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    Véronique Bergen, L’ontologie de Gilles Deleuze

    Johnathan R. Razorback
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    Véronique Bergen, L’ontologie de Gilles Deleuze Empty Véronique Bergen, L’ontologie de Gilles Deleuze

    Message par Johnathan R. Razorback Lun 4 Oct - 18:12

    https://fr.book4you.org/book/2704947/61a216?dsource=recommend

    "PREMIÈRE PARTIE. ONTOLOGIE ÉVÉNEMENTIELLE
    Univocité de l'Etre.

    L'ontologie que Deleuze déploie dans l'ensemble de son œuvre entend remonter à l'Etre comnme vie inorganique, champ, transcendantal virtuel se déclinant comme pensée et se distribuant en expressions-inflexions actualisées. Cette remontée ontologique s'opère dans l'immanence d'un parcours du penser mesuré à la vitesse infinie de son "point de vue de survol", c'est-à-dire à la vitesse infinie du survol, hors transcendance et hors réflexion, de la pensée par elle-même. Par la construction d'un matérialisme métaphysique épousant la topologie d'un Esprit-Nature, le vitalisme d'une pensée-cerveau, Deleuze entend faire varier l'identité immémoriale entre être et penser, - différemment développée de Parménide à Hegel et Heidegger -, et ce, à partir d'un problème que transissant la pensée et la générant, pourrait être formulé dans les termes suivants: "quelles sont les conditions d'un événement, pour que tout soit événement ?". L'identité de l'être et du penser se verra donc réactivée à partir du problème de l'advenue du nouveau, de l'inédit, de l'événement défini comme abondant et métamorphique, toujours déjà passé et encore à venir, jamais éteint en sa solution. Ce problème d'une pensée digne de la différence événementielle qui l'engendre prédispose son champ et ses objets: il préoriente les termes en lesquels le plan d'immanence va se monnayer, et l'infléchit en une univocité ontologique. Mais, dans un mouvement circulaire, l'énonciation du problème de l'événement et sa traduction en concepts s'avèrent surdéterminées par cela même -le plan de consistance - qu'elles font se lever. Si seules l'univocité de l'Etre et la philosophie de l'immanence apportent une réponse au problème ontologique de la différence événementielle, si, seules, elles garantissent la libération d'une événementialité pure et différentielle, l'interrogation de la genèse commune de l'être et de la pensée imposera un ordre des matières passant de l'être au connaître, de la forge transcendantale ontologique régie par l'univoque aux cristallisations étantes acquises à l'équivocité, et ce, unilatéralement, sans plus l'ordre des raisons qui, de Descartes à la phénoménologie en passant par Kant, substituait à l'ordre réel d'une production en-soi celui d'un savoir déterminant les phénomènes. En effet, seul cet ordre d'engendrement allant de l'être aux étants sauvegarde l'univocité du premier." (pp.15-16)
    -Véronique Bergen, L’ontologie de Gilles Deleuze, L'Harmattan, 2001, 793 pages.




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