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Forum d'archivage politique et scientifique


    Jean-Pierre Azéma, De Munich à la Libération (1938-1944)

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback le Jeu 9 Avr - 12:44

    « Français et Britanniques ne considèrent pas la question allemande sous le même angle. D’une part, les insulaires s’estiment protégés par la mer ; et, d’autre part, nombreux sont les cercles financiers ou marchands qui désirent qu’on ménage politiquement le quatrième client de l’économie britannique. Bon nombre des conservateurs, enfin, que l’Allemagne -même hitlérienne- est fort utile pour barrer la route au bolchevisme. Neville Chamberlain, devenu Premier ministre après avoir été chancelier de l’Échiquier, synthèse le tout dans ce qu’il appelle une politique d’apaisement : une appréciation réaliste de la conjoncture commande de s’entendre avec l’Allemagne, pour peut qu’elle se montre « raisonnable ». Lors de la remilitarisation de la Rhénanie comme pendant la crise de l’Anschluss, le gouvernement de Sa Majesté a estimé que ni la sécurité de la France ni l’équilibre européen n’étaient véritablement menacés. » (p.12)

    « Prague se prévalait d’une double protection : un pacte d’assistance mutuelle franco-tchèque, signé en 1925, et un pacte d’assistance mutuelle franco-tchèque, signé en 1925, et un pacte tchéco-soviétique, conclu en mai 1935, mais dont la mise en application était subordonnée -comme l’avait exigé Paris- à l’exécution par la France de ses propres obligations. En quatre semaines pourtant, Prague se trouvait piégée dans un engrenage imparable. » (p.15)

    « Selon toute vraisemblance, Daladier était intimement convaincu que -à tous égards- les Français n’étaient pas prêts à affronter la guerre. » (p.17)

    « Il n’était pas certain que la fabrication (même accélérée) des Hurricane et des Spitfire pût compenser la mise à mort d’une alliée qui apportait également en dot trente divisions aguerries et quelque mille avions. Au total, la sentence que Churchill prononça quelques années plus tard garde toute sa valeur : « Le gouvernement avait à choisir entre la honte et la guerre. Il a choisi la honte et il a eu la guerre ». » (pp.17-18)

    « Louis Marin, qui ne peut être en rien soupçon de tiédeur, déclarait sans ambiguïté le 1er octobre : « Le 28 septembre un coup de frein était donné aux affreux bellicistes… nous ne pouvons à nos frais offrir au monde une bataille de la Marne tous les vingt ans ». » (p.18)

    « [L’Action française] exigeait, le jour de Munich […] des balles « pour Mandel, Blum et Reynaud ». Quelques mois plus tard, en mars 1939, dans Je suis partout, Brasillach écrivait : « Mais le petit matin frais où l’on conduira Blum à Vincennes sera un jour de fête dans les familles françaises et l’on pourra boire du champagne à l’occasion. » (« Pas d’union sacrée avec la canaille », Je suis partout, 24 mars 1939). » (note 1 p.19)

    « L’hypothèque Blum levée, Daladier, président en titre du parti radical et ministre de la Guerre sans discontinuer depuis juin 1936, était investi le 12 avril par 575 voix contre 5. Aussi bien la Chambre que le Sénat lui accordaient sans rechigner les pleins pouvoirs financiers. A l’évidence, de part et d’autre, on attendait beaucoup de lui, il lui restait à faire ses choix. […]
    Après les premiers succès de la politique déflationniste du premier gouvernement Blum, la conjoncture était morose : des tensions inflationnistes étaient réapparues, aggravées par le protectionnisme et la stagnation relative de la production industrielle. La situation monétaire et financière était encore plus précaire : il fallait en effet compter sur le déficit croissant des finances publiques et l’accroissement de la dette flottante, puisque 50% des dépenses de l’Etat étaient consacrés à solder la guerre de 14-18 et à préparer la nouvelle (un très sérieux effort en matière d’armement avait été consenti depuis septembre 1936) ; une circulation fiduciaire trop élevée comme l’appel répété aux avances de la Banque de France par suite de la dérobade des marchés financier et monétaire n’arrangeaient pas les choses ; sur le marché des changes, le franc dit « élastique » puis « flottant » subissait une dépréciation sensible. » (p.23)

    « La CGT comptait, au printemps 1937, plus de 4 millions d’adhérents. […] [Les syndicats] entendaient défendre coûte que coûte les acquis sociaux de 1936. En avril 1938, 130 000 salariés du secteur privé étaient en grève tandis qu’une centaine d’usines étaient occupées dans la seule région parisienne. » (p.24)

    « Le tournant politique était accentué par l’arrivée aux Finances, en novembre, de Paul Reynaud. Après avoir vigoureusement combattu le contrôle des changes, il imposait à un gouvernement d’abord réticent une nouvelle stratégie économique mise au point avec l’aide d’un cabinet de jeunes technocrates brillants : pour relancer la machine économique, on devait avant tout compter sur les mécanismes de l’économie libérale, la relance des investissements privés et le rapatriement des capitaux placés à l’étranger depuis 1935. A cette fin, il fallait renoncer à toute nouvelle mesure sociale et lever les entraves « dirigistes » : le contrôle des prix mais aussi les limitations apportées à la liberté d’embauche ou à la durée du travail. Politiquement, enfin, il fallait provoquer un choc psychologique décisif, trancher dans le vif et accepter sans barguigner l’affrontement devenu inéluctable avec le pouvoir syndical.
    Les décrets-lois Reynaud libérèrent donc pratiquement tous les prix, instituèrent un « Comité de la hache » pour supprimer des postes budgétaires dans les services publics, et, bien entendu, s’en prirent aux quarante heures. Non que la foi fût abrogée, mais les dérogations furent telles qu’elle en perdrait toute signification ; et la tarification des heures supplémentaires était notablement diminuée. La base combative réagit, provoquant localement des heurts violents, entre autres aux usines Renault. » (p.26)

    « Que le régime se portât honorablement, le déclin de l’ultra-droite en témoigne également. Certes, nous l’avons vu, elle demeurait efficace comme groupe de pression pacifiste, mais pour l’heure elle n’était plus capable de menacer sérieusement le régime proprement dit : les comploteurs à la manière de la « Cagoule » étaient dispersés, le parti populaire français qui devait être le « grand parti » fasciste attendu se déchirait de scission en scission, l’Action française périclitait politiquement. Tout aussi significatif est la stagnation électorale du parti social français pourtant soucieux de jouer le jeu parlementaire : Daladier et les radicaux avaient supplanté La Rocque pour bon nombre de ces Français qui avaient naguère basculé dans l’opposition boudeuse ou violente. » (p.30)

    « Dès 1939, le parti [socialiste] subissait des revers électoraux cuisants ; en 1940 il n’était plus que l’ombre de lui-même. » (p.31)

    « Paris devait vivement réagir aux prétentions émises par Rome le 30 novembre sur Nice, la Savoie, la Corse et la Tunisie. » (p.33)

