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    Sylvain Boulouque et Pascal Girard (dir.), Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Sylvain Boulouque et Pascal Girard (dir.), Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques Empty Sylvain Boulouque et Pascal Girard (dir.), Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques

    Message par Johnathan R. Razorback le Jeu 12 Déc - 15:21

    « [La dénonciation de la trahison de la nation] constitue […] la colonne vertébrale du corps d’analyse de toutes les pensées nationalistes. Sur ce point, le totalitarisme se contente d’élargir la cible, de radicaliser la stigmatisation et d’extrémiser les solutions. » (p.9)  
    -Philippe Buton, préface à Sylvain Boulouque et Pascal Girard (dir.), Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques, Paris, Éditions Seli Arslan, coll. Histoire, cultures et sociétés, 2007, 223 pages.
    « Par le colloque « Traîtres et trahisons », qui s’est tenu à Troyes les 14 et 15 octobre 2005 et dont le présent volume rassemble les contributions, nous avons voulu interroger les différentes figures possibles de la trahison et de ses représentations. » (p.11)
    « Concept souvent utilisé mais assez peu étudié pour lui-même, en histoire du moins. » (p.11)
    « Toute trahison […] [entraîne] une rupture des liens de fidélité individuelle et collective […], de la vie partagée. » (p.12)
    « Il est possible de l’adosser à quelques noyaux constitutifs : personnels -individuels, familiaux, amicaux-, de groupes -affinitaires, bandes ou clans-, d’idéaux -politiques, religieux-, nationaux. […] Dimensions subjective et morale, voire religieuse, de l’accusation de trahison. […] Le « traître » n’existe que par rapport à l’autre -individuel ou collectif- et par rapport à un tiers -également individuel ou collectif. » (p.13)
    « Tout comme la trahison, la figure du traître est foncièrement négative. » (p.13)
    « [Le traître] peut à rebours être considéré comme audacieux, courageux voire héroïque. » (p.13)
    « [La trahison] est d’abord un choix. » (p.13)
    « La transgression des normes, du droit et des règles induit le jugement visant à condamner moralement ou légalement le traître par sa communauté d’origine. » (p.14)
    « [La trahison] est d’abord un acte nuisible à une communauté […] servant un adversaire ou un ennemi. […] Postulant l’existence d’un adversaire ou d’un ennemi, la trahison est par essence intimiment liée au conflit et au temps de la guerre. » (p.14)
    « Il serait totalement de prétendre fournir une définition normative de la trahison. Au contraire, il s’agit de prendre la trahison pour ce qu’elle est, une notion avant tout liée aux sentiments et aux jugements moraux ; elle est, au-delà des faits justifiant toute accusation, ce qui est pensé et ressenti comme trahison -y compris lorsque les preuves « matérielles » ou même les actes considérés comme trahison sont inexistants. » (p.15)
    « Décret-loi du 9 avril 1940 [article 76-3 : « Sera coupable de trahison et puni de mort […] tout Français qui aura participé sciemment à une entreprise de démoralisation de l’armée ou de la nation pour objet de nuire à la Défense Nationale. » (p.17)
    « L’analogie entre ces trois temps, 1810, 1939 et, dans une moindre mesure, 1960, démontre, pour ce qui est de l’effort législatif et du durcissement de la répression de la trahison, le poids déterminant de l’état de guerre. » (p.18)
    « Force irrésistible de la dimension morale de l’accusation de trahison. » (p.23)
    « Nul doute que des apports ultérieurs, abordant en particulier les périodes moins contemporains ou d’autres cas nationaux, viendront enrichir, confirmer ou nuancer ces analyses -ce que nous souhaitons vivement. » (p.24)
    -Sylvain Boulouque et Pascal Girard, Introduction à Sylvain Boulouque et Pascal Girard (dir.), Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques, Paris, Éditions Seli Arslan, coll. Histoire, cultures et sociétés, 2007, 223 pages.

