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    La symbolique chrétienne et apocalyptique du Drapeau européen + christianisme et construction européenne

    Johnathan R. Razorback
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    La symbolique chrétienne et apocalyptique du Drapeau européen + christianisme et construction européenne Empty La symbolique chrétienne et apocalyptique du Drapeau européen + christianisme et construction européenne

    Message par Johnathan R. Razorback le Ven 3 Avr - 19:22

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Femme_de_l'Apocalypse

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_europ%C3%A9en#Histoire_du_drapeau

    "Au fil des siècles, de nombreux penseurs de l’unité du continent ont été influencés par le souvenir d’un âge
    d’or au cours duquel l’Europe aurait vécu en paix sous la double férule de l’Empire Romain et de la
    chrétienté triomphante. Cet âge d’or aurait disparu avec les invasions barbares pour laisser place à des
    royaumes puis à des États-nations perpétuellement en guerre les uns contre les autres jusqu’à l’horreur
    absolue que représentent les deux Guerres mondiales, véritables guerres civiles européennes. La
    construction de l’Europe était, pour ses instigateurs dans les années 50, l’antidote à cette boucherie
    ."

    "Après la disparition de l’Empire d’Occident, l’Europe est passablement morcelée. À l’Ouest, des royaumes barbares se partagent les dépouilles de l’Empire.
    Mais son fantôme hante toujours les rois « barbares » ; dès que l’un d’entre eux veut se hausser au-dessus des autres, il tente d’endosser la légitimité que confère le fait d’être le successeur de l’empereur. Pour cela, il s’appuie sur une autre légitimité, celle du pape : Le roi franc Charlemagne (768-814) recrée en 800, en s’appuyant sur la papauté, un empire chrétien revendiquant la filiation romaine ; l’empereur romain d’Orient, Michel 1er, le reconnaît d’ailleurs comme empereur d’Occident. L’axe de cet empire n’est plus la Méditerranée mais le Rhin
    ."

    "Les empereurs du saint Empire romain germanique (issu du partage de Verdun) affichent leur « descendance romaine » avec l’appui, plus ou moins sincère ou intéressé selon les cas, de la papauté ; ils se font couronner à Rome. Mais cette construction hétéroclite n’est guère solide car affaiblie par le principe de l’élection de l’empereur par les grands dignitaires allemands. Elle sera cependant durable, puisque le coup de grâce ne sera porté qu’en 1806 par Napoléon 1er."

    "La première guerre mondiale provoque la naissance d’un mouvement pacifiste symbolisé par la formule « plus jamais ça ! ». L’unification politique de l’Europe et la réconciliation franco-allemande semblent des réponses porteuses de paix pour l’avenir.
    Parmi les courants intellectuels sensibles à ces idées figurent des démocrates-chrétiens. Marc Sangnier (1873-1950) milite en faveur du pacifisme et pour la réconciliation franco-allemande avec la
    Jeune République ; il réunit en 1926 au château de Bierville (Boissy-la-Rivière, Essonne) 10 000 jeunes européens qui jurent fidélité à l’Europe. Les démocrates chrétiens soutiennent les projets d’unification européenne de Richard Coudenhove-Kalergi (L’Union paneuropéenne 1923) et d’Aristide Briand (Le lien fédéral européen 1929).
    Les catholiques Emmanuel Mounier et Jacques Maritain, le protestant Denis de Rougemont écrivent dans des revues telle que Esprit, Ordre nouveau ou Plans, recherchant une nouvelle voie entre capitalisme, fascisme et communisme : elle s’enracinerait dans la famille, le métier, la cité, la région, la nation et l’Europe
    ."

    "Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, des chrétiens ont mûri des projets d’unification de l’Europe comme antidote à toute résurgence du nazisme. Ces projets sont fondés sur des valeurs chrétiennes telles que le pardon et la réconciliation.
    En France, le Mouvement républicain populaire (M.R.P.) est créé avec Marc Sangnier comme président d’honneur
    ."

