Enfin toute une série d’exclusions de dirigeants communistes a indigné ou découragé beaucoup de bonnes volontés. Malgré tout le parti communiste a été le pôle principal des recherches marxistes, notamment au sein de son Institut de recherches marxistes. Un autre courant a été constitué par des intellectuels qui avaient épousé le trotskisme, en particulier dans le groupe Socialisme et barbarie[1], la plupart devant, par la suite, rompre avec le marxisme.

    Vers la fin des années 60 le marxisme version PCF fut de plus en plus contesté : il lui était reproché en particulier de reproduire la doxa stalinienne (je dois rappeler que le parti communiste a très mal vécu la « déstalinisation » qui a fait suite au rapport Khrouchtchev lors du vingtième Congrès, avec la dénonciation des crimes de Staline et du culte de la personnalité). La révolte étudiante de 1968, qui s’est très largement réclamée du marxisme, a fait du parti communiste un adversaire idéologique, de très nombreux écrits se réclamant de Trotski, de Mao, de Che Guevara. Sur le plan proprement théorique, une pléiade d’intellectuels, qui n’avaient pas quitté le PCF, mais étaient dans une position critique par rapport à lui, très impressionnés par ailleurs par la révolution culturelle chinoise, formèrent l’école du structuralisme marxiste, sous l’impulsion de Louis Althusser, qui avait été leur moniteur à l’Ecole normale supérieure[2]. Ce fut sans doute l’école la plus brillante du marxisme français. Elle a exercé une forte influence, y compris à l’étranger, et a donné lieu à d’innombrables débats (c’est en particulier contre elle que s’est construit le marxisme analytique anglo-saxon[3]). Toute cette énorme effervescence intellectuelle, qui a donné lieu à une importante production, aujourd’hui bien oubliée, était très liée au climat politique en Europe, et particulièrement en France et en Italie (grande grève salariale en France, suivie d’une multitude de luttes ouvrières, « Mai rampant » italien, actions de guerrilla sociale menées par des groupes d’extrême gauche). Il me faut signaler ici la naissance d’une école d’économistes qui empruntait à la fois au marxisme et au keynésianisme, et qui a largement diffusé à l’étranger : l’école de la « régulation »[4].

    La décennie 80 est celle de l’effondrement du marxisme – ce qui est assez paradoxal, car c’est la période où la gauche était au pouvoir. Le débat intellectuel a laissé la place à l’ostracisme. Le marxisme était accusé de tous les péchés, notamment par les « nouveaux philosophes »[5], qui se sont faits une spécialité de sa dénonciation. La plupart des intellectuels ont viré de bord, traitant désormais leurs anciennes convictions par le dénigrement ou le mépris. Le marxisme, qui avait acquis droit de cité à l’Université à la fin des années 60, lesquelles ont connu des recrutements massifs d’enseignants, suite à l’explosion du nombre d’étudiants (multiplié par dix), s’en est trouvé banni. Pour passer une thèse et pour devenir professeur dans l’enseignement supérieur, la dernière chose à faire était de se référer au marxisme, ou même de lui emprunter des objets d’étude – à moins de prendre des chemins de traverse (quelques emprunts au marxisme, mais noyés parmi d’autres). Pour les marxistes de ma génération, ce fut vraiment la traversée du désert : on pouvait encore enseigner (ce qui a maintenu une influence diffuse), mais il devenait très difficile de publier. Pendant ces années pourtant les recherches continuent, s’orientant vers le réexamen des concepts fondamentaux, les tentatives d’intégration d’apports théoriques influencés par le marxisme ou étrangers à lui, la critique du libéralisme, et vers la prise en compte de questions plus ou moins négligées par la théorie marxiste, telles le nationalisme ou le racisme. L’orthodoxie a volé en éclats. Ces recherches presque clandestines produiront des fruits quelques années plus tard[6].

    Il faut attendre le début des années 90 pour que les médias consacrent, de loin en loin, quelques articles ou dossiers au marxisme (le plus souvent à Marx lui-même), généralement sur un mode négatif. Cette situation n’a quelque peu changé que vers le milieu de la décennie, sous l’effet des dégâts du néo-libéralisme et surtout de la résurgence des luttes sociales (le grand mouvement de l’automne 95 a été la première réaction d’envergure au cours néo-libéral, après 15 ans de défaites et de déceptions, et il aura d’importantes répercussions politiques). Mais il faut attendre la fin de la décennie 90, quand s’est levé un grand vent de contestation de la mondialisation, pour que ce qui s’appelle aujourd’hui le mouvement altermondialiste redonne quelque actualité au marxisme.

    Après ce bref rappel historique, je tenterai un bref état des lieux.