    « Nébuleuse territorialisée, l’OAS est éclatée en structures ou fractions concurrentes voire rivales, et ce tant en Algérie -l’OAS-Alger n’est pas le décalque de celle d’Oran, elle-même différente de l’antenne de Constantine, -qu’en Espagne -les rivalités entre les proches d’Ortiz et de Lagaillarde sont féroces- et qu’en métropole- l’OAS-Métro est en rivalité ouverte avec Mission III d’André Canal, sans compter certains groupuscules autoproclamés. » (p.210)
    « Beaucoup de dirigeants et de cadres de l’OAS -Pierre Château-Jobert, Yves Godard, Pierre Sergent, Jean-Jacques Susini- sont de ci-devant résistants gaullistes ou d’anciens militants gaullistes, de même que de nombreux gaullistes, au temps du Rassemblement du peuple français (RPF) et des Républicains sociaux -à commencer par Michel Debré- ont été de vibrants partisans de l’Algérie française. […] Les relations entre l’OAS et les gaullistes ont donc un parfum de guerre civile intra-gaulliste. » (p.210-211)
    « L’OAS s’emploie ainsi à brouiller les références en identifiant Salan en 1921-1962 à de Gaulle entre 1940 et 1945, et le général de Gaulle de 1961-1962 au maréchal Pétain des années 1940. » (p.213)
    « Dimension d’infamie attachée à la notion de trahison. » (p.221-222)
    « Il est très rare, sauf peut-être chez un Drieu La Rochelle, de revendiquer, au moins partiellement, la trahison. » (p.223)
    -Olivier Dard, L’histoire de l’OAS au miroir de la trahison, in Sylvain Boulouque et Pascal Girard (dir.), Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques, Paris, Éditions Seli Arslan, coll. Histoire, cultures et sociétés, 2007, 223 pages, pp.209-223.

    « Cet article s’appuie sur des recherches déjà publiées : Pleasant the scholar’s life, Londres, SERIF, 1993 ; Belfast. From loyalty to rebellion, Londres, Lawrence and Wishart, 1991 ; Tu ne voteras point, Paris, Atlantica, 2005 ; et Renoncer à la terreur, Monaco, Éditions du Rocher, 2005. » (note 1 p.25)
    « Le traître, le « vendu », le corrompu, le donneur, l’espion sont des personnages récurrents dans le mouvement nationaliste irlandais. Ces personnages méritent d’être examinés non pas en eux-mêmes, mais parce qu’ils dessinent en creux, en négatif, les contours du militant idéal. Ils indiquent les normes auxquelles ce militant idéal doit se soumettre, les valeurs qu’il doit célébrer, la discipline qu’il doit respecter, les sacrifices auxquels il doit consentir.
    Pour qu’il y ait traîtrise, il faut qu’il y ait combat, lutte à mort, un conflit où le compromis n’est pas possible, qui doit se terminer par la victoire ou la défaite. Là où l’affrontement laisse place à la recherche d’un compromis, où des groupes dont les intérêts sont contradictoires veulent créer de nouvelles formes de coexistence pacifique, la figure du traître s’estompe jusqu’à disparaître. Dans la vie politique de nos sociétés occidentales, le traître a disparu, sauf dans les périodes où la vie politique recommence à ressembler à une lutte qui interdit le compromis, les luttes électorales, puisque celles-ci se terminent toujours et nécessairement par l’élimination de l’adversaire. On utilise pour ces combats un terme militaire, celui de « campagne », et une fois la campagne engagée, celui qui passe dans un autre camp est un traître. Sinon, en dehors d’une minorité radicale qui envisage encore et toujours la lutte politique comme une lutte à mort et pour qui il y a l’ennemi et les traîtres (« sociaux-traîtres »), le terme n’est plus utilisé.
