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    Louis Dumont, German Ideology: From France to Germany and Back + Essais sur l'individualisme. Une perspective anthropologique sur l'idéologie moderne

    Johnathan R. Razorback
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    Louis Dumont, German Ideology: From France to Germany and Back + Essais sur l'individualisme. Une perspective anthropologique sur l'idéologie moderne Empty Louis Dumont, German Ideology: From France to Germany and Back + Essais sur l'individualisme. Une perspective anthropologique sur l'idéologie moderne

    Message par Johnathan R. Razorback le Ven 9 Jan - 18:27

    https://books.google.fr/books?id=vPWOvvG4c2MC&printsec=frontcover&dq=Louis+Dumont&hl=fr&sa=X&ei=Dx2wVK68IKOd7gaPw4GABw&ved=0CEwQ6AEwCA#v=onepage&q=Louis%20Dumont&f=false

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Dumont

    "Je crois que l'introduction de la hiérarchie permet de développer l'inspiration fondamentale de Marcel Mauss. En fin de compte, elle semble avoir cruellement manqué aux durkheimiens. Si incommode qu'elle puisse paraître, si balbutiante qu'elle soit peut-être encore sous ma plume, elle est indispensable parce qu'elle restitue une dimension importante et négligée du donné." (p.19)

    "J'appelle idéologie un système d'idées et de valeurs qui a cours dans un milieu social donné. J'appelle idéologie moderne le système d'idées et de valeurs caractéristique des sociétés modernes." (p.20)

    "L'individu comme valeur a des attributs - telle l'égalité." (p.21)

    "La nation est précisément le type de société globale correspondant au règne de l'individualisme comme valeur. Non seulement elle l'accompagne historiquement, mais l'interdépendance entre les deux s'impose, de sorte que l'on peut dire que la nation est la société globale composée de gens qui se considèrent comme des individus […]. C'est une série de liaisons de ce genre qui nous autorise à désigner par le mot « individualisme » la configuration idéologique moderne." (p.22)

    "Le totalitarisme exprime de manière dramatique quelque chose que l'on retrouve toujours de nouveau dans le monde contemporain, à savoir que l'individualisme est d'une part tout-puissant et de l'autre perpétuellement et irrémédiablement hanté par son contraire.

    Voilà une formulation bien vague, et il est difficile d'être plus précis au plan général. Et pourtant, au stade actuel de la recherche, cette coexistence, dans l'idéologie de notre temps, de l'individualisme et de son opposé s'impose avec plus de force que jamais. C'est en ce sens que, si la configuration individualiste des idées et valeurs est caractéristique de la modernité, elle ne lui est pas coextensive.

    D'où viennent, dans l'idéologie et plus largement dans la société contemporaines, les éléments, aspects ou facteurs non individualistes ? Ils tiennent en premier lieu à la permanence ou « survivance » d'éléments prémodernes et plus ou moins généraux - telle la famille. Mais ils tiennent aussi à ce que la mise en œuvre même des valeurs individualistes a déclenché une dialectique complexe qui a certains dès la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, des combinaisons où elles se mêlent subtilement à leurs opposés.

    L'affaire est relativement simple, et claire grâce à Karl Polanyi, en matière économico-sociale où l'application du principe individualiste, le « libéralisme », a obligé à introduire des mesures de sauvegarde sociale et a finalement abouti à ce qu'on peut appeler le « post-libéralisme » contemporain
    ." (pp.30-31)

    "Quelque chose de l'individualisme moderne est présent chez les premiers chrétiens et dans le monde qui les entoure, mais ce n'est pas exactement l'individualisme qui nous est familier. En réalité, l'ancienne forme et la nouvelle sont séparées par une transformation si radicale et si complexe qu'il n'a pas fallu moins de dix-sept siècles d'histoire chrétienne pour la parfaire, et peut-être même se poursuit-elle encore de nos jours. La religion a été le ferment cardinal d'abord dans la généralisation de la formule, et ensuite dans son évolution." (p.36)

    "Là où l'Individu est la valeur suprême je parle d'individualisme ; dans le cas opposé, où la valeur se trouve dans la société comme un tout, je parle de holisme.

