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    Henry de Montherlant

    Johnathan R. Razorback
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    Message par Johnathan R. Razorback Lun 2 Avr - 13:10

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_de_Montherlant


    "Issu de la droite, Montherlant, jusqu'en 1923, rend à Maurras quelques marques d'allégeance, dans trois textes: en 1921, dans son étude sur Reims dévastée [...], en 1923, dans sa réponse à l'Enquête sur les maîtres de la jeune littérature ; puis dans une belle contribution au numéro spécial du Nouveau Mercure consacré à Maurras par la droite littéraire." (p.41)

    "Au début des années vingt, du fait de la ferveur nationaliste née de la guerre, Maurras, au sommet de sa gloire, exerce une très large influence sur la nouvelle génération: Montherlant, Drieu, Malraux en témoignent." (p.42)

    "Maurras condamne Chateaubriand et Michelet, Léon Daudet accable de ses sacarsmes "le stupide XIXe siècle" ; Montherlant les admire. Maurras condamne "le romantisme féminin" ; Montherlant, dans les années trente, prend la défense de "la poésie du cri", scandaleusement décadente aux yeux de Maurras, et "rêve de composer une anthologie de la poésie féminine contemporaine" [...] Classicisme, romantisme, ces antinomies, Montherlant aspire à les concilier [...]
    Romantique par bien des aspects de son art, Montherlant rejette le néoclassicisme de Maurras et se rallie à l'idée, très en vogue dans l'immédiat après-guerre, en particulier à la NRF, d'un classicisme moderne, qui serait un "romantisme dompté"
    ." (p.47)
    -Jean-François Domenget, Montherlant critique, Genève, Droz, 2003, 424 pages.

    "On penserait que Votre Majesté a eu peur de verser le sang. Ce qui conviendrait mal à l'idée qu'on doit se faire d'un roi." (p.62)

    "Mon Dieu, ne lui pardonnez pas, car il sait ce qu'il fait." (Ferrante, pp.66)

    "Voire. La tragédie des actes. Un acte n'est rien sur le moment. C'est un objet que vous jetez à la rivière. Mais il suit le cours de la rivière, il est encore là, au loin, bien au loin, toujours là ; il traverse des pays et des pays ; on le retrouve quand on n'y pensait plus, et où on l'attendait le moins. Est-ce juste, cette existence interminable des actes ? Je pense que non. Mais cela est." (Ferrante, pp.67)

    "Eh bien ! dona Inès, soyez donc sublime, puisque c'est cela décidément qui vous tente. Sublime en ne partant pas. Sublime en ne poussant pas à trahir. Allons, soyez sublime tout votre saoul, et mourez-y. Adieu." (L'Infante, p.105)

    "La nuit est mère de toutes choses, et même d'effrayantes clartés." (p.108)
    -Henry de Montherlant, La Reine morte, Gallimard, 1947 (1942 pour la première édition), 177 pages.



    _________________
    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).

    « Rien de grand ne s’est jamais accompli dans le monde sans passion. »
    -Hegel, La Raison dans l'Histoire.

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    Message par Johnathan R. Razorback Jeu 12 Mar - 10:56

    « En février 1918, quand il sera volontaire pour monter en ligne, ou comme on disait « aux premières loges », le major objectera à Montherlant cette « hypertrophie cardiaque » qui le prédisposait à l’essoufflement. » (p.16)

    « Baptême de Montherlant, qui porte la date du 20 avril 1895. C’était l’usage de faire baptiser les enfants le jour de leur naissance. » (p.120)

    « [A vingt-deux ans] Il est cynique, violent, original. Il a horreur d’être comme les autres et en tout cas, il n’est pas à son aise en ce monde. D’un égoïsme monstrueux, il étale son moi d’autant plus qu’il le rêve. Sa vie morne, il la remplit comme il peut de distractions imaginaires et d’échos d’aventures dont il est friand et privé. Défensif et péremptoire, il est porté à l’animosité. Ses idées sont si bien enfermées dans sa tête que personne n’a l’air de compter dans sa vie, d’avoir de l’influence sur lui. » (p.122)