    Rechercher la figure du traître est un travail qui consiste à déterminer quels éléments contribuent à militariser le politique, à le transformer en une lutte à somme nulle, où tout point marqué par un camp est un point perdu par l’autre camp. » (p.25)
    « Le nationalisme met en place un système de valeurs culturelles, spirituelles (langue, religion, etc.) contraignantes auxquelles un peuple doit adhérer pour mériter de devenir une nation. Etre patriote, c’est adhérer à ces valeurs. Les manquements sont pris au sérieux, puisqu’ils mettent en danger l’ensemble du projet. Le patriote irlandais est catholique, il doit parler le gaélique et défendre les traditions. […] Les termes religieux qui expriment la « trahison » sont nombreux : hérétiques, apostats et rénégats. De même pour le nationalisme, les expressions qui condamnent l’éloignement des valeurs nationales sont multiples : shoneen, West Britons. Est renégat celui qui s’éloigne de l’église catholique, qui émigre pour trouver du travail, qui renonce à parler la langue nationale. Les femmes transmettent ces valeurs dans la famille et les transgressions féminines sont particulièrement anathématisées : transgressions sexuelles, adultères, refus de se conformer au moule. Les suffragettes n’étaient pas de bonnes patriotes, car la femme patriote est celle qui se dévoue à la cause par l’intermédiaire de son mari. » (p.26)
    « La militarisation du politique peut avoir des origines diverses. Les lois autorisant les associations, les formes d’action collectives et les syndicats ont été longues à se mettre en place. Toute forme d’association des fermiers ou des salariés était considérée comme subversive. En 1801, à Belfast, deux maçons posèrent leurs outils, ou comme on disait à l’époque où les organisations ouvrières étaient interdites par les Combination Laws, « conspirèrent pour augmenter leur salaire ». Ils furent punis de trois mois d’emprisonnement. De même, dans le monde paysan, les formes de négociation paritaire étaient inconnues et les actions collectives interdites. Quand le désespoir est total, quand la famine menace, les fermiers se regroupent la nuit, se noircissent le visage, mutilent le bétail, mettent le feu aux meules de foin, attaquent et tuent parfois les propriétaires ou leurs agents. C’est la seule relation possible entre fermiers et propriétaires. Quand le nombre de ces incidents atteint un certain niveau, le message est entendu, le loyer de la terre baisse, les expulsions sont remises à plus tard et un nouvel équilibre est atteint. C’est ce qu’Eric Hobsbawn appelait « la négociation collective par l’émeute ». Quand la négociation collective est impossible, que la seule action de défense est la destruction des biens et des personnes, quand les maîtres disposent de la police et des tribunaux, le seul moyen d’action est la société secrète, où la solidarité est le maître mot. Edward Palmer Thompson a noté que ces formes d’action subsistent dans un environnement industriel urbain, sous l’influence de l’émigration irlandaise. Encore une fois, quand il n’y a aucune place pour le compromis, mais que le seul rapport de négociation est l’équilibre de la terreur, celui qui ne se range pas dans l’action est forcément un traître. Dans le monde industriel, le terme équivalent est celui de « jaune », un mot qui a pratiquement disparu des conflits ouvriers puisqu’aujourd’hui une grève qui rassemble 30 ou 40% du personnel permet la négociation. » (pp.26-27)
    « Les deux notions de nationalisme et de militarisme fusionnent pour donner un nationalisme guerrier. Un nationalisme « pur », où de ce qui compte d’abord est la revendication nationale, qui ne doit être souillée par aucune autre revendication, sociale ou politique. […] Le mouvement Fenian, de ce point de vue, s’est constitué comme modèle du mouvement républicain. Lorsque cette fusion est réalisée, elle se cristallise en normes contraignantes. La trahison est ce qui s’éloigne de ces normes. Ne pas considérer la défense de la nation comme centrale est une trahison. Les revendications sociales, les luttes pour la terre ou pour les salaires, sont secondes par rapport à la libération nationale. Ne pas considérer la lutte armée comme fondatrice de la nation est une autre forme de trahison. » (p.27)