    « C’est sur un navire de guerre que Daladier se rendit en Corse, en Tunisie, en Algérie pour réaffirmer la présence française ; des garanties étaient offertes à la Pologne, la Roumanie, la Grèce ; pour gagner la Turquie, la France cédait au Levant le sandjak d’Alexandrette, un territoire en litige depuis une vingtaine d’années ; Paris, surtout, s’efforçait d’amener Londres à conclure une alliance défensive avec Moscou. En France même, le très germanophile comité France-Allemagne était dissous et le futur ambassadeur Otto Abetz, trop prodigue en fonds « culturels », ne pouvait rejoindre Paris. » (p.34)

    « Le 2 septembre [1939], seuls Bergery à la Chambre et Laval au Sénat tentèrent de s’opposer à la guerre. » (p.34)

    « Le nombre des déserteurs fut infime. » (note 1 p.35)

    « A cause de divergences entre la Home Fleet et l’état-major français, Français et Britanniques furent incapables d’envoyer un ultimatum commun : l’Empire britannique se trouvait en guerre le 3 septembre à 11 heures, l’Empire français à 17 heures. » (p.41)

    « En septembre 1939, les deux tiers de l’armée belge gardaient la frontière franco-belge. » (p.41)

    « Selon tous les stratèges, le temps travaillait en faveur des Franco-Britanniques : les Anglais pourraient ainsi étoffer leur corps expéditionnaire (ils avaient envoyé seulement deux divisions sur le continent) tandis que le Reich, déjà miné de l’intérieur, capitulerait asphyxié par le blocus et la guerre économique. » (p.42)

    « Les Polonais, écrasés sous les coups des Panzerdivisionen et des Stukas, désemparés par l’attaque imprévue et brutale lancée le 17 septembre à l’Est par les Soviétiques, étaient abandonnés à leur triste sort. Varsovie tombait le 28 ; le 12 octobre, le quatrième partage de la Pologne était consommé […] Les corps d’élite de la police secrète du Reich, les Einsatzgruppen, recevaient pour mission de liquider physiquement toute l’intelligentsia et les notables polonais. » (p.42)

    « En dépit de son infériorité numérique, la Kriegsmarine avec ses « cuirassés de poche » et ses sous-marins disposés « en meute » tenait la dragée haute à la Home Fleet. » (p.43)

    « En octobre 1939 et en février 1940 l’Union soviétique livrait à l’Allemagne des produits stratégiques, métaux rares, pétrole (le dixième des besoins du Reich). » (p.43)

    « Les « grands chefs » français à l’inverse des responsables de la Wehrmacht avaient tout prévu sauf une guerre de mouvement (les armées françaises disposaient de trois fois plus de pièces d’artillerie, mais de trois fois moins de canons antichars et de deux fois mois d’avions de combat). » (p.43)

    « Les députés communistes votèrent les 70 milliards de crédits extraordinaires.
    A compter du 20 septembre, le PCF défendit une tout autre ligne imposée par les dirigeants du Komintern […] il dénonça la « guerre impérialiste », en exigeant la cessation immédiate des hostilités ; parallèlement, les dirigeants du PCF plongeaient dans la clandestinité, tandis que Thorez, le 4 octobre, désertait. » (p.45)

    « Dissolution par décret [du PCF] le 27 septembre (après l’invasion de la Pologne par les troupes soviétiques). » (p.46)

    « On n’avait pas pu empêcher les prix de déraper. Les salaires, eux, étaient pratiquement bloqués. » (p.48)

    « Indice des produits industriels (1938 = 100) : décembre 1939 = 128, avril 1940 = 154. […]
    En avril 1939, un OS de la région parisienne gagnait 400 F pour 40 heures de travail ; 420 F (après prélèvement à la source) pout 60 heures de travail en mars 1940. » (note 3 et 4 p.48)

    « Le 14 mars, 60 sénateurs manifestaient leur défiance en s’abstenant ; cinq jours plus tard, on dénombrait à la Chambre 300 abstentionnistes ; Daladier choisit alors de se démettre.
    Poussé en avant par les « bellicistes », Paul Reynaud, président du Conseil désigné, crut bon pour former le gouvernement d’opérer un savant dosage parlementaire : son Cabinet ne comprenait pas moins de 21 ministres et 14 secrétaires d’Etat […] Certes, il avait fait entrer les socialistes (sans Blum) par la petite porte, éliminé Bonnet, mais le gouvernement manquait d’homogénéité et n’était en aucun cas un cabinet de guerre. […] Il ne dut son investiture acquise d’extrême justesse (268 oui, 156 non, 111 abstentions) qu’à un très bon discours de Blum, à Mandel qui « fit les couloirs » et à Herriot qui laissa traîner le scrutin.
    Cette séance avait été consternante, les résultats du vote ambigus à souhait : plus de la moitié des députés de son propre parti -l’Alliance démocratique- avait voté contre Reynaud, sauvé par les voix socialistes. » (p.51)

    « 28 mars […] accord au terme duquel les deux alliés [France / Royaume-Uni] « s’engageaient mutuellement à ne négocier ni conclure d’armistice ou de traité de paix durant la présente guerre si ce n’est d’un commun accord ». » (p.52)

    « Le torchon brûlait entre le président du Conseil et son ministre de la Défense nationale, qui ne communiquait plus que par missives, et aucun Conseil des ministres ne put se tenir entre le 14 avril et le 9 mai. Ce jour-là, estimant qu’il n’était pas en mesure de mener la guerre à sa guise, et rendant le général Gamelin responsables des échecs en Scandinavie, Reynaud déclarait que ce dernier n’avait plus sa confiance tandis que Daladier couvrait le général en chef : le conflit était ouvert. Reynaud remettait sa démission à Lebrun qui le pressait -savait-on jamais- de la tenir secrète. Il la reprenait le lendemain : la Wehrmacht s’était ébranlée. » (p.53)

    « Le beau temps étant revenu, Hitler lançait, le 10 mai, une offensive de grand style. » (p.56)

    « Le haut commandement français fut au-dessous de tout. […] Le commandant du front nord-est, le général Georges, était comme frappé d’aboulie. Huntziger, qui commandait la IIe armée, écrivait encore le 14 mai que « l’avance ennemie a[vait] été colmatée ». Ordres et contrordres se succédaient de façon si contradictoires que la 2e division cuirassée appelée enfin en renfort fut incapable d’atteindre en bon ordre le champ de bataille et fut détruite avant d’être engagée.
    Le sort de la campagne de France était scellé le 26 mai après qu’eurent échoué les ultimes tentatives de rétablir un front continu. Le haut commandement français avait fini par faire donner les divisions cuirassées, mais trois d’entre elles furent englouties dans la bataille ; si la quatrième, commandée par le colonel de Gaulle, put ébranler le dispositif adverse près de Montcornet, elle ne put empêcher les Allemands d’établir trois têtes de pont sur la Somme et d’atteindre la mer le 20 mai : 45 divisions franco-britanniques étaient prises dans la nasse des Flandres. Le nouveau généralissime, Weygand, rappelé du Levant, tenta bien une ultime manœuvre pour les débloquer ; mais elle échoua par suite d’une série de contretemps, de malentendus, de dissensions entre Français et Britanniques. » (p.57)