    « C’est avec sa mère que Montherlant a appris la tendresse et ce qui va occuper sa vie : la lecture. Du père, Montherlant gardera une certaine raideur. Un goût pour attaquer et censurer la société. Un cœur national mais déchiré car les idées qui mènent la France sont l’instrument de son humiliation.
    Ce fond tragique est d’autant est plus ancré qu’il fut partagé par toute une aristocratie et une bourgeoisie en ascension à laquelle les Montherlant croyaient appartenir. Les mêmes familles qui, en Bretagne, en Vendée, en Languedoc, s’étaient opposées au XVIIe siècle à une politique, fait du prince et de son conseil composé de « garçons de boutique », refusaient la République pour les mêmes raisons à la fin du XIXe siècle. Profitant de la « honteuse Commune », Paris avait pris le pouvoir : l’envahisseur, l’ennemi, la révolution, le progrès se confondaient avec ce pouvoir au détriment des autorités locales traditionnelles. Un pouvoir doté d’une puissante organisation de fonctionnaires, avec ses instituteurs propagandistes qui persuadent les Français, dès l’enfance, que la République est leur patrie, un miracle de l’esprit social. » (p.129)

    « La mère et le fils ensemble le soir, dans la chambre à coucher, dans le même lit, lisaient Quo Vadis ? mais aussi les Amitiés françaises de Barrès. » (p.131)

    « Au XVIIe siècle encore, la famille fait acquisition de la terre et du château de Montherlant (Oise). Ce domaine, l’un des plus importants du Beauvaisis, reste en sa possession jusqu’en 1852, date à laquelle les Million abandonnent aussi leur nom de terre car ils ont scrupule de le faire confirmer par un décret de Napoléon III, le neveu de l’ « usurpateur ».
    Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la famille produit un lieutenant du roi, trois gouverneurs de Montdidier, un gouverneur de Besançon, des officiers de la maison du roi. Dans cette longue liste, Montherlant a surtout été intéressé par son trisaïeul, François Million de Montherlant, avocat syndic de la ville de Beauvais. Élu député à la Constituante, dans les rangs du Tiers, il mangea du noble et du prêtre […] Arrêté le 3 avril 1794 pour avoir caché pendant dix mois un émigré dans son château, le « citoyen Million » est condamné à mort le 23 juin 1794 et exécuré le même jour à la carrière de Vincennes. » (p.134)

    « Montherlant choisit sa tanière quand il écrit : « Je suis par la naissance du parti du passé ». […] Il lâchera la Révolution nationale de Vichy. » (p.138)

    « Christianisme, religion molle, « crime capital contre la vie », comme disait Nietzsche de qui, sur ce point précis, le retour à la païennerie, il partage les idées. » (p.149)

    « Le « modernisme » de Sainte-Croix Notre-Dame du Parc ? Montherlant est souvent revenu sur ce « collège de gauhe » (silloniste) qui compensait l’influence du confesseur jésuite […]
    Sans avoir la foi, Montherlant a toujours respecté le catholicisme car « on y est de plain-pied avec la vie élevée ». » (p.158)

    « L’œuvre de Montherlant, du début à la fin, est à la fois un récit et un démenti des aventures homosexuelles qu’il recherchait et craignait en même temps.
    Son œuvre incarne la force, la santé, la joie de vivre. […]
    Le manuscrit des Garçons de 1914 fait allusion à une orgie entre grands et petits. » (p.166)

    « La pérérastie à l’époque, c’était Oscar Wilde. Un passe-temps de bourgeois qui vous conduisait en prison. C’était aussi un moyen inventé par l’espèce pour limiter les naissances. On était encore malthusien en 1912.
    On cacha donc la lettre de renvoi et ce fut tout. » (p.169)

    « A dix-sept ans -des textes le montrent ; Montherlant a pu être tenté de préférer la mort à l’échec. Déjà le suicide le tente. Mais plutôt tout supporter que mourir méconnu. » (p.177)

