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    Alexander C. R. Hammond, Astell et Wollstonecraft, la philosophie féministe – Les Héros du progrès (46)

    Johnathan R. Razorback
    Johnathan R. Razorback
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    Alexander C. R. Hammond, Astell et Wollstonecraft, la philosophie féministe – Les Héros du progrès (46) Empty Alexander C. R. Hammond, Astell et Wollstonecraft, la philosophie féministe – Les Héros du progrès (46)

    Message par Johnathan R. Razorback le Dim 6 Déc 2020 - 8:46

    "Mary Wollstonecraft nait le 27 avril 1759 à Londres. Comme Mary Astell, elle est issue d’une famille de la classe moyenne supérieure qui s’est considérablement appauvrie au fil du temps. Son père, Edward John Wollstonecraft, est un homme violent qui bat fréquemment sa femme dans des accès de colère alcoolisés. Dans son enfance, elle s’interpose souvent pour tenter d’éviter ces agressions. Petit à petit, il dilapide l’argent de la famille, l’obligeant à déménager plusieurs fois.

    Tôt dans sa vie, elle se lie d’amitié avec Jane Arden Gardiner. Les deux femmes lisent ensemble les livres de la toute nouvelle époque des Lumières et assistent souvent à des conférences de John Arden, le père de Jane, un érudit en philosophie naturelle et l’un de ses premiers professeurs.

    Malheureuse dans son foyer, elle décide de partir. De la fin des années 1770 au début des années 1780, elle occupe différents emplois en Angleterre et en Irlande, notamment comme gouvernante, couturière et enseignante.

    Le peu d’opportunités de carrières ouvertes aux femmes engendre chez elle de la frustration.

    À la fin des années 1780, elle se lance dans une carrière d’écrivain, ce qui était considéré comme un choix extrême pour une femme à cette époque.

    En 1787, elle écrit son premier livre, Pensées sur l’éducation des filles, une sorte de prémice de nos livres de développement personnel. Elle y propose des conseils sur l’éducation féminine avec des passages sur la morale, l’étiquette et des fondamentaux de l’éducation des enfants.

    En 1788, elle travaille comme traductrice pour l’éditeur Joseph Johnson, qui publiera plusieurs de ses premières œuvres. Elle se passionne pour la Révolution française. La publication par le philosophe anglais Edmund Burke d’un livre intitulé Réflexions sur la Révolution de France qui en contestait les principes, l’incite à réagir.

    En 1790, elle publie A Vindication of the Rights of Men, dans lequel elle critique le despotisme de l’Ancien Régime français, salue la réforme révolutionnaire et affirme que les droits naturels de l’humanité doivent être protégés par un État. Elle y critique aussi la nature arbitraire du pouvoir de l’État.

    En 1792, paraît son œuvre la plus connue, A Vindication of the Rights of Woman. Elle y développe le travail de Mary Astell en soutenant que le système éducatif rend les femmes frivoles et incapables. Elle observe qu’il n’y a aucune différence d’ordre mental entre les hommes et les femmes. Selon elle, si on offrait ) ces dernières les mêmes possibilités d’éducation qu’aux hommes, elles seraient capables d’exercer de nombreux métiers et de s’élever socialement.

    Contrairement à Mary Astell, elle est persuadée que l’amélioration de la condition féminine derait passer par des changements politiques radicaux, des réformes nécessaires dans les systèmes à la fois éducatif et électoral.

    Elle soutient que puisque hommes et femmes sont intellectuellement semblables celles-ci devraient pouvoir obtenir le droit de vote. Elle écrit : « Les femmes devraient avoir des représentants au lieu d’être arbitrairement gouvernées sans avoir voix au chapitre dans les affaires de l’État ».

    Pour elle, « liberté est mère de vertu ». Inversement, si les femmes étaient tenues « de par leur constitution même, en esclavage, interdites de respirer l’air frais et revigorant de la liberté, elles devraient se flétrir à jamais telles des fleurs exotiques et être considérées comme de beaux ratés de la nature ».

    A Vindication of the Rights of Woman rencontre un énorme succès et contribue à assoir sa renommée d’écrivain. Plus tard, en 1792, elle se rend à Paris afin d’observer la Révolution française, à peine un mois avant que Louis XVI ne soit guillotiné. Elle reste en France jusqu’en 1795.

    Le cœur brisé après une rupture amoureuse, elle tente deux fois de se suicider. De retour en Angleterre, elle s’implique activement au sein d’un groupe très soudé d’intellectuels radicaux comprenant William Godwin, Thomas Paine, William Blake et William Wordsworth.

    En 1797, Mary Wollstonecraft épouse William Godwin et donne naissance à Mary Wollstonecraft Shelley, futur auteur de Frankenstein. Elle meurt de septicémie, le 10 septembre 1797, onze jours après son accouchement."
    -Alexander C. R. Hammond, Astell et Wollstonecraft, la philosophie féministe – Les Héros du progrès (46), 6 décembre 2020: https://www.contrepoints.org/2020/12/06/386020-astell-et-wollstonecraft-la-philosophie-feministe-les-heros-du-progres-46




    _________________
    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).


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