    « Sur le continent -abandonné par le corps expéditionnaire britannique-, la situation était dramatique. Pour défendre un front de 280 kilomètres, étiré de la basse Somme à la ligne Maginot et adossé à quelques lignes d’eau, Weygand disposait d’une petite cinquantaine de divisions. De surcroît, l’Italie entrait en guerre le 10 juin ; même si, à la grande colère de Mussolini, ses troupes parvenaient seulement à enlever quelques vallées frontalières et la moitié de Menton, du moins fixaient-elles sur place l’armée des Alpes. » (p.58)

    « Le 12 juin, Weygand donnait l’ordre de retraite générale. Paris avait été déclarée « ville ouverte » ; les avant-gardes allemandes y pénétraient le 14 ; le maître du Reich, accompagné de Speer […] la parcourait en vainqueur dans le petit matin du 18. » (p.58)

    « Le 16 juin au soir, après deux réunions gouvernementales d’une rare violence, Reynaud cédait la place à Pétain.
    C’était tout, sauf la France de l’An II. […] Jeannerey, adversaire déterminé de l’armistice, se perdait dans des excès de juridisme ; si, enfin, Reynaud sut porter sur la guerre un diagnostic prémonitoire, sa conduite fut bien moins ferme que sa pensée. Ce n’était pas Churchill. » (p.60-61)

    « Si l’on prend en compte les mouvements qui ont affecté partiellement la France méridionale, on peut estimer que, du 15 mai au 20 juin, au moins 6 millions -et plus vraisemblablement 8 millions- de Français et de Françaises ont abandonné leur domicile. […] Une bonne part des innombrables maisons pillées le furent moins par la Wehrmacht que par des Français. » (p.62)

    « La Wehrmacht fut moins « korrect » qu’on ne l’affirme : ici et là des otages civils furent massacrés, plusieurs centaines, en mai, à Oignies, une quinzaine, le 14 juin, à Tremblay-lès-Gonesse, etc.). C’est cette grande peur qui leur faisait braver les risques de voir les convois bombardés -comme le fut le dernier train qui tenta de quitter la gare d’Arras -ou les routes régulièrement mitraillées. » (p.63)

    « Les 150 habitants de Bousselange prirent la route à l’exception d’une famille qui choisit le suicide collectif. » (p.63)

    « Près de Lyon, le 1er régiment d’infanterie coloniale se défendit avec tant d’opiniâtreté que les Allemands fusillèrent les officiers survivants et -le racisme aidant- jetèrent les Sénégalais sous les chenilles de leurs chars. » (p.64)

    « La Wehrmacht rafla -avant et après la conclusion de l’armistice- près de 2 millions de prisonniers. » (p.64)

    « [A Paris] une quinzaine de personnes s’étaient suicidées de désespoir. » (p.65)

    « La Grande-Bretagne établi par Corbin, Jean Monnet et Charles de Gaulle instituant un gouvernement commun, etc. […]
    Quoi qu’il en fût, Reynaud ne parvenait pas à fléchir Weygand, qui s’était voué à l’armée, détestait les politiciens et était de surcroît fort réactionnaire. » (p.66)

    « La plupart des opposants à l’armistice préféraient s’établir en terre d’Empire, notamment en Afrique du Nord. » (p.68)

    « Le général Noguès, commandant en chef en Afrique du Nord : « L’Afrique du Nord tout entière est consternée par la demande d’armistice… car on ne gouverne pas dans le mépris ». Quelques jours plut tôt, Weygand n’avait-il pas déclaré : « L’Empire mais c’est de l’enfantillage », en ajoutant : « Lorsque j’aurai été battu ici, l’Angleterre n’attendra pas huit jours pour négocier avec le Reich ». » (p.68-69)

    « L’argument démographique est peu pertinent, puisque les deux armées telles qu’elles se faisaient face étaient numériquement égales. Quant à l’armement, la thèse [de Pétain] ne vaut guère mieux, mais elle a la vie dure. Rappelons que les armées française -contrairement à ce qui est couramment écrit- disposaient de plus de blindés que n’en possédait la Wehrmacht et que certains d’entre eux -les chars B- étaient tout à fait remarquables. C’est dans la guerre aérienne que l’armée allemande conservait un avantage appréciable, grâce à ses bombardiers et à ses avions en piqué, les redoutés Stukas. Mais, globalement, le potentiel militaire s’équilibrait de part et d’autre à ceci près que l’économie de guerre du Reich exigeait une guerre courte. Ajoutons encore que, contrairement à une légende complaisamment entretenue, « dans l’ensemble on se bat et on se bat bien », comme en témoignent les 100 000 soldats tués sur les fronts en moins de cinq semaines. » (p.70)




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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

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    Message par Johnathan R. Razorback le Jeu 9 Avr - 12:49

    « [Pour Hitler] ainsi qu’il l’expliquait le 18 juin à Mussolini, « il faut avant tout empêcher la flotte française d’atteindre l’Angleterre » […] pour ce, l’Axe devait « obtenir au cours des négociations qu’un gouvernement français continue à fonctionner en territoire français » et empêcher coûte que coûte sa « fuite à l’étranger, à Londres, d’où il continurait la guerre ». La survivance d’un Etat français présentait d’autres avantages : il garantissait la sécurité des troupes d’occupation et il dispenserait la Wehrmacht « de la responsabilité désagréable qu’assumeraient les puissances occupantes et se chargeant, entre autres choses, du domaine administratif ». Freinant la boulimie territoriale de son très tardif allié, le Führer repoussait à la mise à genoux de la Grande-Bretagne le partage des dépouilles. C’était très bien conçu et Vichy, qui se flattera d’avoir « arraché » des concessions au Reich, apprendra à ses dépens l’habileté du piège allemand. » (p.72)

    « Dans le même article 8 [de la convention d’armistice du 25 juin], il était stipulé que la flotte de haute mer serait « démobilisée et désarmée sous le contrôle respectif de l’Allemagne et de l’Italie » et qu’elle devrait pour ce regagner « les ports d’attache des navires en temps de paix » ; c’est cette clause qui incitera les Britanniques, qui n’avaient aucune confiance en la parole de Hitler, à déclencher l’opération « Catapult ».
    Le Reich avait pris aussi des précautions d’ordre économique. Il avait décrété des mesures conservatoires concernant le trafic commercial maritme, le transfert des valeurs et des moyens d’échange. La France devait encore admettre « le transport en transit de marchandises entre le Reich allemand et l’Italie à travers le territoire non occupé ». L’article 18 précisait en outre que « les frais d’entretien des troupes d’occupation allemandes sur le territoire français seront à la charge du gouvernement français » : c’était la base juridique du véritable tribut auquel sera assujetti l’Etat français. » (p.73)