    « En octobre 1914, Montherlant passe son bac philo. […]
    Il retient l’idée que seul ce qui est clair est vrai. Il cite le mot « admirable » de Vauvenargues : « La clarté orne les pensées les plus profondes ». » (p.179)

    « Entre 1913 et 1915, Montherlant prépare mollement à l’Institut catholique une licence de droit. » (p.180)

    « L’Orient fascine Montherlant. […] Montherlant lit l’Iliade ligne et ligne. » (p.206)

    « Montherlant n’avait pas fait la guerre, ou presque pas, il va la continuer. » (p.214)

    « Dès 1919, Montherlant a lu Nietzsche. Il en a tiré la leçon de la guerre comme remède pour les peuples qui deviennent faibles et misérables. […]
    Comme Bernanos, Montherlant appartient à cette génération de 14 qui pensaient qu’on s’était moqué d’eux. On les avait jetés dans une guerre totale pour faire vivre ensuite une paix de liquidation. Il fallait réagir contre la tumeur de la « douce France ». » (p.215)

    « D’Annunzio selon Montherlant a eu le mérite de mettre quelque chose au-dessus de la littérature : l’homme complet, intelligent, voluptueux et même vicieux car pour d’Annunzio, « la vie sans vice n’est que langueur, abattement et tristesses ». […] Homme à femmes, d’Annunzio fut surtout un « homme d’amour » qui aimait assez « couper » ses Égéries mondaines dont l’attachement lui pesait, par quelques ganymèdes. […]
    A la fin de sa vie, celui que Montherlant a appelé le « vieux singe », dédidaça une photographie : « Au lyrique farceur Henry de Montherlant, le Borgne voyant – Gabriele D’Annunzio ». […]
    En 1920-1925, à une époque où Montherlant est tourmenté par l’idée qu’il peut faire une carrière politique sans rien perdre de sa liberté. D’Annunzio, beaucoup plus que Barrès, l’ « homme drapeau », est pour lui le modèle. » (p.246)

    « Quand Montherlant quitte la France en 1925 pour pérégriner pendant dix ans en Méditerranée, c’est l’exil. […] Cette fameuse « démission » que ses confrères lui reprocheront en 1940-1944 est en germe dès 1925. » (p.250)
    -Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, tome 1 « L’Enfant prodigue » (1895-1932), Paris, Robert Laffont, 1982, 500 pages.

    « Le 8 février 1934, Montherlant note ses hésitations. […] A Alger, il se sent chez lui. » (p.47)

    « Le lendemain, 9 février 1934, Montherlant est à Paris. L’armée est venue de toutes les villes. […] Quelle perte pour tous serait un changement de régime, fût-ce en vue d’une vie meilleure ! pense Montherlant. » (p.49)

    « Jusqu’au moment de son départ de Nice, le 7 mai 1941, Montherlant tergiverse. Ne vaut-il pas mieux n’être rien dans sa solitude niçoise que d’être à la merci des Allemands ? […] Montherlant sait bien que la corne d’abondance est à Paris. » (p.164)

    « En juillet 1941, à Paris, Montherlant se sent animé par un esprit de fronde, il se reproche d’avoir été bien trop complaisant jusque-là envers les lois, les discours, les programmes, les manifestations et les enseignements de Vichy. » (p.178)

    « Depuis 1940, Montherlant aurait bien voulu qu’une place importante lui soit laissée parmi les équipes d’hommes au pouvoir […] au secrétariat général à la Jeunesse. » (p.181-182)

    « [moque] les revanchards qui doivent se résigner à voir longtemps flotter le drapeau nazi sur les tours de Notre-Dame. » (p.185)

    « Page 81 du même, Montherlant se voit lui-même en pilote allemand « exterminateur » : « Que ne suis-je eux ! Que ne m’est-il licite de faire un avec leur joie ! Et mon cœur était gonflé de sang ».