    1° Les études théoriques



    On peut distinguer trois grands courants. Le premier renoue avec le marxisme « classique ». Il s’agit soit d’études « marxologiques », concernant en premier lieu Marx, mais aussi quelques grands auteurs de la tradition (surtout Lukacs et l’école de Francfort), soit de la tentative d’appliquer les concepts de Marx à des objets contemporains, notamment économiques. Le deuxième se propose de rectifier le marxisme classique, en revenant sur ses concepts de base, mais aussi de l’élargir en lui incorporant des fragments d’autres théories, pour pallier ses lacunes et ses silences. Le troisième, que j’appellerai syncrétique, ne fait plus qu’un usage limité du marxisme : il lui emprunte quelques notions ou problématiques (par exemple la notion de classe sociale ou celle d’aliénation), mais puise plus largement dans d’autres théories (par exemple, en philosophie, chez des auteurs comme Habermas, Foucault ou Rawls). Il est donc difficile de parler du marxisme en France comme d’un corpus théorique relativement unifié[7].

    Le domaine où les recherches marxistes sont les plus notables me semble être celui de l’économie (en témoigne par exemple le nombre d’ateliers consacrés à l’économie lors des Congrès Marx international). Pour ne parler que de quelques auteurs que je connais bien, je citerai les noms de Gérard Duménil et Dominique Lévy[8], François Chesnais[9], Michel Husson[10], Isaac Johsua[11], Jean-Marie Harribey[12], qui ont publié de nombreux livres et dont retrouve la signature dans plusieurs revues. Ces recherches portent essentiellement sur le capitalisme néo-libéral et sur la mondialisation. Quant aux théoriciens de l’école de la régulation, ils se sont de plus en plus éloignés du marxisme, et ont renoncé à toute perspective socialiste.

    Ensuite vient sans doute la sociologie, qui fut toujours un terrain de prédilection des études marxistes, et où cette tradition continue, de manière plus ou moins discrète, dans un rapport de connivence, mais aussi de conflictualité, avec une école de sociologie très active, et qui a trouvé droit de cité dans l’Université, celle qui applique ou utilise les concepts de Pierre Bourdieu (la théorie de ce dernier, qui emprunte plus à Max Weber qu’à Marx, est une théorie des formes et des mécanismes de la domination, dans tous ses « champs »). Autour d’anciens comme Jean Lojkine, Pierre Cours-Salies, René Mouriaux, Robert Castel (à un moindre degré), on trouve un certain nombre de jeunes chercheurs, très proches des concepts de Marx (comme Michel Vakaloulis) ou y faisant seulement référence (par exemple Stéphane Beaud sur la classe ouvrière). Ils ont de la difficulté à se faire entendre dans une discipline majoritairement dominée par des courants d’inspiration libérale ou anglo-saxonne, appliquant les concepts de l’économie néo-classique (individualisme méthodologique, calculs d’intérêts) au champ social.

    Le troisième terrain est celui de la philosophie. A côté de quelques anciens qui ont poursuivi leur oeuvre (Georges Labica, Jacques Bidet, André Tosel, Lucien Sève), de chercheurs de la génération suivante comme Yvon Quiniou et Denis Collin, auxquels on doit de remarquables travaux sur le marxisme et la morale, il y a quelques jeunes qui ont repris le flambeau – une petite dizaine (dont Eustache Kouvelakis, Emmanuel Renault, Isabelle Garo). On pourrait les rattacher à l’un ou l’autre courant que je mentionnais précédemment. Mais on peut situer aussi dans le champ philosophique plusieurs essayistes, comme Daniel Bensaïd, et Henri Maler.

    Le quatrième terrain est celui de la science politique. En dehors de quelques travaux « marxologiques » (je pense à ceux de Jacques Texier et de Antoine Artous), la plupart des écrits relèvent plutôt de l’intervention politique ou de l’analyse de la conjoncture[13], mais ces derniers sont très nombreux (on les retrouve dans les revues dont je parlerai tout à l’heure).

    Dans les autres champs la présence du marxisme est faible ou épisodique. La grande tradition de l’histoire marxisante (Jean Vilar, Georges Duby, Fernand Braudel) s’est épuisée, de même que celle de l’anthropologie (Emmanuel Terray, Claude Meillassoux, Maurice Godelier). Il faut le regretter, mais tout en notant que ce sont les études historiques elles-mêmes qui ont abandonné les ambitions qui furent par exemple celles de l’école des Annales pour faire dans l’historiographie (étude d’une mode, d’une mentalité, des usages). Le marxisme s’est absenté des études juridiques, à quelques exceptions près (notamment des spécialistes du droit international comme Robert Charvin ou Monique Chemillier-Gendreau). Il n’est guère présent dans la culture, qui n’a jamais été son point fort (les quelques travaux actuels continuent à se référer à l’Ecole de Francfort), mais un peu plus dans le domaine de l’écologie (notamment grâce à Jean-Marie Harribey), et surtout dans les études féministes (notamment Christine Delphy), surtout quand elles ont une dimension sociologique.