    « La France était cependant sciendée en deux par une « ligne de démarcation » […] laissant en zone occupée toutes les façades maritimes, à l’exception des côtes méditerranéennes. » (p.74)

    « [Hitler] était d’ailleurs d’ores et déjà décidé à ne pas respecter la convention qui venait d’être signée : en août 1940, avant même que la bataille d’Angleterre n’ait commencé, il plaçait deux Gauleiter à la tête de l’Alsace et de la Lorraine, et annexait de fait trois départements français. » (p.75)

    « La très grande majorité, des Français approuvaient l’arrêt des hostilités, récusaient une politique sacrificielle et se partageaient vraisemblablement entre la honte et la lâche soulagement. A l’opposé, l’armistice déclenchait les premiers réflexes réfractaires, tel le texte que faisait circuler Edmond Michelet, le 17 juin ; affirmant après Péguy que « celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend ». » (p.76-77)

    « Pendant une quinzaine de mois, le pétainisme s’impose. » (p.78)

    « Ce pessimisme fondamental, ce moralisme sentencieux, cet élitisme antidémocratique, cette construction organisatrice de la société, ce nationalisme défensif et réplié sur lui-même ont un fondement bien réactionnaire […] Ce régime foncièrement autoritaire n’était pourtant pas fasciste : Pétain écarta cet instrument fondamental qu’est le parti unique, et le pouvoir fut d’abord confisqué par une gérontocratie de notables conservateurs qui parvinrent à esquiver les mutations sociales inhérentes à la prise de pouvoir de style fasciste. » (p.80)

    « La thèse défendue par R. Bourderon, « Le régime de Vichy était-il fasciste ? », 1973, n’est pas convaincante. » (note 2 p.80)

    « Le 9 juillet, les deux Assemblées étaient mûres pour voter -à 4 voix près- le principe de la révision constitutionnelle. Le lendemain, l’Assemblée nationale était officiellement réunie, à l’issue d’une séance menée tambour battant par une majorité décidée à abolir un « formalisme périmée » […] L’Assemblée nationale accordait par 468 voix contre 80 et 20 abstentions « tous pouvoirs au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle Constitution de l’Etat français. […] Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées ». » (p.81-82)

    « On dit communément que c’est la Chambre du Front populaire qui vota les pleins pouvoirs ; il faut nécessairement apporter deux correctifs : une cinquantaine de députés communistes, tout comme les parlementaires du Massilia étaient absents et -surtout- l’« Assemblée nationale » était également composée d’un Sénat qui à de très fortes majorités avait par deux fois fait tomber Blum. Le gros des opposants n’appartenait pas à la droite : 12 députés radicaux-socialistes, 14 sénateurs de la Gauche démocratique, 36 députés ou sénateurs socialistes. Sur ces 80, 31 seront incarcérés ou placés en résidence surveillée ; 10 d’entre eux seront déportés, 5 en moururent. » (p.82)

    « René Cassin contesta que l’Assemblée nationale pût en droit déléguer ses pouvoirs constituants. Les spécialistes en discutent encore. » (p.83)

    « Qu’il [Pétain] ne pût tout contrôler est certain, mais les orientations fondamentales en politique intérieure comme en matière de collaboration d’Etat sont bien les siennes. » (p.85)

    « Les parlementaires éliminés, la révolution nationale pouvait être lancée sous la férule des notables réactionnaires et des doctrinaires -Massis, Gillouin. » (p.89)

    « Il restait encore à « rendre la France aux Français », à savoir reprendre avec vigueur la chasse aux communistes -moscoutaires et apatrides-, s’attaquer aussi aux pires des « métèques », les juifs. […] Les « juifs de nationalité française » furent soumis à partir du 3 octobre 1940 à un « Statut » qui fut sévèrement modifié le 2 juin 1941 : ils furent désormais exclus de toute fonction élective comme de la fonction publique, de la magistrature, de l’armée (sauf s’ils étaient anciens combattants) ; ils ne pouvaient exercer aucune responsabilité dans le domaine culturel et les médias. Un numerus clausis strict limita leur accès à l’Université (3%) aussi bien qu’à bon nombre de professions libérales (2%). Enfin, pour « supprimer toute influence israélite dans l’économie nationale », les entreprises appartenant à des juifs pouvaient être aryanisées par liquidation forcée et nomination de curateurs. On alléguera -plus tard- qu’il s’agissait là d’un antisémitisme d’Etat et non de peau. C’était pourtant bien à une définition strictement raciale que répondait le Statut puisque était « regardée comme juive toute personne issue de trois grands-parents de race juive ». Quant aux « juifs étrangers », un décret pris le 4 octobre 1940 donnait pouvoir au préfet de les assigner à résidence et de les interner dans des camps spéciaux : au printemps 1941, 40 000 avaient déjà été raflés et entassés dans les camps de Gurs, Rivesaltes, Noé, etc. Pour une bonne partie d’entre eux, c’était l’antichambre de la mort. La coordination efficace de toutes ces mesures revenait à un Commissariat général aux questions juives, créé en mars 1941 et confié d’abord au très réactionnaire et ultra-xénophobe Xavier Vallat. Il est utile de préciser que la paternité du Statut des juifs revient à Vichy, et à Vichy seul, sans que l’Allemagne nazie ait exercé la moindre pression. » (pp.92-93)

    « A la France énervée par des décennies d’esprit de jouissance, il fallait refaire une santé physique et morale. […] Apparaissaient les « jours sans » -sans vente d’alcool. […]
    On entravait le divorce et on réprimait sévèrement l’avortement. » (p.93)

    « Au moins une « faiseuse d’ange » fut guillotinée. » (p.93)

    « Proudhon, Maurras, Péguy étaient […] les auteurs auxquels on faisait le plus volontiers référence. » (p.94)

    « En 1943, on comptait, pour toute la France, environ 5 200 000 postes de TSF ; l’audience des radios semble avoir légèrement progressé de 1940 à 1944. » (p.95)

    « Quelque acquis, dont […] le salaire minimum vital ou la retraite des vieux travailleurs. » (p.98)

    « [Vichy] interdit aussi bien la grève que le lock-out […] Partout, c’était une reprise en main brutale, chez Renault, chez Berliet, dans les Houillières du Nord et ailleurs. » (p.99)

    « C’est à bon droit que Jacques Julliard peut parler d’un « véritable âge d’or du patronat français ». » (p.100)

    « On peut parler d’un pétainisme par défaut : dans un premier temps, en effet, les structures qui auraient pu accueillir les opposants déclarés sont à créer ou à reconstruire. » (p.101)

    « Claudel, qui est assez représentatif du catholicisme français militant, notait en date du 6 juillet 1940 : « La France est délivrée après soixante-ans du joug du parti radical et anticatholique (professeurs, avocats, juifs et francs-maçons). Le gouvernement invoque Dieu et rend la Grande-Chartreuse aux religieux. Espérance d’être délivrés du suffrage universel et du parlementarisme ; ainsi que de la domination méchante et imbécile des instituteurs qui lors de la dernière guerre se sont couverts de honte. » (p.103)