    "Les démocrates-chrétiens se réunissent alors régulièrement lors des Rencontres de Genève entre 1947 et 1956 ; les principaux partis démocrates-chrétiens des pays d’Europe occidentale, souvent associés au pouvoir, sont représentés : MRP français, PSC belge, CDU allemande (et sa branche bavaroise CSU), DC italienne, KPV néerlandais, KV suisse et ÖPV autrichien."

    "Le congrès de l’Europe, réuni du 7 au 11 mai 1948 à La Haye, à l’instigation du Comité International de coordination des mouvements pour l’unification de l’Europe, rassemble 775 délégués originaires de 24 pays européens. Y participent de nombreuses personnalités politiques tels que les Français Paul Ramadier, président de la commission politique du Congrès, François Mitterrand, Léon Blum, Edouard Daladier, Paul Reynaud, Jacques Chaban-Delmas, Jean Monnet, le Belge Paul Van Zeeland, président de la commission économique, l’Italien Alcide de Gasperi, les Britanniques Winston Churchill, Anthony Eden et Harold Macmillan, l’Allemand Konrad Adenauer, l’Espagnol Salvador de Madariaga, président de la commission culturelle et le Suisse Denis de Rougemont."

    "Il s’est trouvé qu’au début des années 50, des démocrates chrétiens sont arrivés au pouvoir dans trois
    grands pays européens:
    - En France, Robert Schuman (1886-1963), Président du Conseil de novembre 1947 à
    juillet 1948 puis ministre des affaires étrangères de1948 à 1953 ; son conseiller était
    Jean Monnet.
    - En Allemagne fédérale, Konrad Adenauer (1876-1967), chancelier de 1949 à 1963.
    - En Italie, Alcide de Gasperi (1881-1954), président du Conseil de 1945 à 1953.
    Cette conjonction, au sens astronomique du terme, sera très bénéfique pour la
    construction européenne
    ."

    "La promotion de l’idée européenne reste dans l’A.D.N. des successeurs du MRP, jusqu’à nos jours François Bayrou."

    "Le courant démocrate-chrétien, à travers l’UDF, est de nouveau associé au pouvoir lors de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981). Pendant cette période, l’Europe fait de nouveaux progrès institutionnels (création du Conseil Européen, élection du Parlement européen au suffrage universel) et économiques (prémices de la monnaie unique avec le Système Monétaire Européen)."

    "L’Europe fait de nouveau un bond en avant grâce à Jacques Delors. Il se rattache au mouvement catholique personnaliste de la Vie nouvelle et milite au sein du syndicat chrétien CFTC, puis au sein du parti socialiste."
    -Frédéric Bourquin, L’influence chrétienne sur la construction européenne, publié sur Garrigues et sentiers, 5 février 2012 (cf: http://www.garriguesetsentiers.org/article-l-influence-chretienne-sur-la-construction-europeenne-1-98626007.html ).
    http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/17/57/33/fichiers-pdf/L-influence-chretienne-sur-la-construction-europeenne---F.pdf

    "Si l'on néglige l'exception grecque (admission en 1981 d'un état à large majorité orthodoxe), la construction européenne s'est opérée sur un substrat bi-confessionnel (catholiques et protestants), où les rapports numériques ont toujours été en faveur des catholiques [...] Le catholicisme paraît plus rural, plus traditionaliste, plus attaché à la famille et à la communauté, ayant une vision plus "collective" des rapports sociaux; pour lui, la femme est la mère de famille, qui ne travaille pas et dont le rôle social et religieux reste très limité (pas d'ordination des femmes, pas de mariage des prêtres). Paradoxalement pour une religion supranationale, le catholicisme semble plus lié au pouvoir politique, dont il a besoin pour imposer ses principes à l'ensemble de la population (enseignement, interdiction du divorce, de la contraception, de l'interruption volontaire de grossesse, de l'euthanasie); cela a souvent conduit les catholiques à fonder des partis confessionnels (démocratie chrétienne) pour peser sur les choix politiques. Certes, les états catholiques ou bi-confessionnels ont mis en place, à des degrés divers, des formes de séparation de l'église et de l'état; mais même en France, où cette séparation est ancienne (1905) et très poussée, l'influence du catholicisme est restée longtemps bien marquée dans la législation et la jurisprudence (cf. la notion de "blasphème"). Le "modèle" catholique des relations entre l'église et l'état reste en tout cas plus proche de l'Irlande ou de la Pologne que de la France. Le catholicisme accepte aussi l'idée de supranationalité, puisqu'il reconnaît le pouvoir spirituel du Pape, même si cette double allégeance a souvent posé problème dans le passé."
    -Jean Claude Boyer, La construction européenne: modèle catholique ou modèle protestant, 2002 (cf: http://archives-fig-st-die.cndp.fr/actes/actes_2002/boyer/article.htm ).