    Au total, en ce début de siècle, on peut dire sans doute que le marxisme théorique refait surface, mais de manière très limitée, et encore presque confidentielle. Car les médias lui sont encore massivement hostiles.



    2° Le rejet médiatique.



    Si l’on fait le tour des médias français qui laissent s’exprimer quelques auteurs marxistes ou marxisants, il est vite fait. Au niveau de la grande presse il ne reste que le quotidien L’Humanité (en grandes difficultés financières, à peu près 40.000 lecteurs) et le mensuel Le Monde diplomatique (près de 300.000 lecteurs). Quelques isolés font des reportages à la télévision. Aucun marxiste n’est jamais convié dans les grandes émissions littéraires. Heureusement depuis quelques années il y a l’Internet, où tous les hétérodoxes (ceux qui échappent au moule de « la pensée unique ») ont trouvé un vaste espace pour s’exprimer et pour communiquer. C’est grâce à l’Internet surtout que, lors du référendum de Juin dernier sur la Constitution européenne, la « gauche radicale », si minoritaire et si chassée des médias (qui étaient à 90% au moins pour le Oui) a remporté une étonnante victoire – à mon avis la première défaite politique du néo-libéralisme dans l’un des pays de la Triade.



    3° Le marxisme dans l’édition et dans les revues.



    Pour toutes les grandes maisons d’édition (aujourd’hui passées sous la coupe de grands groupes capitalistes), le marxisme ne présente aucun intérêt, soit parce qu’il n’est pas dans l’air du temps, soit parce qu’il ne se vend pas (assez rapidement). Le marxisme a donc trouvé refuge dans quelques petites maisons d’édition artisanales, sauvées par les coûts devenus infimes de la composition et de l’impression par les techniques actuelles. Je citerai par exemple des maisons d’édition issues des anciennes Editions sociales (les éditions du parti communiste), comme La dispute ou Le temps des cerises, d’autres plutôt issues des courants trotskystes, comme les éditions Syllepse (qui éditent en particulier les notes de la Fondation Copernic), et d’autres hors de tout patronage, mais à tonalité anti-capitaliste comme les éditions Agone, les éditions du Félin, les éditions de L’atelier etc. On trouve aussi un grand nombre d’ouvrages se référant au marxisme aux Editions L’Harmattan, une entreprise originale qui sauve d’innombrables recherches du silence en les éditant avec peu de moyens (plusieurs milliers de titres par an). Le problème de ces maisons d’édition est celui de la diffusion, accaparée par quelques réseaux sous la coupe des grands éditeurs. Je signalerai quand même une exception : les Presses Universitaires de France (qui sont en fait un éditeur privé) ont conservé un petit département qui édite des ouvrages marxistes dans la collection Actuel Marx Confrontation.

    En ce qui concerne les revues la situation est bien meilleure. Elles sont nombreuses à publier des articles d’inspiration marxiste. La plus théorique est la revue Actuel Marx, bisannuelle, qui en est à son 37° numéro. Mais il y a beaucoup de revues politico-culturelles, en général trimestrielles, dont certaines ont un rapport étroit avec le marxisme (par exemple La Pensée, Recherches Internationales, Issues, L’homme et la société, Utopie critique, Critique communiste, Contretemps) et d’autres un rapport plus distant (par exemple Mouvements, Multitudes, Les Cahiers d’histoire). Il est rare qu’elles dépassent le millier d’exemplaires vendus. La revue Regards, mensuelle et plus axée sur l’actualité, s’adresse surtout aux militants communistes.



    4° Le marxisme dans les associations et les syndicats.



    Il y a d’abord les associations liées au parti communiste français. La plus active (aujourd’hui en grandes difficultés financières) est l’association Espaces Marx, qui organise de très nombreuses conférences et pilote quelques groupes de travail. Dans le sillage de la « mutation » du parti, ce qui était autrefois l’Institut de recherches marxistes, s’est ouvert à des intervenants de tendances les plus diverses, au point qu’on peut l’accuser d’un certain éclectisme. L’Omos (Observatoire du mouvement des sociétés), publie régulièrement des cahiers, qui enregistrent les discussions de ses groupes de travail. Tout récemment vient de se créer la Fondation Gabriel Péri, qui, comme toute fondation, pourra bénéficier de subsides gouvernementaux.