    Un autre texte, écrit en août 1940, et qui donne son titre au Solstice de juin chante l’effondrement français sur le mode de la révolution céleste. » (p.186)

    « Le 20 décembre 1941, Montherlant donne une interview à Je suis partout. […] Montherlant maintient que le christianisme a affaibli les sociétés qu’il a touchées. » (p.190)

    « Le 5 janvier 1942, Montherlant reçoit à son domicile, 25, quai Voltaire, un journaliste de La Gerbe, Noël B. de La Mort. […] « La construction de l’Europe par la voie héroïque est une aventure ». » (p.193-194)
    -Pierre Sipriot, Montherlant sans masque, tome 2 « Écris avec ton sang » (1932-1972), Paris, Robert Laffont, 1990, 505 pages.

    « L’insuffisance qualité des cadres est un des plus douloureux problèmes devant lesquels se trouve la Révolution nationale. » (p.184)

    « M. de Montherlant a peut-être du génie, un génie inégal et difficile. […] Retenez le nom de cet écrivain qui a cette qualité d’émotion et cette puissance dans le raccourci. […] Je demande à la comtesse de Noailles, qui est des nôtres aujourd’hui puisqu’elle porte la croix que nous avons gagnée là-haut, qui était notre poète pendant la guerre, de lire la Relève du matin et de m’aider à faire connaître ce livre, et je demande la même chose à Charles Maurras… »
    -Jean Binet-Valmer, L’Action française.



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    « La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d’une manière qui leur échappe. »
    -Guy Debord, Critique de la séparation (1961).

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    -Hegel, La Raison dans l'Histoire.

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    Message par Johnathan R. Razorback Jeu 28 Mai - 16:05

    https://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1991_num_31_1_2413

    "La place que tenait Montherlant dans les lettres françaises doit être rappelée. Lorsque la guerre survient, il est au sommet de sa gloire d'écrivain. Romans, essais, poèmes -toute une œuvre consacrée en 1934 par le Grand Prix de l'Académie française -lui ont apporté la notoriété. Avec le cycle romanesque des Jeunes Filles (1936-1939), dont le succès commercial fut énorme, il devient familier à la grande masse des lecteurs et accède à la célébrité. En 1938, L'équinoxe de septembre lui procure une audience débordant le domaine littéraire […] Il est alors la plus haute autorité dans le monde des lettres." (p.66)

    "La partie politique du [Solstice de Juin] implique la double acceptation du nouveau régime français et de la victoire allemande. On savait déjà Montherlant acquis au gouvernement de Vichy. Il l'avait dit dans des conférences faites en décembre 1940 à Lyon et à Limoges […]
    Le lien le plus solide avec Vichy est en effet une idéologie traditionnaliste où entrent le patriotisme et le rejet de la démocratie.
    " (p.67)

    "Il a redouté que le régime vichyste ne se soldât par un simple retour en arrière." (p.68)

    "l'armée allemande, face à une armée française amollie par la morale lénifiante du christianisme, devenait du coup l'armée païenne, dont "la mission" était "de ruiner la morale bourgeoise et la morale ecclésiastique"." (p.69)

    "Le Solstice de juin marque seulement une étape. […] Entre 1941 et 1944, on observe deux phases dans l'attitude de Montherlant vis-à-vis de l'Allemagne: celle du pas en avant, 1941-1942 ; celle du pas en arrière, 1943-1944." (p.70)

    "En 1942, il […] refuse d'accompagner au congrès de Weimar les écrivains collaborateurs, tout en protestant de ses sentiments favorables au rapprochement franco-allemand.
    La tournure des opérations militaires le conduit à douter d'avoir fait le bon choix. Sa collaboration à Paris-Soir et au Matin s'est arrêtée en décembre 1941. […] Après la capitulation de Stalingrad, Montherlant cesse d'aborder publiquement les problèmes d'actualité." (p.71)
    -Jean-Louis Garet, "Montherlant sous l'occupation", Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Année 1991, 31, pp. 65-74.



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