    http://books.openedition.org/editionsmsh/1774?lang=fr

    Dans quelle mesure et pourquoi l'Église de Rome favorise-t-elle la construction européenne ?

    « [Le désir des chrétiens] est un ciel dans lequel toute limite, toute nécessité de la nature disparaîtront ; dans lequel il n’y aura plus ni besoins, ni souffrances, ni blessures, ni combats, ni passions, ni changements. » -Ludwig Feuerbach, La religion (1864 pour l’édition française).

    "Europe qui es au début du troisième millénaire, retrouve-toi toi-même ! Découvre tes origines ! Avive tes racines ! ... Ne crains pas, l'Évangile n'est pas contre toi, il est en ta faveur !"
    -Jean-Paul II, Exhortation Ecclesia in Europa, 28 juin 2003.

    « L’évènement le plus important et le plus significatif de l’histoire moderne de la ville éternelle. »
    -Le Pape Pie XII, à propos de la signature du Traité de Rome, le 25 mars 1957.

    "Officiellement, les relations diplomatiques entre les Communautés européennes et le Saint-Siège commencent en 1970, quand ce dernier nomme un nonce apostolique près la Commission européenne. En 2006, la Commission nomme elle-même un ambassadeur près le Saint-Siège. Cette réciprocité des relations diplomatiques entre l'Europe et le Saint-Siège favorise leurs efforts communs pour une Europe de la paix, des droits de l'Homme et du développement humain."
    -Nicolas Steeves, Le Vatican, du mythe à la réalité, Editions Le Cavalier Bleu, coll. Idées reçues, 2011, 176 pages.

    "Le Saint-Siège a été un fidèle compagnon de route de la construction européenne. Depuis Pie XII, sa diplomatie a toujours suivi de près, et appuyé de loin, la réconciliation d’après-guerre du continent et le dépassement des égoïsmes nationaux, de la création du Conseil de l’Europe en 1949 aux traités européens successifs. [...] Un encouragement alors délicat pour ne pas donner prise aux suspicions d’une « Europe vaticane » qui chercherait à rétablir le Saint-Empire entre l’Amérique protestante et l’URSS athée."
    -Sébastien Maillard, Le Vatican et l’Europe, de l’appui bienveillant au soutien vigilant, La Croix, 21/11/2014 (cf: http://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/Le-Vatican-et-l-Europe-de-l-appui-bienveillant-au-soutien-vigilant-2014-11-21-1240755 ).

    "Les valeurs sur lesquelles est fondée l’Union européenne et qui sont désormais définies dans le Traité de l’Union européenne [...] sont également partagées par l’Église."
    -Marie-Laure Dénès et Monique Baujard, L'Europe en 12 questions, document édité par la Conférence des évêques de France le 17 novembre 2014 (cf: http://www.eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/leurope/les-chretiens-leurope/386277-leglise-soutient-construction-europeenne/ ).