    Il y ensuite l’association Attac, principale association du mouvement altermondialiste, fortement implantée en France (environ 40.000 adhérents, ce qui est considérable à l’échelle de la France), mais aussi à l’étranger. Elle est un peu l’auberge espagnole de tous les courants contestataires de la mondialisation capitaliste, mais elle comprend beaucoup de militants influencés par le marxisme, et leur fait une place jusque dans son Conseil scientifique.

    Il y a aussi l’association Copernic, qui, elle est beaucoup plus nettement anticapitaliste, mais bien plus petite, car son objectif est essentiellement de fabriquer des « notes de synthèse », sur tous les sujets politiques et économiques, à destination des militants syndicaux et associatifs.

    Ces deux associations ont joué le rôle moteur dans la lutte contre le projet de Constitution européenne (des centaines de « comités pour le non » se sont constitués dans toute la France).

    Dans le champ syndical, très affaibli (environ 9% des salariés sont syndiqués, et ils sont surtout dans le secteur public), seuls deux syndicats gardent des attaches avec le marxisme : la CGT, qui s’est rendue indépendante du parti communiste, et Force ouvrière, où l’influence trotskyste n’est pas négligeable (La CFDT, qui fut plus proche du parti socialiste, s’est ralliée au social-libéralisme). C’est la base de ces syndicats qui s’est le plus mobilisée contre le projet de Constitution européenne, y trouvant enfin l’occasion de donner un coup d’arrêt aux politiques néo-libérales à l’œuvre depuis deux décennies.



    Le marxisme et les partis politiques de gauche



    Le parti communiste est le seul grand parti (faible au niveau de son audience électorale, qui a constamment décliné jusqu’à une date récente, mais disposant encore de plusieurs dizaines de milliers d’adhérents, souvent âgés) qui reste marqué par le marxisme. En fait il est difficile de lui donner une unité doctrinale, tant il est divisé entre des courants divers, et discordants, depuis des groupes fidèlement marxistes-léninistes, qui disposent de bulletins et de sites internet propres, jusqu’à une tendance social-démocrate, en passant par des courants modernistes, mais radicaux. Au niveau du discours politique, les références marxistes ont été gommées, pour se faire mieux entendre de l’opinion et pour montrer qu’on en a fini avec la « langue de bois » (on ne parle plus, par exemple, du prolétariat, ni même des travailleurs, mais des salariés ou des gens, on ne parle plus d’exploitation, mais d’inégalités etc.). Le parti communiste a pris ses distances par rapport au parti socialiste, tant sa participation à la « gauche plurielle » du gouvernement Jospin (1997-2002) a été pour lui ruineuse. S’il a quelque peu renoué avec l’extrême gauche, notamment lors de la campagne sur le référendum européen, il reste dépendant du parti socialiste, avec lequel il doit nouer des alliances électorales, s’il veut conserver quelques élus.

    L’extrême gauche s’avoue beaucoup plus clairement marxiste, d’autant plus que, dans sa presque totalité, elle est restée d’obédience trotskiste. Il faudrait ici distinguer entre ses trois principales formations : Lutte ouvrière, qui n’a jamais appartenu à la IV° Internationale, petit groupe très fermé, assez implanté en milieu ouvrier, avec sa pasionaria (Arlette Laguiller, qui est restée populaire, depuis trente ans qu’elle se présente à l’élection présidentielle), sa fête annuelle, et son discours marxiste de facture classique ; le Parti des travailleurs, autre groupe assez fermé, qui correspond à une tendance trotskyste qui a quitté la IV° Internationale, et dont la stratégie est celle de l’entrisme au Parti socialiste et dans le syndicat Force ouvrière ; la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IV° Internationale, dont les militants sont le plus souvent jeunes et issus de la petite-bourgeoisie, qui a une incontestable présence intellectuelle et qui est liée de près au mouvement altermondialiste. Ces trois formations sont peu nombreuses (au mieux deux ou trois milliers d’adhérents chacune), mais très actives. Elles sont en concurrence, mais ont un point commun : leur aversion du parti socialiste ou leur refus de coopérer avec lui.

