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    Ellen Meiksins Wood, Liberté et propriété

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Ellen Meiksins Wood, Liberté et propriété Empty Ellen Meiksins Wood, Liberté et propriété

    Message par Johnathan R. Razorback Ven 12 Fév - 11:29

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ellen_Meiksins_Wood

    https://fr.1lib.fr/book/5548880/4ec5c8

    "Dans ce récit, l’ère moderne est, entre autres, un mélange de caractéristiques économiques, politiques et culturelles, alliant capitalisme (ce que les tenants de l’économie politique classique aiment à désigner comme une « société commerciale »), autorité légale-rationnelle (dans certains cas, mais pas forcément, avec une préférence pour la forme de la démocratie libérale) et progrès technique – ou une « rationalisation » sous différentes formes observables dans les marchés, les États, la laïcité et le savoir scientifique." (p.11)

    "Le concept romain de dominium, quand il s’applique à la propriété privée, exprime avec une clarté exceptionnelle l’idée d’une propriété privée, exclusive et individuelle, avec tous les pouvoirs que cela implique, tandis que l’imperium définit un droit de commander réservé à certains magistrats civils et ultimement à l’empereur lui-même. Alors que dans l’histoire occidentale de la pensée politique et juridique, la distinction entre propriété privée et pouvoir d’État ne sera pas toujours aussi claire, les Romains apportent certainement du neuf en distinguant le pouvoir public de l’État du pouvoir privé de la propriété, en théorie comme en pratique." (pp.17-18)

    "On a proposé bien des explications au déclin du féodalisme. Certains historiens prétendent que, comme la naissance du féodalisme est marquée, ou même causée par une diminution des échanges commerciaux, l’expansion commerciale et la croissance de l’économie fondée sur la monnaie mènent inévitablement à sa fin. D’autres historiens affirment avec des arguments convaincants que les échanges et l’argent ont toute leur place dans l’ordre féodal et qu’en soi ils ne lui sont pas défavorables. On attache souvent beaucoup d’importance à l’effondrement démographique qui se produit au moment de la peste noire, la pandémie qui frappe l’Europe occidentale autour de 1340. On a pu avancer que le rapport entre seigneurs et paysans change complètement du jour où la baisse radicale de la population permet à ces derniers de négocier avec les seigneurs qui ont besoin de main d’œuvre. Selon certains historiens, les paysans possèdent un autre avantage dans la négociation : la porte de sortie que leur ouvre la croissance des centres urbains quand le commerce se développe. Les seigneurs essayent de réimposer leur domination sur les paysans et même de l’intensifier, mais cela provoque divers soulèvements populaires. Même si ces révoltes sont matées, l’ordre féodal est bel et bien mort.

    On peut attribuer le développement de l’État-nation moderne au fait que les aristocraties terriennes aient besoin d’un pouvoir central pour maintenir l’ordre devant la menace des révoltes. Ou encore, et peut-être en même temps, les monarchies féodales sentent qu’elles doivent de plus en plus assurer leurs positions devant la précarité croissante des revenus venant des paysans et la concurrence plus forte des seigneurs pour exploiter le travail des paysans. Ces pressions s’intensifient quand les rivalités entre seigneurs prennent la forme de guerres entre aspirants à un État territorial. L’exemple le plus spectaculaire est la guerre de Cent Ans qui commence par une lutte entre dynasties concernant la monarchie française et qui va se poursuivre en querelles de frontières entre l’État français et l’État anglais. De plus, l’Empire ottoman en plein essor, qui fait des incursions importantes en Europe et contrôle certaines routes commerciales est-ouest, représente un défi géopolitique et commercial, et ce défi va pousser encore à réunir des États territoriaux sous un gouvernement centralisé
    ." (pp.20-22)

    "Mais c’est en Angleterre seulement qu’apparaîtra « spontanément » une « société commerciale » typiquement capitaliste qui va produire une dynamique historique différente de toutes les autres, y compris les sociétés marchandes les plus développées. Le capitalisme, tel qu’il est apparu en Angleterre, n’est pas seulement superlatif : plus d’échanges commerciaux, plus de réseaux commerciaux en pleine expansion. Le « développement du capitalisme » ne peut pas s’expliquer simplement comme un processus quantitatif, la « commercialisation » approchant une sorte de masse critique. En fait, l’Angleterre est loin d’être la puissance commerciale dominante en Europe quand son développement économique amorce un tournant singulier." (p.23)
    -Ellen Meiksins Wood, Liberté et propriété : Une histoire sociale de la pensée politique occidentale de la Renaissance aux Lumières, Montréal (Québec)/Arles, Lux, 2014 (2012 pour la première édition états-unienne), 630 pages.

    "
    -Ellen Meiksins Wood, "La Cité-Etat de la Renaissance", chapitre 2 in Liberté et propriété : Une histoire sociale de la pensée politique occidentale de la Renaissance aux Lumières, Montréal (Québec)/Arles, Lux, 2014 (2012 pour la première édition états-unienne), 630 pages, pp.80-114.



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