    « Les ancêtres immédiats du mouvement Fenian étaient les Jeunes Irlandais. Quand le mouvement de masse de Daniel O’Connell pour l’autonomie s’engloutit dans la Grande Famine de 1845-1848, ses militants ne supportaient pas que la flamme nationale n’avait le droit de mourir de faim sans se révolter. Ils organisèrent de misérables rébellions. Celle de William Smith O’Brien, en 1848, rassembla quelque 6000 hommes. Le lendemain, la foule avait presque disparu : tous ces hommes croyaient qu’on allait leur distribuer de la nourriture. Smith O’Brien commente ainsi cette débâcle : « le fait reste inscrit dans nos annales : le peuple a préféré mourir de faim chez lui, ou s’exiler vers d’autres terres plutôt que de se battre pour leur vie et leur liberté ». Ici, c’est le peuple tout entier qui a trahi la cause. L’histoire du mouvement Fenian qui suivit, à partir des années 1860, est une histoire de défaites, d’emprisonnements, d’exils. » (p.28)
    « Le nationalisme guerrier est particulièrement contraignant pour les femmes. […] L’étranger contrôle les frontières, réprime les révoltes, ferme les églises et crée des écoles où l’on enseigne dans une langue étrangère le silence sur la culture et l’histoire nationales. Le seul endroit où peuvent se transmettre la foi chrétienne, la langue et les traditions est la famille, et la femme est la gardienne de cette transmission. Ce rôle de vestale est si central qu’il conduit à utiliser abusivement le terme de « matriarcat » pour la société qui le lui attribue. Cette appellation ne correspond à aucune réalité sociale. Les femmes ne sont acceptées que comme productices de fils soldats, de fille, mères et sœurs de combattants. Religion et patriotisme sont des valeurs d’hommes qui sont transmises par les femmes, et c’est dans la mesure où celles-ci se conforment à ce rôle qu’elles sont glorifiées.
    Gare en revanche à celles qui s’écartent de ces valeurs ! Les revendications féministes, collectives ou individuelles, sont toujours considérées comme des trahisons parce qu’elles remettent en cause la définition d’un nationalisme patriarcal. Les peuples conquis sont féminisés, la lutte pour l’indépendance passe par la reconquête de la masculinité de la nation. Patrick Pearse, le dirigeant de l’insurrection de 1916, compare le système éducatif à une castration des Irlandais qu’il a transformé en eunuques, en esclaves soumis, obséquieux, habiles de leurs mains. Il les a transformés en femmes. L’indépendance passe par la reconquête de la virilité. Des garçons châtrés par le système éducatif anglais, il doit faire des combattants endurcis de la nation. Le poète William Butler Yeats s’accusait d’être « efféminé » parce qu’il n’avait pas concrétisé par la lutte armée sa haine de l’Angleterre. Les femmes qui persistaient, pendant les luttes nationales, à revendiquer un statut d’égalité étaient donc considérées comme des traîtres à la cause, comme des agents de l’impérialisme anglais. Les réactions sont brutales. En 1905, Maud Gonne, actrice et héroïne nationale, demanda le divorce de son époux John McBride pour ivrognerie, agressions sexuelles contre le personnel domestique et adultère avec une jeune protégée de Maud. Dans son apparition publique après le divorce, elle fut accueillie par des cris « vive John McBride ». Dans les quartiers catholiques de Belfast, les femmes de prisonniers sont sous étroites surveillance et toute relation sexuelle pendant que l’époux est en prison peut être sévèrement punie, de même que des relations avec « l’ennemi ». » (pp.28-29)
    « Littéralement, le ghetto est un endroit où des gens sont obligés de vivre à cause de lois discriminatoires. Les ghettos de Belfast sont le contraire : c’est le seul endroit où les gens se sentent en totale sécurité. Dans ces quartiers, il n’y a pas d’étrangers, tout le monde vit parmi les siens. […] Dans une ville déchirée par un conflit politico-militaire, la ségrégation territoriale est une conséquence de la recherche de sécurité contre les destructions de biens et de personnes. » (p.30)