    En gros, le problème des origines de l'individualisme est de savoir comment, à partir du type général des sociétés holistes, un nouveau type a pu se développer qui contredisait fondamentalement la conception commune. Comment cette transition a-t-elle été possible, comment pouvons-nous concevoir une transition entre ces deux univers antithétiques, ces deux idéologies inconciliables ?
    " (p.37)

    "Le renonçant se suffit à lui-même, il ne se préoccupe que de lui-même. Sa pensée est semblable à celle de l'individu moderne, avec pourtant une différence essentielle: nous vivons dans le monde social, il vit hors de lui. C'est pourquoi j'ai appelé le renonçant indien un « individu-hors-du-monde ». Comparativement, nous sommes des « individus-dans-le-monde », des individus mondains, il est un individu extra-mondain. Je ferai un usage intensif de cette notion d'« individu-hors-du-monde », et je voudrais attirer l'attention sur cette étrange créature et sa relation caractéristique avec la société. Le renonçant peut vivre en ermite solitaire ou il peut se joindre à un groupe de collègues en renoncement sous l'autorité d'un maître renonçant, représentant une « discipline de libération » particulière. La similitude avec les anachorètes occidentaux ou entre monastères bouddhiques et chrétiens peut aller très loin. Par exemple, les deux espèces de congrégations ont inventé indépendamment ce que nous appelons le vote majoritaire." (p.38)

    "Non seulement les maîtres hellénistiques ont à l'occasion recueilli à leur usage des éléments pris aux présocratiques, non seulement ils sont les héritiers des sophistes et d'autres courants de pensée qui nous apparaissent submergés à la période classique, mais l'activité philosophique, l'exercice soutenu par des générations de penseurs de l'enquête rationnelle, doit avoir par lui-même nourri l'individualisme, car la raison, si elle est universelle en principe, œuvre en pratique à travers la personne particulière qui l'exerce, et prend le premier rang sur toutes choses, au moins implicitement." (p.41)

    "S'il fallait une démonstration du fait que la mentalité extra-mondaine régnait parmi les gens instruits en général, au temps du Christ, on la trouverait dans la personne d'un Juif, Philon d'Alexandrie. Philon a montré aux futurs apologistes chrétiens comment adapter le message religieux à un public païen instruit. Il exprime avec chaleur sa prédilection fervente pour la vie contemplative du reclus à laquelle il brûle de retourner, ne l'ayant interrompue que pour servir sa communauté au plan politique - ce qu'il fit d'ailleurs avec distinction." (p.42)

    "Origène fit valoir contre Celsus que les lois positives qui contredisent la loi naturelle ne méritent pas le nom de lois […] ce qui justifiait les chrétiens dans leur refus de rendre un culte à l'empereur ou de tuer à son service." (p.49)

    "Augustin est de son temps, et cependant il préfigure, il montre du doigt immanquablement ce qui est à venir. C'est ainsi que son influence, ou sa lignée intellectuelle, s'étendra sur le Moyen Age, et bien au-delà. Qu'on pense à Luther, aux jansénistes, et jusqu'aux existentialistes." (p.55)

    "Dans les années assombries par la chute de Rome, il est intellectuellement plein d'enthousiasme, appliquant la vision de Plotin à l'ordre que l'histoire déploie progressivement; il est inspiré par un sentiment du progrès tellement anachronique qu'il en est prodigieux." (p.60)

    "Calvin croit suivre Luther, et cependant il produit une doctrine différente. Cela nous invite à partir de son caractère ou tempérament particulier. Comme Troeltsch le dit, Calvin a une conception très singulière de Dieu. Cette conception correspond précisément à l'inclination de Calvin, et en général il projette partout son inspiration personnelle profonde. Calvin n'est pas un tempérament contemplatif, c'est un penseur rigoureux dont la pensée est tournée vers l'action. De fait, il a régné sur Genève en homme d'État éprouvé, et il y a en lui une pente légaliste. Il aime promulguer des règles et soumettre à leur discipline lui-même et les autres. Il est possédé par la volonté d'agir dans le monde et il écarte par des raisonnements cohérents les idées reçues qui l'en empêcheraient." (p.73)

    "Pour Luther, Dieu était encore accessible à la conscience individuelle par la foi, l'amour et, dans une certaine mesure, par la raison. Chez Calvin, l'amour tombe à l'arrière-plan, et la raison ne s'applique qu'à ce monde. En même temps, le Dieu de Calvin est l'archétype de la volonté, où l'on peut voir l'affirmation indirecte de l'homme lui-même comme volonté, et, au-delà, l'affirmation la plus forte de l'individu, au besoin en tant qu'opposé, ou supérieur, à la raison. Bien sûr, l'accent sur la volonté est central dans l'histoire de toute la civilisation chrétienne, de saint Augustin à la philosophie allemande moderne, pour ne rien dire de la liberté en général et du lien avec le nominalisme (Occam)." (p.74)

    "L'affirmation idéologique de l'Individu s'accompagne empiriquement d'un degré inusité d'interdépendance." (p.83)