    L’évolution la plus notable concerne le parti socialiste. Depuis le Congrès de Tours (1920), qui a vu la SFIO (section française de l’Internationale ouvrière) éclater pour donner naissance au parti communiste[14], il est traditionnellement réformiste et anti-communiste. Mais, jusqu’en 1981, il était fortement marqué par le marxisme, à la différence des autres social-démocraties européennes, qui n’avaient aucune affinité avec lui, ou avaient rompu (ainsi pour le SPD allemand, lors de son Congrès de Bad-Godesberg en 1959), quoique son programme politique fut essentiellement keynésien. Les années 80 voient son éloignement progressif par rapport aux analyses marxistes, et même par rapport au keynésianisme. Il n’est plus question de rompre avec le capitalisme ni de « changer la vie » (titre du programme de 1972). Vu d’aujourd’hui le programme socialiste de 1980 sonne comme un programme gauchiste par rapport aux orientations qui ont suivi. Dans la crise qui a affecté tous les partis socio-démocrates, sous l’effet du nouveau capitalisme et de la mondialisation, le parti socialiste s’est mis à pencher de plus en plus vers le libéralisme, sous la forme d’une sorte de social-libéralisme. Il faut souligner ici que ce parti est composé de membres de la classe moyenne ou supérieure, et n’a pratiquement plus de militants ouvriers[15], ni beaucoup d’audience parmi les ouvriers et les employés (dont les plus favorisés se sont mis à voter en partie pour la droite, et dont les plus défavorisés ont cherché souvent refuge dans l’extrême droite). Par ailleurs, bien qu’il ait encore un nombre important d’adhérents (environ 130.000), il est devenu essentiellement une machine électorale. Tout cela était vrai jusqu’à une date récente. La désaffection de l’électorat lors de l’élection présidentielle de 2002, qui a vu le candidat socialiste éliminé au premier tour, a été telle que cela a suscité une grave crise interne, qui s’est encore aggravée avec la campagne du référendum sur la Constitution européenne. A l’heure actuelle le parti est divisé entre une majorité social-libérale, qui a perdu lors du référendum national (après avoir gagné le référendum interne au parti), et des courants plus à gauche. C’est le prochain Congrès qui va décider du sort du Parti socialiste : il est possible que les minorités deviennent majoritaires, mais aussi qu’une scission se produise, comme celle qui vient d’affecter, pour des raisons voisines, le SPD allemand. En tous cas la période récente a vu la résurgence d’un conflit, jusque là larvé, entre « la première gauche », celle qui est restée d’inspiration keynésienne et quelque peu marxiste, et la « deuxième gauche », celle qui, dès la fin des années 70, entendait s’accommoder du capitalisme.

    Le rapport des Verts au marxisme est encore plus compliqué. Un certain nombre de ses militants viennent de la mouvance marxiste, mais l’ont abandonnée, à la fois dans l’idée que le marxisme n’avait rien à dire sur l’écologie et que, dans les pays socialistes, il était tombé à plein dans le productivisme le plus destructeur, et dans l’idée que le capitalisme était incontournable : tout ce qu’on pouvait faire, c’était de lui soustraire quelques espaces (un « tiers secteur ») et le réguler. Les Verts, dans la conjoncture récente, ont connu une crise comparable à celle du PS.

    Pour être tant soit peu complet, il faut souligner l’existence d’un grand nombre de groupes politiques, sans appareil digne de ce nom et sans présence électorale (si l’on excepte le petit « Mouvement des citoyens » de Jean-Pierre Chevènement, devenu le « Mouvement républicain et citoyen ») qui se réclament du républicanisme, généralement à gauche. On y trouve des marxistes.



    II. Quelques éléments d’analyse.



    Comment expliquer cet affaissement du marxisme dans un pays comme la France, où, pour des raisons historiques, il avait toujours joué un rôle éminent ? Il y des explications objectives, mais elles sont loin d’être suffisantes.

    1° Sa base sociale s’est restreinte. Le pourcentage d’ouvriers dans la population active (aujourd’hui environ un quart) a diminué et surtout le monde ouvrier s’est fragmenté et divisé. Mais le pourcentage d’employés a augmenté, et ils se sont prolétarisés, si bien que la classe dominée est restée numériquement stable (environ 60% de la population active). Les partis de gauche – surtout le parti communiste – auraient donc pu garder leur assise s’ils avaient su adapter leur discours et leur programme. En revanche la classe intermédiaire (la petite bourgeoisie) est devenue bien plus nombreuse (presque 30% de la population active). Or, dans les années 60-70, cette classe restait sensible aux thèmes marxistes, parce qu’elle était largement implantée dans le secteur public (c’est elle qui constitue la principale clientèle électorale du parti socialiste). Avec les privatisations, les « cadres » se sont massivement retrouvés dans le privé, à la fois embrigadés dans la gestion capitaliste (avec le « management participatif ») et disposant de peu de moyens revendicatifs. Ils étaient donc le plus souvent marqués à droite. Mais cette situation est en train de changer : la condition de cette « nouvelle petite-bourgeoisie » s’est détériorée, et le clivage s’est accru en son sein entre une minorité privilégiée et une majorité dont les salaires stagnent et qui supporte une grande partie de la charge des impôts. La gauche devrait donc pouvoir reconquérir de larges fractions de cette classe, sensible aux thèmes écologistes et altermondialistes.