    « A Londonderry, la deuxième ville d’Irlande du Nord, quand la réforme électorale a donné la majorité aux catholiques en 1972, la première décision du nouveau conseil a été de changer le nom de la ville de Londonderry en Derry, comme on plante un drapeau sur un territoire conquis. Dans cette même ville de Derry, une parade loyaliste (protestante) célèbre les Apprentice Boys. En 1690, pendant la Révolution anglaise, la ville était assiégée par les armées catholiques de Jacques II. Les édiles, dont le célèbre Lundy, décidèrent de se soumettre et d’ouvrir les portes de la ville. C’est alors que des apprentis se précipitèrent, refermèrent les lourdes grilles ; laville put ainsi être sauvée par les armées de Guillaume d’Orange. Depuis cet événement, Lundy est le symbole du traître chez les protestants, celui qui ouvre les portes pour laisser pénétrer l’ennemi. L’événement est célébré chaque année au mois d’août ainsi qu’à chaque consultation électorale, puisque les protestants votent pour des partis protestants et, à l’intérieur de ces partis, votent majoritairement pour ceux des dirigeants, comme le pasteur Paisley, qui défendent de la manière la plus tonitruante les intérêts de leur communauté. Paisley dénonce inlassablement les « traîtres », ceux qui acceptent de discuter avec l’adversaire, sont prêts à accorder des réformes, à pactiser avec l’ennemi. » (pp.30-31)
    « A Derry, au lendemain du Bloody Sunday où l’armée britannique avait tiré sur une manifestation pacifique, dans les quartiers protestants des militants avaient inscrit sur les murs le slogan : « Match armée britannique, IRA, 13 à 0. » Ces périodes de la vie politique où les enjeux étaient clairs ne cessent de venir nous hanter. « Vaincre ou mourir », la fortune des personnages emblématiques comme Che Guevara ou le sous-commandant Marcos témoignent de cette nostalgie. Quand il n’y a plus de traîtres, il n’y a plus de héros. » (p.31)
    -Maurice Goldring, « Figures du traître dans le mouvement républicain irlandais », in Sylvain Boulouque et Pascal Girard (dir.), Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques, Paris, Éditions Seli Arslan, coll. Histoire, cultures et sociétés, 2007, 223 pages, pp.25-31.
    Distinguer trahison subi (comme accusation, comme fait social qui tombe sur l’individu pris au dépourvu) et trahison choisie (comme choix).
    Dupont-Aignan a engendré des défections dans son mouvement, sans pour autant être taxé de « traître ».
    Le nationalisme recours à l’accusation de trahison, et semble difficile à ramener, de nos jours, à une « minorité », fusse-elle radicale.
    Critiquer le terme de militarisation (la réduction du répertoire d’action militant à la violence n’implique pas la discipline semi-militaire d’un parti de type bolchevik, ni la semi-professionnalisation martiale du patriote partisan).
    Tel que le décrit Goldring, le « nationalisme » irlandais semblait unir trois réalités conceptuellement (et, parfois, pratiquement) distinctes : l’indépendantisme (la nation comme forme politique souveraine), le « nationalisme culturel » (l’intégration d’attendus culturels dans la définition de la citoyenneté), et le nationalisme comme idéologie politique orientant de façon « interne » le futur Etat souhaité (avec des composantes traditionnalistes, religieuses et xénophobes).
    Risque de définition circulaire. Déviation et trahison sont-elles équivalentes ? La trahison ne présentent-elles pas des sanctions sociales plus forte, allant jusqu’à la rupture des relations (ou des peines d’exclusion physique plus ou moins sans retour -emprisonnement, exécution) ?
    Rapprocher l’impensé de la trahison de celui autour de la guerre civile.
    Reste à savoir si la figure du héros est réductible à la politique ou à la guerre.
    Un article qui n’épuise pas le sujet. Hors sujet pp.30-31.
    « On peut respecter un adversaire, on ne respecte pas un traître. » -Claude Sales, La Trahison, Paris, Le Seuil, 1999, p.70.



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.


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