    "On ne peut pas supposer qu'Occam ait directement influencé le développement moderne du droit, car ses écrits juridiques ne semblent pas avoir été largement connus. Toute son œuvre pourtant est hautement significative. Parler de nominalisme d'une part, de l'autre de positivisme et de subjectivisme juridiques, c'est tout simplement marquer la naissance de l'Individu dans la philosophie et dans le droit. Lorsqu'il n'y a plus rien d'ontologiquement réel au-delà de l'être particulier, lorsque la notion de « droit» s'attache, non à un ordre naturel et social, mais à l'être humain particulier, cet être humain particulier devient un individu au sens moderne du terme." (p.88)

    "A partir du droit de résister à la persécution d'un tyran, que l'on fondait sur l'idée d'un contrat entre gouvernant et gouvernés, le développement conduisit à affirmer le droit de l'individu à la liberté de conscience. La liberté de conscience constitue ainsi le premier en date de tous les aspects de la liberté politique et la racine de tous les autres." (p.96)

    "La remarquable similitude entre de pauvres artisans révolutionnaires et, quarante ans plus tard, le riche philosophe retour de quelques années passées en Hollande marque combien l'individualisme est répandu." (p.107)

    "Au point de vue formel, la politique de Rousseau est aux antipodes de celle de Hobbes. La théorie de Hobbes est représentative, absolutiste, et insiste sur la sujétion. Celle de Rousseau est collective, nomocratique, et insiste sur la liberté. Cette différence évidente ne doit cependant pas cacher une similitude plus profonde." (p.112-113)

    "Quant à Hegel, s'il rejette explicitement la nécessité [rousseauiste] de fonder la loi sur un vote des citoyens assemblés, il n'en pose pas moins une relation très semblable entre la volonté privée du citoyen et la loi de l'Etat comme incarnant par définition la véritable volonté et liberté du citoyen, de sorte que celui qui va contre la loi va contre sa propre volonté." (p.116)

    "En somme, les penseurs français de la première moitié du XIXe siècle furent conduits à considérer l'homme comme un être social, à insister sur les facteurs sociaux qui constituent la matière première de la personnalité et expliquent en dernier ressort que la société n'est pas réductible à une construction artificielle à base d'individus. […] Il y a donc ici, et en particulier dans le surgissement parallèle et partiellement conjoint de la sociologie et du socialisme en France, bien davantage et tout autre chose qu'une conséquence de la révolution industrielle." (p.132)

    "Herder ne fait donc pas que rejeter la culture universaliste - principalement française -, il en accepte en même temps un trait majeur pour affirmer en face d'elle la culture germanique, et toutes les autres cultures qui ont fleuri dans l'histoire. Au niveau global, la réaction de Herder se situe à l'intérieur du système de valeurs moderne. Son holisme est bel et bien situé à l'intérieur de l'individualisme qu'il pourfend." (p.139)

    "Dans Mein Kampf, les Juifs sont responsables sinon tout à fait du capitalisme et de la société moderne, du moins de tout ce qui y est décidément mauvais, comme la transformation de la terre en marchandise, les sociétés par actions, l'orientation destructrice du mouvement ouvrier." (p.176)

    "Comme le livre de Faye le rappelle à chaque instant, ce à quoi tendaient non seulement le national-socialisme mais tout le mouvement à l'intérieur duquel il s'est développé, c'était à absorber et réunir les deux pôles national et socialiste comme Pribram le laissait prévoir." (p.184)

    "Claude Lévi-Strauss a écrit une « Introduction à l'œuvre de Marcel Mauss » qui est importante, et, je crois, indispensable si l'on veut comprendre l'impact des idées de Mauss sur les questions de l'anthropologie contemporaine. Je ne suivrai pas la critique de certains sociologues selon qui la pensée de Mauss aurait été dans ce texte détournée dans une direction structurale, car je crois que cet auteur est ici fidèle à l'inspiration profonde de Mauss." (p.193)

    "Avec Mauss, l'étroite culture classique dans laquelle nous avions été élevés éclatait en un humanisme plus large, plus réel, embrassant tous les peuples, toutes les classes, toutes les activités. Vous alliez le trouver à la fin d'une leçon et il vous laissait deux heures plus tard à l'autre bout de Paris. Tout
    le temps il avait parlé en marchant, et c'était comme si les secrets de races lointaines, un morceau des archives de l'humanité vous avaient été révélés par un expert sous la forme d'une simple conversation, car il avait fait le tour du monde sans quitter son fauteuil, s'identifiant avec les hommes à travers les livres.
    " (p.196)