    2° Le chômage, qui atteint aussi les « cadres », pèse lourdement sur les comportements, incitant chacun à la prudence (on épargne beaucoup en France) et aux stratégies individuelles (le « sauve qui peut »). Il existe en France un fort climat de désenchantement et de pessimisme, qui contraste avec le dynamisme des Trente glorieuses. La précarité du travail joue dans le même sens. Mais, là encore, un discours qui rouvrirait des perspectives serait bien accueilli.

    3° Le système médiatique exerce une sorte de dictature sur les esprits. Une sorte de nomenklatura s’en est emparée, à la faveur de la multiplication des médias, de la concentration capitaliste et de l’emprise de la publicité. Elle est constituée souvent d’anciens gauchistes, et notamment d’ex-maoïstes des années 60-70. Ceux-ci sont d’autant plus virulents que, pour faire carrière, ils ont du renier leurs convictions. Il est intéressant de noter que les idéologues les plus fanatiques de la révolution conservatrice sont souvent d’anciens marxistes, qui ont gardé des réflexes de leur ancien sectarisme et ont perpétuellement à s’auto-justifier.

    4° Le capitalisme contemporain a produit ce qu’on pourrait appeler un individualisme de masse, en aiguisant la concurrence sur le marché du travail, en sapant les éléments de solidarité, en encourageant la marchandisation dans tous les domaines, en promouvant, à l’aide de techniques sophistiquées de marketing, la consommation individualisée. Les gens commencent à se lasser d’être pris pour des cibles commerciales, mais les effets désagrégateurs de cette société de consommation effrénée continuent à se produire.

    Voici donc quelques éléments de type objectif pour expliquer pourquoi le marxisme a cessé d’être dans l’air du temps. Mais, à mon avis, ils sont insuffisants. Il faut avancer des éléments de nature plus subjective ou idéologique.

    1° Le marxisme ne s’est pas encore remis, en France, de son identification, sinon parmi les militants, du moins dans l’opinion, au socialisme à la soviétique. Il faut souligner que le parti communiste a défendu jusqu’à la fin le système soviétique, et vu d’abord d’un mauvais œil la perestroïka. Quand l’Union soviétique s’est effondrée, ainsi que les régimes affidés en Europe de l’Est, quand ce socialisme a laissé la place à une restauration sauvage du capitalisme, l’image du marxisme a pris un coup terrible. Et les idéologues du parti socialiste ont été confortés dans l’idée que le socialisme était une impasse, que le capitalisme avait définitivement gagné la partie.

    2° Le parti communiste a eu beaucoup de mal à se défaire d’une image de sectarisme, qui l’avait fait entrer en crise en 1968, mais plus encore au tournant des années 80 (quand il a défendu notamment l’intervention soviétique en Afghanistan), où il perdu le plus grand nombre de ses intellectuels, qui soit ont viré de bord, soit ont tenté en vain de le « rénover », soit sont rentrés dans leur tour d’ivoire. Quand, en 1995, il a voulu faire sa « mutation », il a perdu ses repères idéologiques, et donné l’impression d’une grande confusion. Regagnant de la sympathie dans l’opinion, il avait cessé en même temps d’être crédible.

    3° La « crise » du marxisme est ancienne (personnellement je l’ai toujours connu en crise), mais elle a été aggravée par le fait qu’il était resté étranger aux nouveaux « mouvements sociaux ». Les thématiques écologiques ne sont pas venues de lui, et il a mis beaucoup de temps à les intégrer (alors que l’on pouvait trouver chez Marx bien des considérations de ce type). Traditionnellement partisan de l’égalité homme/femme, le mouvement marxiste a ignoré la spécificité du rapport de genre, ne le voyant qu’à travers la lunette des groupes sociaux classistes.

    4° Le marxisme s’est trouvé désarmé devant les problèmes inter-individuels, car Marx n’apportait pas grand-chose en la matière et toute la tradition marxiste les avait négligés, considérant souvent qu’il s’agissait de préoccupations petite-bourgeoises et de difficultés qui seraient surmontées par la naissance d’un homme nouveau, délivré de ses penchants égoïstes et voué à la collectivité. Elle avait ainsi largement manqué la révolution psychanalytique et l’individualisme vitaliste de la pensée nietzschéenne. Moyennant quoi le marxisme n’était plus en phase avec une société où l’individualisme ne cessait de faire des progrès. Le marxisme analytique avait bien essayé de repenser la société à partir des intérêts individuels et de leur composition, mais il le faisait à l’aide des outils de l’économie néo-classique, dénaturant ainsi l’essentiel de son apport. Tout ceci explique la séduction exercée par des penseurs comme Michel Foucault (avec sa conception des micro-pouvoirs) ou Gilles Deleuze.