    « De manière spontanée avait, enfin, surgi un maréchalisme de base qui trouvait ses sources profondes dans les traumatismes engendrés par la déroute. […] On y communiait dans le culte du Père ou du Grand-Père, du Chef ou du thaumaturge. […]
    En 1944 encore, du moins dans la zone occupé, la venue de Philippe Pétain pouvait mobiliser des foules importantes. […] Beaucoup plus fragile, en revanche, se révéla être le maréchalisme-révolution nationale : le 12 août 1941, Pétain, sensible à « un vent mauvais » qui se levait, gourmandait les Français qui « [avaient] vraiment la mémoire courte ». » (p.107)

    « L’Etat français eut à payer un tribut journaliste d’abord de 400 millions de francs (une somme qui eût permis d’entretenir grassement au bas mot 10 millions de soldats français). Lors des sommets de la collaboration d’Etat, en mai 1941, elle fut ramenée à 300 millions mais passait à 500 millions à compter de novembre 1942. » (p.109)

    « Weygand fit preuve d’une loyauté inébranlable à l’égard de Pétain et ne répondit pas aux avances répétées des Britanniques. » (p.113)

    « Dès juin 1940, le général Cochet appelait les militaires placés sous ses ordres ne pas désarmer. » (p.119)

    « Le 19 juin, un ouvrier agricole, Étienne Achavanne, sectionnait les communications téléphoniques d’un aérodrome occupé par la Wehrmacht ; arrêté, il fut fusillé. » (p.120)

    « Tous les réfractaires partageaient un même postulat : la guerre n’était pas finie, elle ne faisait même que commencer. » (p.121)

    « Il fallut attendre le printemps voire l’automne 1942, pour que ceux des résistants qui avaient été séduits par Pétain ou la révolution nationale deviennent à la fois « des soldats sans uniforme et des citoyens en révolte », en s’alignant sur la ligne de ceux qui -notamment à Libération-Nord et Sud- avaient immédiatement combattu le régime de Vichy. » (p.122)

    « Progressivement, Vichy réprimera les milieux nationalistes résistants. » (note 5 p.122)

    « En zone sud, en revanche, les résistants se sont en général orientés vers des formes d’action beaucoup plus « politiques ». » (p.123)

    « Les responsables de la Résistance non communiste fréquentaient relativement peu les milieux populaires. Peut-être parce que beaucoup d’entre eux étaient enseignants ou exerçaient des professions libérales. » (p.124)

    « Depuis juin 1940, il y avait eu, en effet, des réfractaires qui agissaient à titre quasi individuel. […] Vieljeux, ancien officier, plus tard déporté, maire de La Rochelle, refusa d’amener le drapeau ; que Pierre Roche était fusillé pour avoir saboté à Royan un câble téléphonique ; que Karl Israël subissait le même sort pour avoir levé le poing pendant que défilaient à Bordeaux les troupes de la Wehrmacht ; que Paul Koepfler montait sa filière d’évasion (dans la seule nuit de Noël 1940 il fera passer la « ligne » à 120 personnes menacées). » (p.125-126)

    « En octobre 1940, 5 titres avaient déjà émergé, après que Robert Deiss eut sorti Pantagruel, vraisemblablement le premier imprimé de la presse clandestine (il y eut 16 numéros). Tous les grands mouvements -ou presque- allaient bientôt avoir leur propre journal qui était, bien souvent, leur principale activité militante. » (p.126)

    « A Montpellier, Jacques Renouvin, après avoir peint « Je n’aurais pas collaboré » au bleu de méthylène sur la statue équestre de Louis XVI, mettait sur pied des « corps francs » prêts à intervenir contre les collaborationnistes. » (p.126)

    « Le 11 novembre 1940, passant outre à l’interdiction, des lycéens et des étudiants, nationalistes, « gaullistes » et communistes mêlés, avaient manifesté contre l’occupant, tenu les Champs-Élysées pendant deux heures avant que les forces allemandes aient ouvert le feu. » (p.127)

    « Le 27 mai 1941 débutait à Dourges une grève qui, jusqu’au 7 juin, allait toucher les trois quarts des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. C’était un mouvement exemplaire : lancé sur des mots d’ordre précis (amélioration de l’ordinaire et des conditions de travail), il se politisait en s’étendent et tournait à l’épreuve de force contre l’occupant. » (p.127)

    « L’occupant ne s’y trompa pas. Tout en accordant quelques satisfactions matérielles, il déporta 224 « meneurs » (dont 126 ne revinrent pas des camps) et prit 94 otages (dont 9 furent fusillés). » (note 2 p.127)

    « Le 14 juillet 1941, Philippe Viannay et Robert Salmon sortaient le premier numéro de Défense de la France et recrutaient parmi les étudiants. » (p.128)

    « Un touche-à-tout talentueux, Emmanuel d’Astier de La Vigerie, ci-devant d’Action française, officier de marine par devoir, et journaliste par tempérament, anima avec deux enseignants, Lucie Samuel et Jean Cavaillès, Libération-Sud, prospectant dans les milieux de gauche et obtenant la caution de Léon Jouhaux. » (p.128)

    « Henri Frenay, un officier d’active évadé, quittait l’armée, révulsé par Montoire ; il rompait avec son milieu pour se consacrer totalement à un Mouvement de libération nationale qu’il parvenait à maintenir en survie grâce à l’aide d’une militante remarquable, Bertie Albrecht, et de Claude Bourdet rencontré fortuitement ; organisant son mouvement sur le modèle des Bureaux d’état-major, Frenay songeait déjà à en faire la base militante d’une future armée secrète. De leur côté des militants démocrates-chrétiens, Edmond Michelet, François de Menthon, Pierre-Henri Teitgen, Alfred Coste-Floret, avaient fondé Liberté pour lutter politiquement par la contre-propagande contre le défaitisme ambiant. A Grenoble, en novembre 1941, les deux mouvements fusionnaient pour former Combat ; en décembre 1941, sortait le premier numéro du journal. » (p.129)

    « Contre toute évidence, le PCF a d’abord nié l’existence d’un protocole secret annexé au pacte germano-soviétique, les démarches faites auprès de la Kommandantur pour faire reparaître L’Humanité en juin 1940, l’envoi par François Billoux d’une lettre adressée à Pétain pour témoigner au procès de Riom… » (note 2 p .129)

    « Dans le même temps, ici et là, des communistes ne faisaient pas, eux, l’impasse sur l’antifascisme : dans la région bordelaise, le 17 juin, Charles Tillon donnait comme mot d’ordre de lutter « contre le fascisme hilérien et les 200 familles » ; dans l’Ouest, Auguste Havez, le 22 juin, écrivait qu’il n’y aura « pas de répit avant d’avoir bouté les bottes hitlériennes hors de notre pays », et, dans le Limousin, Guingouin récusait toute neutralité possible. Mais ils étaient des isolés.
    Au cours de l’automne et de l’hiver, les contours des deux lignes étaient désormais bien dessinés. La ligne antinazie gagnait du terrain dans un certain nombre de régions ou de secteurs. Dans le Nord, les sabotages allaient bon train, et la mobilisation contre l’occupant s’accentuait grâce à de jeunes militants, surprenants d’audace, tels Eusebio Ferrati, Félicien Joly, Charles Debarge… De même, des intellectuels communistes ou sympathisants, Jacques Salomon, Georges Politzer, Frédéric Joliot-Curie, Paul Langevin, publiaient l’Université libre qui ne dissimulait pas son aversion pour l’Allemagne hitlérienne […] La ligne « officielle », elle, ne se modifiait guère […] jusqu’en juin 1941. » (pp.132-133)