    "La carrière active de Mauss, depuis l'agrégation de philosophie en 1895, à 23 ans, jusqu'à sa retraite en 1940, à 68 ans, peut être divisée en trois périodes. La première s'étend jusqu'en 1914, Mauss est alors un spécialiste des religions, principalement indienne et primitives, qui prend une part importante au mouvement de l'Année sociologique sous la direction de son oncle Durkheim. C'est une période de travail d'équipe enthousiaste, de publications nombreuses et brillantes. Jusqu'en 1900, Mauss avait étudié la philologie sanscrite et comparée, l'histoire des religions et l'anthropologie, avec des maîtres à Paris tels que Meillet, Foucher, Sylvain Lévi, qui, paraît-il, considérait son étudiant comme un génie et regrettait plutôt l'influence excessive que son oncle exerçait sur lui; en Hollande, Cal and ; à Oxford, Tylor et Winternitz. En 1901, Mauss est nommé à l'École des hautes études à la chaire d'« histoire des religions des peuples non civilisés ». En même temps, et depuis le début, il avait la charge de la seconde section de L'Année sociologique
    concernant la sociologie de la religion, et il y publiait chaque année, avec l'aide d'Hubert, des comptes rendus fort détaillés et instructifs de toutes les publications de quelque importance. Ces comptes rendus sont une partie considérable de l'œuvre de Mauss; je viens de les relire et je doute fort qu'il existe ailleurs quoi que ce soit de comparable : chaque ouvrage est résumé avec grand soin avant d'être loué ou critiqué, corrigé ou complété, et tout cela du seul point de vue de la connaissance." (p.197)

    "La guerre de 1914 frappa durement le groupe des sociologues, lui ôtant ses meilleurs espoirs, comme Hertz, l'auteur de la Prééminence de la main droite et de la découverte de la coutume des doubles obsèques. Avec la mort de Durkheim, en 1917, commença la seconde période de l'activité scientifique de Mauss, période marquée d'une part par le deuil et la préparation dévouée pour la publication des ouvrages des disparus (les Mélanges de Hertz, et, de Durkheim, son Éducation morale et son Socialisme), de l'autre par une responsabilité élargie. Succédant à Durkheim à la direction de l'Année, Mauss devait se consacrer non plus à la seule religion, mais à la sociologie en général. Le champ d'activité s'accrut avec la création en 1925 de l'Institut d'ethnologie où Mauss donna ses « Instructions » année après année." (p.198)

    "On peut considérer qu'une troisième période s'ouvre autour de 1930. Hubert à son tour a quitté son compagnon de travail et Mauss publie ses deux volumes sur les Celtes. Mauss est élu au Collège de France et pendant dix ans il va enseigner quelque huit heures par semaine dans trois institutions différentes." (p.199)

    "Plus clairement encore plus tard, surtout en 1908, Mauss s'éloigne de la définition de Durkheim, spécialement en ce qui concerne la religion: « l'obligation n'est pas pour nous une caractéristique des faits sociaux »." (p.205)

    "Si je ne me trompe, en anthropologie les catégories proprement scientifiques ne naissent que de la sorte, je veux dire d'une contradiction entre nos catégories et les catégories des autres, d'un conflit entre la théorie et les données. Je crois que c'est pour cette raison que Mauss voulait non pas une philosophie, c'est-à-dire une spéculation avec des concepts insuffisants, mais un inventaire des catégories équivalant à la construction de concepts scientifiques.
    Je trouve que ceci nous autorise à parler d'étape
    expérimentale de la sociologie. Ici les deux processus de l'expérimentation et de la conceptualisation ne sont pas séparés. S'il y a une différence entre l'expérience scientifique en général et celle-ci, c'est qu'en anthropologie l'expérience ne décide pas seulement d'une hypothèse, mais réagit sur les concepts eux-mêmes et contribue en fait à la construction de concepts scientifiques. Il résulte de l'identification de l'observateur à l'observé que l'expérience s'empare de l'observateur lui-même." (p.211)

    "La modernité prise en un sens purement chronologique - et non pas seulement sa phase la plus récente, « contemporaine» - contient bien davantage, au plan de la pratique sociale et même à celui de l'idéologie, que la configuration individualiste qui la caractérise comparativement. A la lumière des résultats acquis, cette situation apparaît chargée de sens et susceptible d'être analysée dans une perspective renouvelée." (p.299)
    -Louis Dumont, Essais sur l'individualisme. Une perspective anthropologique sur l'idéologie moderne, Paris, Le Seuil, coll. Point, 1985 (1983 pour la première édition), 314 pages.




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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.


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