    5° La problématique marxiste était traditionnellement celle de la justice sociale. Elle n’avait pas grand-chose à dire sur les inégalités entre individus. Les théories anglo-saxonnes de la justice ont au contraire eu un certain succès, parce qu’elles mettaient l’accent sur elles. Le marxisme a enfin été défaillant sur les problèmes de la morale, partant de l’idée que la morale reflétait les rapports sociaux, mais se privant ainsi d’un horizon d’universalisme, qui était pourtant au cœur du vécu de l’indignation. Du coup il se trouvait démuni par ce qu’il pouvait y avoir de moral, et pas seulement de politique, dans la thématique des droits de l’homme, où Marx avait vu du formalisme bourgeois cachant des intérêts de classe.

    6° Enfin et peut-être surtout le marxisme s’est trouvé en mal d’utopie, parce qu’il n’y avait plus de modèle existant auquel se référer. Le modèle soviétique était mort. Le modèle cubain n’en était plus un. Le modèle yougoslave avait sombré avec la désintégration de la Yougoslavie et le déchaînement de la guerre entre ses Républiques et ses composantes ethniques. Quant à la Chine, personne ne s’y intéressait, parce qu’elle a été présentée par les médias comme un mélange de dictature communiste et de capitalisme sauvage et que les évènements de 1989 sont apparus comme l’enterrement d’un mouvement démocratique par une répression féroce.

    Ces quelques éléments nous donnent une idée des obstacles à surmonter pour que le marxisme retrouve une audience et une force de frappe intellectuelle dans un pays comme la France, où il certainement plus de chances de le faire qu’aux Etats-Unis ou dans d’autres pays européens. Les conditions objectives ont loin d’être défavorables, dans la mesure où le capitalisme financiarisé reproduit une situation d’exploitation qui rappelle, à certains égards, celle qui existait au 19° siècle. Au niveau théorique, le marxisme doit être à nouveau un grand chantier : il doit retravailler ses concepts propres, et emprunter à d’autres théories ce qui lui permettrait de combler ses faiblesses et les lacunes originelles, mais aussi ce qui peut l’aider à s’actualiser – mais ceci sans éclectisme, qui lui ferait perdre en rigueur et en acuité. Au niveau politique il lui manque surtout un projet : il faut donc repenser le socialisme, dans ses principes généraux, mais aussi en fonction des conditions concrètes, qui ne peuvent être les mêmes ici et là. Il lui faut également bâtir des programmes de transition et repenser la question des alliances de classe.
    -Tony Andreani, "Le marxisme en France", 24 novembre 2018. Un tableau rapide datant de 2005. Conférence faite à Canton, Chine: http://tonyandreani.canalblog.com/archives/2018/11/24/36892241.html


    [1] Fondé en 1949 par le philosophe Cornélius Castoriadis, avec Daniel Mothé, Jean-François Lyotard, Claude Lefort, ces deux derniers devant récuser ensuite le marxisme. Le groupe s’est auto-dissous en 1966.

    [2] Les plus connus sont Etienne Balibar, Roger Establet, Pierre Macherey. Mais, à l’anti-humanisme althussérien s’opposèrent des défenseurs de l’humanisme marxiste, tels Lucien Sève et Henri Lefebvre, un philosophe-sociologue qui marqua toute une génération par la diversité et l’originalité de ses écrits.

    [3] Ce courant fut constitué de philosophes, comme Jon Elster et Gerry Cohen, d’économistes, comme John Roemer, de sociologues comme Eric Olin Wright.

    [4] Il y eut plusieurs écoles françaises de la Régulation. On retiendra, pour l’école principale, les noms de Michel Aglietta, Robert Boyer, Alain Lipietz, et Bruno Théret. Ces « fils rebelles d’Althusser », pour reprendre une expression de Alain Lipietz, entendaient dépasser le structuralisme tout en conservant son acquis, mais en réintroduisant la subjectivité et les stratégies individuelles. A l’opposé des théoriciens néo-classiques, ils mettaient l’accent sur les institutions et leur rôle régulateur. Ils durent leur succès à ce qu’un certain nombre de leurs concepts – les régimes d’accumulation, les modes de régulation, le rapport salarial, le « fordisme » -, avaient un caractère opératoire en économie, et inspiraient aussi des études de sociologie concrète, comme celles de Benjamin Coriat. Par la suite l’école éclata, un certain nombre de ses tenants optant pour une approche opposée (l’individualisme méthodologique) et fondant l’école des Conventions (Olivier Favereau, André Orléan, Robert Salais, Luc Thévenot, Luc Boltanski), qui reposait sur de touts autres concepts (règles de coordination, luttes mimétiques entre les acteurs, apprentissages collectifs, efficacité et équité etc.), mais sans renoncer à certains aspects de l’héritage marxiste (notamment la thématique de l’injuste dans les rapports économiques). Ce tournant correspond à la montée en puissance du marché mondial, et notamment du marché des capitaux (on s’intéresse beaucoup à la monnaie et au fonctionnement des marchés financiers).