    "Il n’est pas possible de mettre en doute l’importance de la contribution du facteur religieux, avec ses différentes articulations (Églises, penseurs, intellectuels, hommes politiques ou syndicalistes chrétiens, ou d’une manière plus large, si l’on veut, le « peuple de Dieu »), à la construction de l’Europe, même si le christianisme ne vit pas toujours d’un bon œil les initiatives d’unification du Vieux Continent. Par exemple, au xixe siècle, les projets de fédération européenne étaient issus du monde laïc et présupposaient l’abandon définitif de ce « bon vieil ordre ancien » auquel les Églises étaient encore attachées. De Jean-Jacques Rousseau à Emmanuel Kant, de Claude-Henri de Saint-Simon à Giuseppe Mazzini, de Philippe Buchez à Émile de Girardin, de Carlo Cattaneo à Victor Hugo, l’idée de l’unification de l’Europe, ou bien, comme certains commençaient à dire, des États-Unis d’Europe, avait un contenu libéral et national, parfois teinté de maçonnisme et d’anticléricalisme, qui la rendait suspecte non seulement aux yeux de la Rome catholique, mais aussi des autres confessions chrétiennes. Toutefois, par la suite, après la Première Guerre mondiale et au moins à partir des années 1920, la situation commença à évoluer, comme le mettent en évidence beaucoup de récentes recherches."

    "Après la Deuxième Guerre mondiale et la faillite des totalitarismes nationalistes, l’idée que l’Europe unie pouvait être la solution aux problèmes du continent redevint d’actualité. Pie XII pensait qu’une Europe unie pouvait mieux résister à la diffusion du communisme athée dans les pays occidentaux du Vieux Continent et à l’éventuelle agression de l’Union soviétique, mais aussi favoriser l’action civilisatrice du christianisme, stimuler le renouveau spirituel et une nouvelle évangélisation. L’Église catholique (mais aussi les confessions protestantes) mit tout en œuvre pour réconcilier les peuples qui s’étaient férocement combattus dans les fratricides guerres mondiales et pour développer une compréhension réciproque, présupposé nécessaire à un quelconque discours sur l’intégration européenne.

    Le pape Pie XII suivit avec attention et intérêt le développement des institutions européennes, sans cacher son appui à une Europe fédérale
    ."

    "Il y a un second motif « contingent » qui explique la froideur avec laquelle les protestants suivirent les premiers pas vers l’unification européenne. L’Europe des Six a été interprétée comme une Europe substantiellement catholique. Jusqu’à l’entrée dans la Communauté européenne de la Grande-Bretagne et du Danemark en 1973 et surtout de la Suède et de la Finlande en 1995, les protestants y figuraient en nette minorité. La crainte que ne prévale un pouvoir central européen influencé par le catholicisme et que l’Église catholique ne finisse par avoir « une position de force exclusive et préférentielle », conduit les protestants à privilégier les relations avec l’Europe orientale protestante plutôt que le renforcement de l’unité de l’Europe occidentale."

    "L’élargissement de l’Union européenne de 15 à 25 pays en 2004 n’a pas été sans conséquences également sur le plan religieux. La nécessité d’avoir une constitution pour l’Europe a provoqué beaucoup de discussions sur le problème des racines chrétiennes. L’importance de la tradition chrétienne pour comprendre la civilisation européenne est indéniable, mais il y a la crainte que derrière la référence aux racines chrétiennes se cache l’hypothèse d’une Europe confessionnelle, fermée à la Turquie ou à d’autres pays marqués par une forte présence musulmane, comme la Bosnie ou l’Albanie.

    Il est notoire que les appels de Jean-Paul II et des Églises chrétiennes en faveur de la mention des racines chrétiennes n’ont pas été acceptés par la Convention qui a élaboré le Traité constitutionnel. Pourtant, l’Union européenne a déclaré qu’elle entend maintenir un dialogue ouvert et régulier avec les Églises et les organisations religieuses. Beaucoup d’entre elles ont déjà un bureau de représentation auprès de l’Union, à Bruxelles ou à Strasbourg
    ."
    -CANAVERO, Alfredo. Religions et construction européenne In : Temps croisés II [en ligne]. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2010 (généré le 21 février 2016). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionsmsh/1774>. ISBN : 9782735116607.


    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. » -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    "La vraie volupté est remportée comme une victoire sur la tristesse [...] Il n’y a pas de grands voluptueux sans une certaine mélancolie, pas de mélancoliques qui ne soient des voluptueux trahis." -Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, in Trente ans de vie française, volume 2, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1919, 312 pages, p.40.


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