    « Le 20 juin 1941 encore l’Humanité condamnait aussi bien les « traîtres de Vichy » que de Gaulle et Catroux responsables du sang versé en Syrie. » (p.134)

    « L’invasion de l’Union soviétique par les nazis imprime au discours idéologique un retournement peu contestable ; elle infléchit également la tactique (les attentats contre les personnels de la Wehrmacht commencent en août). » (p.135)

    « Tout commença le 17 juin au matin quand de Gaulle s’envola de Bordeaux « sans romantisme et sans difficulté », muni de quelques fonds secrets et flanqué d’un ange gardien britannique, le général Spears, qui cherchait à ramener dans ses bagages des hommes politiques français « bellicistes » et représentatifs. » (p.136-137)

    « Le 7 août 1940, la « France libre » était habilitée à représenter la France en guerre et recevait une avance de fonds. » (p.138)



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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.

    Johnathan R. Razorback
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    Jean-Pierre Azéma, De Munich à la Libération (1938-1944) Empty Re: Jean-Pierre Azéma, De Munich à la Libération (1938-1944)

    Message par Johnathan R. Razorback le Jeu 9 Avr - 12:54

    « [L’Ordre de la Libération] fut créé le 16 novembre 1940 ; le 23 janvier 1946, 1057 croix avaient été attribuées, 1036 le furent à des combattants FFL et à des résistants, dont le plus jeune, Barrioz, mourait à 14 sous la torture ; 6 femmes furent faites compagnons de la Libération ; 18 croix furent décernées à des unités combattantes ; 5 honoraient les villes de Nantes, Grenoble, Paris, le village de Vassieux-en-Vercors et l’île de Sein. » (p.138)

    « Pour la mémoire collective, ce furent des années noires. […] Hormis pour une minorité de profiteurs, ces quatre années furent difficiles à vivre. » (p.147)

    « Pour ceux qui avaient de l’argent et de l’entregent, la vie parisienne était incomparablement plus gaie. L’occupant, pour sa part, ne dédaignait pas d’en faire un lieu de permission pour le repos de ses guerriers. Car, bien sûr, il fallait s’habituer à ce que Paris fût pour partie allemand. Le drapeau tricolore banni était remplacé par la croix gammé qui bordait les Tuileries, flottait sur la Chambre des députés et le Palais du Luxembourg, sur bon nombre d’hôtels, sur l’avenue Kléber presque entièrement réquisitionnée, tandis que la Tour Eiffel s’ornait d’un gigantesque V flanqué de cette maxime bien préentieuse : « Deutschland siegt auf allen Fronten » (l’Allemagne vainc sur tous les fronts). Les Allemands avaient encore leurs propres restaurants, leurs Soldatenkino (cinéma), leurs maisons closes réservées. » (p.149)

    « Fasciné par l’Allemagne hitlérienne [Fabre-Luce]. » (p.150)

    « Le Tout-Paris s’est gobergé sans se sentir réellement gêne par la cohabitation avec l’occupant. » (p.151)

    « Le jazz, vilipendé par Je suis partout comme une musique « judéo[forcément !]-négro-américaine » […] avait du même coup un « goût de fruit défendu ». […] Dès l’automne 1942, policiers et collaborationnistes se mirent à chasser le zazou. » (p.151)

    « Paris avait gardé son renom de capitale intellectuelle. « Premières » et « événements littéraires » se succédaient comme naguère : c’est la sortie de la Reine morte qui consacrait Montherlant comme homme de théâtre ; c’est encore plus la première, le 25 novembre 1943, du Soulier de satin, que Claudel se désespérait de voir jamais monté, qui réunissait tout ce qu’il convenait de têtes pensantes ; dans un tout autre genre, la séance de signatures organisée le 3 octobre 1942, à la librairie Rive-Gauche, pour Rebatet et ses Décombres, mettait en effervescence la colonie collaborationniste et quelques autres. Pendant ces années, toujours, se profilait une relève, celle de l’immédiat après-guerre : Sartre comme écrivain de théâtre (les Mouches, Huis-Clos) et tout autant Camus (l’Etranger, le Malentendu, le Mythe de Sisyphe). La production littéraire continuait allègrement, en dépit des restrictions de papier, et, en 1943, les éditeurs annonçaient plus de titres qu’en 1941 ; il sortit un peu plus de films que dans l’immédiat avant-guerre. Le public, lui, suivait. […] Les cinémas étaient combles et les bibliothèques n’avaient jamais connu autant de lecteurs. […] Bien des Parisiens, oisifs ou non, venaient oublier pour quelques heures la dureté des temps. » (p.152)

    « Ce n’est pas la réplique souvent applaudie de la Reine morte (« En prison se trouve la fleur du royaume ») qui permet de transfigurer l’auteur du Solstice de juin en un jacobin de l’An II. » (note 1 p.153)

    « [Hormis] Gabin (qui s’engage dans les FFL… La Résistance ne rencontra qu’un faible écho dans les milieux cinématographiques. » (p.155)

    « l’Éternel retour de Delannoy et Cocteau. » (p.155)

    « C’est la pénurie qui devint rapidement la préoccupation primordiale ; une pénurie due pour partie à l’interruption des échanges traditionnels et au blocus anglais, pour partie aux prélèvements de l’occupant. Bien vite, les chaussures « normales » furent introuvables, mais on éprouvait presque autant de difficultés à se procurer des vis, des pointes, des vitres, du savon, des matières grasses, et le charbon valait son pesant d’or, presque autant que le café. L’Etat français fut rapidement contraint de réglementer ou de taxer la consommation et surtout de la contingenter : dès septembre 1940, le pain, les pâtes et le sucre étaient soumis au rationnement ; à l’automne 1941, presque toutes les denrées alimentaires l’étaient, mais aussi les vêtements, les chaussures, le tabac, etc. » (p.160-161)

    « On avait mis en vente des œufs non taxés à 11 francs pièce […] un prix supérieur au salaire horaire d’un OS de la région parisienne. En 1978, un œuf vaut un peu moins du vingtième du salaire horaire d’un salarié payé au SMIC. » (p.162)

    « En incluant les victimes des raids allemands de 1940, on peut estimer à au moins 60 000 le nombre des tués par les bombardements. » (p.167)

