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    Michel Lacroix, La Beauté comme violence. La dimension esthétique du fascisme français

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Michel Lacroix, La Beauté comme violence. La dimension esthétique du fascisme français Empty Michel Lacroix, La Beauté comme violence. La dimension esthétique du fascisme français

    Message par Johnathan R. Razorback le Mar 30 Oct - 15:21

    http://www.academia.edu/28354184/La_Beaut%C3%A9_comme_violence._La_dimension_esth%C3%A9tique_du_fascisme_fran%C3%A7ais

    "L'un des traits marquants du fascisme, qui le distingue d'ailleurs des mouvements politiques contemporains, est la place primordiale prise par l'esthétique dans son idéologie." (p.2)

    "Le pouvoir absolu du chef, les incessantes demandes de sacrifice et d'héroïsme, la ségrégation et l'eugénisme, le mépris sans bornes à l'endroit des intellectuels, des vieillards et des bourgeois, l'exigence d'uniformité parfaite, le militarisme omniprésent, la nécessité d'une violence purificatrice: chacun de ces aspects du fascisme possède des assises esthétiques." (p.3)

    "Cette "journée nationale de Verdun" met l'accent sur le rituel, le décorum et l'unanimité, au détriment de la parole. Le Faisceau, en somme, préfère les cérémonies au déroulement prévu d'avance, aux gestes orchestrés, où les militants jouent le rôle de soldats bien disciplinés et où abondent les gestes devant symboliser leur "foi collective", c'est-à-dire des réunions politiques où l'esthétique joue un rôle primordial. Voilà pourquoi un Philippe Barrès peut parler du congrès tenu à Reims par le Faisceau à l'été de 1926 en le qualifiant d' "irrésistible" et en assurant: "ce fut un beau spectacle"." (p.10)

    "Ce qu'on retrouve chez Brasillach, c'est un compromis entre l'esthétique fasciste et une sorte d'esthétique que nous qualifierons de "boy-scout". La violence et la guerre, pourtant au cœur même de l'esthétique fasciste, ne sont pas cruciales chez Brasillach, ni ne sont constitutives d'un idéal héroïque. De plus il n'accorde pas la même importance au corps comme idéal de beauté, comme indice de la valeur intrinsèque de l'individu. Autrement dit, et ceci vaut aussi pour Blond, Châteaubriant ou Fernandez, bien que l'on remarque dans leurs textes politiques un enthousiasme irrépressible pour le fascisme, et, plus encore, pour l'esthétique fasciste, et bien que, à cet égard, leurs textes soient de parfaits exemples de lyrisme esthétique, leurs textes littéraires proprement dits sont, eux, plus ou moins dénués des caractéristiques de l'esthétique fasciste. C'est donc dire qu'ils admirent politiquement l'esthétique fasciste, sans toutefois l'adopter dans leur propre production esthétique. Or, Drieu, au contraire, ne limite pas l'esthétique fasciste au seul domaine politique, mais le reproduit aussi dans ses poèmes, nouvelles et romans. En fait, comme nous le verrons plus en détail au troisième chapitre, Drieu annonce dès 1917, dans ses poèmes de guerre, l'essentiel de ce qui sera l'esthétique fasciste, tant et si bien que l'on peut soutenir que c'est par le biais de l'esthétique qu'il est venu au fascisme." (p.20)

    "Déceler quels sont les objets privilégiés sur lesquels on porte un regard esthétique et quelles sont les prémisses artistiques ou socio-politiques conduisant à jeter un tel regard sur de tels objets ; mais aussi et surtout, nous avons voulu partir de ces jugements pour retrouver quelle est la hiérarchie qui informe leur énonciation, quels sont les traits considérés comme marque de la plus parfaite beauté ou de la plus abjecte laideur, quels sont les objets placés au sommet ou aux plus hauts échelons." (p.23)

    "L'esthétique fasciste est […] basée essentiellement sur l'idéal du corps humain ; ne connaissant pas de distinctions entre le privé et le public ou l'intérieur et l'extérieur ; privilégiant l'expression et la perception des sentiments aux dépens de la "rationalité sèche" ; faisant la promotion des valeurs d'héroïsme, de nationalisme, de volontarisme et de violence ; centrée du point de vue actantiel sur l'opposition entre un héros / chef et un anti-héros / traître ; une esthétique enfin du monumental et du sublime." (p.27)

    "Le gaulliste Jean Turlais […] avait écrit en 1943 dans les Cahiers français publiés à Londres: "Le fascisme, c'est...", cité par Paul Sérant." (p.38)

    "Ni la perspective de la religion, ni les considérations idéologiques proprement dites, ni les déterminations socio-économiques ne peuvent en épuiser le sens. Il y a une logique proprement esthétique au fascisme." (p.43)

    "Que le recours aux figures dotées de la "grâce divine" s'effectue principalement en temps de crise […] cela a été fort bien vu et appliqué à de multiples reprises aux différentes occurrences de fascisme." (p.55)

    "L'une des clés herméneutiques de sa théorie [à Max Weber] du charisme ignorées jusqu'ici par l'historiographie fasciste réside précisément dans sa description de la soif profonde éprouvée pour une vie ardente et entière, pour une vie recentrée autour de valeurs fondamentales, ainsi que du crédit fait au leader du pouvoir démiurgique apte à créer cette vie nouvelle." (p.56)

    p.65.
    -Michel Lacroix, La Beauté comme violence. La dimension esthétique du fascisme français, Université McGill, thèse présentée à la Faculté des études supérieures et de la recherche en vue de l'obtention du grade de Ph. D. en Langue et littérature françaises, août 2000, 483 pages.

    Aucune citation de N dans la thèse.



    _________________
    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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