    Un autre courant, plus fidèle au marxisme, appliqua un certain nombre des concepts de la théorie aux économies socialistes en crise (Jacques Sapir et Bernard Chavance).

    Aujourd’hui de jeunes économistes continuent à utiliser des concepts régulationnistes, tout en opérant un certain retour à Marx.

    [5] Bernard-Henri Lévy, André Gucksman furent les plus médiatisés.

    [6] Elles furent surtout le fait de chercheurs de formation philosophique, tels Georges Labica (qui dirige aussi un Dictionnaire critique du marxisme, PUF 1983), André Tosel, Jacques Bidet, Maurice Godelier, Etienne Balibar, Tony Andréani.

    [7] On trouvera un aperçu, qui dépasse le cadre français, de l’état actuel du marxisme dans le récent Dictionnaire Marx contemporain (dir. J. Bidet et E. Kouvelakis), PF, 2001.

    [8] Auteurs notamment de La dynamique du capital. Un siècle d’économie américaine, PUF 1996 ; Crise et sortie de crise, Ordre et désordres néo-libéraux, PUF, 2000.

    [9] Auteur en particulier de La mondialisation du capital, Syros, 1997

    [10] On retiendra, parmi de nombreux écrits, Misère du capital, Syros, 1996.

    [11] Auteur de La crise de 1929, PUF ; Le grand tournant, Une interrogation sur l’avenir du capital, PUF

    [12] Le développement soutenable, Economica, 1998.

    [13] Ainsi de ceux de Jean-Marie Vincent (récemment décédé), de Gilbert Achcar et de Tony Andréani.

    [14] Lors de ce Congrès la majorité, qui a décidé de se conformer aux 21 conditions posées par Lénine pour adhérer à la Troisième Internationale, fait scission et quitte la Deuxième Internationale, qui venait à peine de renaître de ses cendres. La SFIO changera de nom en 1971, lors du Congrès d’Epinay, pour devenir le Parti socialiste.

    [15] En 1951 la SFIO comptait 35% d’ouvriers parmi ses adhérents. 25 ans plus tard ils n’étaient plus que 10%. Aujourd’hui ce pourcentage a encore décliné.


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    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).

    « Rien de grand ne s’est jamais accompli dans le monde sans passion. »
    -Hegel, La Raison dans l'Histoire.

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    Message par Johnathan R. Razorback Mer 3 Fév - 11:43



    "On peut dire que jusqu'à la fin des années 90, 95% des intellectuels français étaient marxistes, marxisants ou marxiens d'une façon ou de l'autre, avec toutes les nuances qu'on connaît."
    -Alexandre Devecchio, Les universités françaises sont-elle vraiment des « foyers de marxisme » ?, Entretien avec Chantal Delsol, 20/06/2014 : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/06/20/31003-20140620ARTFIG00274-les-universites-francaises-sont-elle-vraiment-des-foyers-de-marxisme.php

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    -Lilian TRUCHON, RETOUR SUR LE MARXISME ET LE DARWINISME: http://www.caphi.univ-nantes.fr/IMG/pdf/Retour_sur_le_marxisme_et_le_darwinisme_par_Lilian_Truchon.pdf




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    Message par Johnathan R. Razorback Jeu 11 Fév - 21:48

    https://academienouvelle.forumactif.org/t6378-enzo-traverso-de-l-anticommunisme-l-histoire-du-xxe-siecle-relue-par-nolte-furet-et-courtois-marx-l-histoire-et-les-historiens-une-relation-a-reinventer#7501

    https://academienouvelle.forumactif.org/t1550-francois-dosse-la-marche-des-idees-histoire-des-intellectuels-histoire-intellectuelle-le-structuralo-marxisme-dans-l-universite#2220

    https://academienouvelle.forumactif.org/t7483-thierry-pouch-les-tumultueuses-relations-des-economistes-francais-avec-le-marxisme-une-mise-en-perspective-historique-noel-barbe-de-quelques-formes-de-presence-du-marxisme-en-anthropologie#8676

    ***

    https://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2008-1-page-3.htm

    https://www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2008-2-page-157.htm

    https://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2017-4-page-73.htm

    https://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2014-5-page-1146.htm

    https://www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2016-2-page-301.htm

    https://www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2014-1-page-123.htm

    https://www.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2015-1-page-61.htm

    https://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2015-4-page-335.htm



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