    « Il est impossible d’évaluer le nombre réel de Françaises et de Français qui ont participé de près ou de loin à la Résistance. On peut seulement affirmer qu’il a été délivré 220 000 cartes de « combattants volontaires de la Résistance ». Il fait peu de doute que les résistants sont demeurés, jusqu’au printemps 1944 inclus, des minoritaires. […] De nombreux résistants ont [néanmoins] attesté que, traqués, ils ont frappé à la première porte venue et qu’ils ont été accueillis et cachés par des inconnus qui risquaient pourtant gros. » (p.167)

    « Danièle Casanavo, la responsable des Jeunesses communistes, morte en déportation […] Bertie Albrecht, celle qui dirigea en second Combat et qui, arrêtée à Mâcon, en mai 1943, criait « Attention les amis, la Gestapo est là », avant de choisir -selon toute vraisemblance- de se pendre pour échapper aux affres d’une seconde incarcération […] Francine Fromond, militante du PCF, torturée de manière abominable et morte sans desserer les lèvres, ou la princesse Vera Oblensky qui savait tous les secrets de l’OCM et qui fut exécutée en août 1944 sans avoir « parlé » […] la militante socialiste Suzanne Buisson arrêtée en mars 1944 et à jamais disparue […] Émilienne Mopty qui avait pris en mai 1941 la tête de la manifestation des femmes de mineurs de Hénin-Liétard, qui sera décapitée en janvier 1943… » (p.168)

    « La réalité quotidienne de la grande majorité [des résistants] était beaucoup plus terre à terre, répétitive, tout en étant dangereuse. […] Jusqu’à la fin du temps 1944, beaucoup de résistants, pour des raisons souvent familiales, n’avaient pas plongé dans la clandestinité totale et menaient presque toujours une double vie, professionnelle et militante ; ces semi-clandestins, après ou pendant leur travail, fabriquaient ou distribuaient tracts ou journaux, recueillaient des renseignements, relevaient des « boîtes aux lettres » et, beaucoup plus rarement, montaient une opération de sabotage. » (p.169)

    « Bon nombre de réfractaires finirent par « tomber », victimes de malchance, d’imprudences, mais surtout de trahison.
    Gestapo et services secrets du Reich parvenaient à introduire dans les réseaux et les mouvements certains de leurs agents ou des résistants « rétournés ». Pour de l’argent, Georges Mathieu livra en novembre 1943 l’organisation de Résistance implantée dans l’université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand ; libéré de son stalag, Henri Devillers, employé chez Hachette, « donnait » la branche de Combat en zone occupée […] le cheminot Jean-Paul Lien livrait 150 membres du réseau Alliance. » (p.171)

    « On demandait surtout à celui qui était « tombé » de gagner coûte que coûte de vingt-quatre à quarante-huit heures, le temps que l’alerte pût être donnée et que les coupures nécessaires fussent effectuées. D’ailleurs, autant qu’on puisse savoir, la grande majorité des résistants arrêtés ont tenu leur langue ou ont pu ruser. Et finalement peu trahirent. On sait que Gabriel Péri refusa la vie sauve contre un reniement, qu’il pouvait écrire la veille de son exécution, le 15 décembre 1942 […] Pour éviter de lâcher le moindre renseignement, certains parmi ceux qui étaient chargés des plus lourds secrets choisirent le suicide : Pierre Brossolette se jetait le 22 mars 1944 d’un cinquième étage de l’avenue Foch ; Fred Scamaroni se tranchait les veines en écrivant de son sang : « Je n’ai pas parlé ». Jacques Bingen, Marchal, François Delimal, Gilbert Véry et d’autres avalaient leur comprimé de cyanure. Parfois, le destin basculait du bon côté : condamné à mort, André Devigny, torturé le jour, s’échappa une nuit de Montluc avec un sang-froid remarquable ; 19 FTP creusèrent en deux mois un tunnel de 40 mètres pour s’évader en juin 1942 du camp de Royallieu ; en octobre 1943, c’étaient 79 détenus qui, emmenant avec eux un de leurs gardiens, quittèrent la prison du Puy ; Lucie Aubrac monta un coup de main remarquable pour arracher des griffes de la Gestapo son mari et 13 des responsables des MUR ; la RAF même pilonna la centrale d’Amiens en mars 1944 pour tenter de sauver des chefs de la Résistance promis au peloton d’exécution (mais cette opération « Jéricho » ne se fit pas sans pertes). » (p.173)

    « [Les Alsaciens-Lorrains] allaient être 160 000 « malgré-nous » ; 47 000 d’entre eux furent tués ou portés disparus et 30 000 environ revinrent invalides. […] En règle générale, l’occupant se heurtait à une résistance passive. » (p.175)

    « Les désastres de l’année 1940 avaient laissé aux mains de l’Allemagne à peu près 1 850 000 prisonniers […] il en restait 940 000 en 1944. » (p.176)

    « Environ 50 000 prisonniers ne revinrent pas d’Allemagne. » (p.177)

    « On compte 71 000 évasions réussies de 1941 à 1944. » (p.178)

    « Environ 650 000 Français peuvent être considérés comme des « déportés du travail ». […] La plupart d’entre eux étaient installés dans des camps. » (p.179)

    « 35 000 environ, peut-être un peu plus, moururent en Allemagne, dont une partie sous les ruines des villes allemandes bombardées. » (p.180)

    « Vivaient en France, à la veille de la guerre, un peu plus de 300 000 juifs, dont la moitié avait la nationalité française, et dont le quart était né de parents français. » (p.181)

    « Le 4 octobre 1940, les préfêts de la zone occupée avaient reçu pouvoir d’interner les juifs étrangers ou apatrides. […]
    Les autorités d’occupation obtinrent même que ce soient des policiers français qui, les 16 et 17 juillet 1942, encadrent l’opération « Vent printanier » au cours de laquelle 12 884 hommes, femmes et enfants isréalites furent arrêtés à Paris. Et c’est sous le contrôle de l’Etat français que […] en janvier 1943, des juifs français et étrangers furent appréhendés lors de la destruction du vieux port de Marseille. » (p.182-183)

    « C’est au printemps 1942 que les premiers convois de « déportés raciaux » s’étaient ébranlés vers la « solution finale ». Ils furent au minimum 75 721 qui partirent de France. […] 23 000 ressortissants français. Ils partirent en 76 convois, presque tous de la gare de Drancy-Le Bourget et presque tous rejoignirent Auschwitz ; le premier était mis en route le 27 mars 1942, le dernier le 31 juillet 1944. […] On peut estimer […] qu’on survécu moins de 2500 « déportés raciaux » de France, soit 3% des partants. » (p.183)

    « Le camp de concentration est intrinsèquement lié au système totalitaire nazi : dès 1934, le IIIe Reich ouvrait près de Munich le Konzentrationlager de Dachau. » (p.185)

    « 63 000 déportés non raciaux, dont environ 41 000 déportés résistants. […] le taux de mortalité moyen -pour les non-raciaux- s’établir autour de 40%. » (p.189)

    « L’invasion de la zone « libre » tomberait un 11 novembre, ce qui n’était pas pour déplaire au Führer qui avait le sens des anniversaires.
    En moins de trois jours, c’en était fini des illusions : Hitler informait Pétain qu’il avait donné l’ordre « à [son] grand regret » de faire occuper « temporairement » la zone sud pour prévenir un débarquement anglo-saxon sur les côtes méditerranéennes. L’opération Anton se déroula sans encombre. » (p.201)

    « Le même, Laval continuait de rêver tout haut : « La France ne devra plus être traitée en vaincue mais comme une alliée ». » (p.205)

    « En 1942, en 1943, en 1944, l’industrie automobile française a fourni au Reich respectivement 65, 60 et 70% de sa production ; celle des constructions mécaniques, 72, 82, 78 % ; celle de l’aéronautique, 57, 100, 100 %. » (p.213)

    « Entre 1940 et 1943, l’Etat français livra [au Reich] pour 31 milliards de francs de matériel de guerre (dont la vente d’avions représentait à peu près la moitié). » (p.218)

    « [Durant la guerre] Les prix progressèrent en moyenne de 50% en Grande-Bretagne, de 30 % aux Etats-Unis, de 10 % en Allemagne ; en France, entre 1940 et 1944, les prix de gros industriels progressèrent de 62%, les prix de gros agricoles de 122%, les prix de détail de 156%. » (p.219)

    « La dette publique a[…] été multipliée par quatre de 1940 à 1944. » (p.219)

    « Il est […] frappant que, dans cette période pourtant faste, le fascisme français n’a produit aucune œuvre doctrinale marquante. » (p.223)

    « Il serait erroné de faire de la collaboration parisienne un tout homogène façonné par les seules familles de l’extrême droite : la réalité est plus complexe, et les variantes « de gauche », ces « convertis » profondément imprégnés de pacifisme et d’anticommunisme, ne sont pas à négliger. Mais c’est bien l’ultra-droite qui donna le ton et forma le gros des ultimes bataillons. Soulignons bien qu’être collaborationniste, c’est bien sûr prôner l’alliance avec l’Axe, mais tout autant, sinon plus, prendre des revanches sur l’ordre ancien et vouloir imposer des pratiques politiques « révolutionnaires ». » (pp.223-224)

    « Devenue fasciste, la France aurait pu, selon eux, occuper toute la place qui lui revenait dans la Nouvelle Europe nationale-socialiste. La collaboration d’Etat n’était qu’un pis-aller ; la collaboration, il fallait la pratiquer sur la plus grande échelle et l’élargir à tous les domaines, opérations militaires comprises. » (p.224-225)

    « L’invasion de l’Union soviétique libérait réticences et énergies. » (p.225)

    « Fascination de l’homme fasciste viril. » (p.228)

    « A Je suis partout Brasillach, traité de « fasciste en peau de lapin », devait quitter l’hebdomadaire avec ceux de ses amis qui ne voulaient pas être « dénationalisés ». » (p.228)

    « D’autres encore se laissaient avant tout guider par leur haine viscérale contre « l’ennemi intérieur ». » (p.228)

    « Le parti français national-collectiviste, de Clementi, un journaliste de l’ultra-droite. » (p.229)

    « Je suis partout tirait à 100 000 exemples en 1941, à 300 000 à 1944. » (p.232)

    « Dans cette population collaborationniste, seuls les intellectuels et les journalistes étaient véritablement surreprésentés. » (p.233)

    « C. Jeantet et P.-A. Cousteau, l’un et l’autre collaborationniste patentés, étaient devenus rédaceurs en chef respectivement du Petit Parisien et de Paris-Soir (édition de Paris). » (note 2 p.233)

    « Non seulement des « orientations » étaient fournies à la presse parisienne par la Propagande Abteilung, mais le « groupe Hibbelen » dépendant du Presse-gruppe du Reich contrôlait, en 1943, à peu près 50% des journaux parisiens. » (p.234)

    « De 1940 à 1944 parurent à Paris 12 quotidiens et 18 hebdomadaires qui échappaient au contrôle de Vichy ; ainsi la Propagande Abteilung inspirait très directement La France au travail, un quotidien lancé pour capter le public populaire ; quant aux Nouveaux Temps, qui était aux yeux de son fondateur, Jean Luchaire, le président de la Corporation nationale de la presse parisienne, le quotidien le mieux informé de tout Paris, il passait pour l’organe officieux d’Abetz. » (note 4 p.234)

    « Contradictions profondes du collaborationnisme : pour se développer, le fascisme avait besoin d’un fonds de nationalisme exacerbé ; or, les fascistes français étaient acculés à la « dénationalisation ». » (p.236)

    « Le 25 août à l’Hôtel de Ville : de Gaulle avait su trouver les mots justes pour rendre hommage aux Parisiens insurgés. » (p.342)

    « Le 22 août 1944, Paris se couvrait de barricades, l’insurrection repartait par les rues. […]
    Les « Leclerc » allaient apporter la puissance de feu nécessaire. Parcourant 240 kilomètres en moins de quarante heures, la 2e DB cherchait à se faufiler dans la banlieue entre les poches allemandes. Le 24 au soir, 3 chars et quelques dizaines d’hommes parvenaient à l’Hôtel de Ville. Le vendredi 25, Paris pouvait se croire libéré : FFI et hommes de la 2e DB réduisaient les îlots de résistance allemands dans des combats parfois violents. » (p.346)

    « Pertes relativement lourdes : quelque 3000 tués et 7000 blessés pour les FFI et la population « civile ». » (p.348)

    « Les pertes de la 2e DB s’élevèrent à 130 morts et à 319 blessés, celles des Allemands à environ 2800 tués. » (p.348)

    « [Choltitz] aimera un peu plus tard se poser en philanthrope tombé amoureux de Paris ; il était pourtant de notoriété publique qu’il détestait la France et les Français. » (p.349)

    « L’étude d’une société à une certaine période n’est jamais achevée dans la mesure même où nos curiosités successives ne cessent de renouveler le questionnaire auquel nous soumettons le passé. » (p.353)

    « La Résistance […] s’est enracinée, tout au long de son histoire, dans toutes les classes sociales […] la répartition socioprofessionnelle de ses militants reproduit grosso modo, semble-t-il, celle de la population française dans son ensemble. » (p.353-354)

    « Sans doute une fraction très minoritaire des droites nationalistes a-t-elle rejoint la Résistance par fidélité nationaliste. » (p.354)
    -Jean-Pierre Azéma, De Munich à la Libération (1938-1944), tome 14 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Éditions du Seuil, 1979, 416 pages.




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    « La racine de toute doctrine erronée se trouve dans une erreur philosophique. [...] Le rôle des penseurs vrais, mais aussi une tâche de tout homme libre, est de comprendre les possibles conséquences de chaque principe ou idée, de chaque décision avant qu'elle se change en action, afin d'exclure aussi bien ses conséquences nuisibles que la possibilité de tromperie. »
    -Jacob Sher, Avertissement contre le socialisme, Introduction à « Tableaux de l'avenir social-démocrate » d'Eugen Richter, avril 1998.


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